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 Quand le piège se referme - suite | Morgane & Gabriel & Béatrix & Lug

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Geoffroy de Meryl

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MessageSujet: Quand le piège se referme - suite | Morgane & Gabriel & Béatrix & Lug   Dim 4 Nov - 2:47

Magicienne. Morgane magicienne. Cette pensée me courait dans la tête, me hantait littéralement depuis que je l'avais découvert, par accident - aux deux sens du mot d'ailleurs. Cela avait été un choc pour moi, aussi bien physique que mental. Morgane magicienne. Je n'en revenais pas. Je l'avais laissée dans ses appartements, que je lui avais d'ailleurs attribués le jour même. Je n'aurais rien pu faire contre elle de toute façon, et ce que je voulais régler avec elle ce jour là, je l'avais fait. Je lui avais proposé des appartements, comme à une invitée d'importance ; d'ailleurs, elle avait eu l'air bien surprise, elle s'attendait sans doute à être enfermée dans les cachots, comme ma prisonnière. Prisonnière qu'elle était, d'ailleurs, mais elle restait une demoiselle respectable, et j'avais le sens du respect. J'avais décidé de la loger dignement, tout en la faisant surveiller constamment. Personne ne s'échappait de chez moi quand je ne le lui permettais pas, et elle ne ferait pas exception. J'avais fais les manœuvres nécessaires, placé des soldats à peu près partout.

Morgane était magicienne. Le savoir était inespéré. Même si je n'avais pas été épargné, je possédais maintenant une information de taille. Mais, je pouvais le dire ouvertement, je m'en étais pris plein la figure. Et je pouvais être sûr que la douleur allait être ma compagne fidèle pendant quelques jours, voire quelques semaine encore. Lorsque, après l'avoir quittée, je m'étais rendu dans ma chambre - avais appelé un domestique, lui avais ordonné de me chercher le docteur - et m'étais regardé dans un miroir, je m'étais retrouvé devant un homme brisé, un homme en sang. Mon visage en était plein, en dégoulinait littéralement. Et dans mes yeux, une terrible souffrance se lisait, la souffrance que je ressentais. Je me connaissais assez bien pour savoir qu'à l'extérieur, lorsque j'étais en présence d'autres personnes, j'arrivais à le cacher assez bien pour que personne ne remarque quoi que ce soit. Mais maintenant que j'étais seul, je m'étais relâché, ma posture avait changé, mon expression aussi. J'étais un homme brisé. Heureusement, le docteur avait été là pour me tirer de l'affaire, et, même si je n'y croyais presque plus, j'avais réussi à me remettre sur pied le lendemain, après une nuit qui faisait certainement partie des pires que j'avais passées.

Morgane magicienne. Je n'aimais pas ça. Je n'aimais pas la magie, je n'y pouvais rien. C'était plus fort que moi. Sans doute la magie était-elle la seule chose dont j'aie vraiment peur. Je ne connaissais rien à la magie, c'était imprévisible, tout comme les magiciens étaient imprévisibles. Je ne les comprenais pas, je ne comprenais pas leur art, et la seule raison pour laquelle je les tolérais sur mon territoire était celle, qu'ils n'étaient pas acceptés chez Arthur et avaient donc une raison de se liguer contre lui, avec moi. Car oui, les magiciens, d'après moi, c'étaient des traîtres. Des personnes auxquelles on ne pouvait pas se fier, sur lesquelles on ne pouvait pas compter. Des personnes capables de changer d'avis et de camp en un tournemain. La preuve, Morgane était obligée de cacher sa nature aux yeux de Arthur, sans quoi il l'exécuterait sur le champ. Si ses pouvoirs étaient découverts, elle pouvait se séparer de Logres entier. Alors, peut-être me rejoindrait-elle, comme l'avaient déjà fait tant de sorciers ? Je n'osais même pas imaginer les conséquence d'un tel secret répandu à travers le royaume de celui qui était connu pour sa haine envers les magiciens. Morgane magicienne. Je n'en revenais toujours pas.

Lorsque je m'étais réveillé ce matin, j'ai cru que je ne parviendrais jamais à sortir de mon lit. La nuit avait été atroce, je m'étais réveillé plus d'une dizaine de fois suite à une douleur ressentie en me tournant. Mais finalement, j'ai quand même réussi à me sortir de mes couvertures, à descendre de mon matelas, à enfiler mes habits et à avaler le petit-déjeuner que l'on m'avait apporté. Je suis passé à la salle d'eau afin de me contempler dans le miroir à nouveau. Mes plaies étaient encore ouvertes, même si je ne saignais plus depuis longtemps. C'étaient des entailles, en quelques sortes, qui me parsemaient le visage. Joli travail, Morgane, très joli. Mais qu'importe. Une fois ma toilette faite, je me décidai enfin. C'était le bon temps, ils étaient sûrement déjà réveillés. J'avais fait venir Lug, Gabriel et Béatrix au château. Je leur avais expliqué ce que j'attendais d'eux, à savoir qu'ils m'obtiennent de la magicienne que j'allais leur présenter tout ce qu'ils pourraient, moi même ne sachant rien de précis par rapport au résultat que je souhaitais obtenir. En gros, la routine, ils l'avaient déjà fait, il s'agissait juste de lui faire déballer tout ce qu'elle savait et ce qui pouvait nous être utile contre Arthur Pendragon. Je pouvais aller les chercher, désormais. Je sortis de mes appartements et traversai le long corridor qui parcourait toute l'aile jusqu'aux appartements des résidents. Le bleu était celui de Morgane. Je m'y rendrais en dernier. D'abord, je devais visiter le vert, le violet et le jaune. Lug, Gabriel et Béatrix. L'un après l'autre, ils me rejoignirent dans le couloir, et ensemble nous allâmes chez Morgane.


- Je vous salue, Dame Morgane, dis-je une fois qu'elle nous eût ouvert. Voici les personnes auxquelles j'ai promis de vous présenter. Gabriel Turner et Béatrix Ys, ainsi que Lug O'Brien. Morgane le Fay.

Une fois les présentations faites, je désignai à tout ce petit monde les fauteuils du salon bleu dont bénéficiait Morgane et pris place en premier. Quelqu'un allait bien dire quelque chose, je ne comptais pas faire la conversation tout seul.

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Morgane le Fay
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MessageSujet: Re: Quand le piège se referme - suite | Morgane & Gabriel & Béatrix & Lug   Lun 5 Nov - 2:52

La nuit qui arriva fut sans aucun doute la plus courte et la plus torturée que Morgane n’ait jamais eu à passer… Elle était prisonnière de Geoffroy de Meryl. Comment avait-elle pu laisser cela se produire ? Elle se doutait pourtant que cela risquait d’arriver, elle avait même déjà rêvé de cette scène… Qui plus est, elle s’était montrée bien plus prudente ces derniers mois, en prenant sur elle et en acceptant de ne jamais sortir sans escorte. Mais ce feu qui s’était déclenché dans la forêt et cette vie en danger, comment aurait-elle pu savoir que tout ceci n’était qu’un piège destiné à se refermer sur elle ?

Le pire dans tout cela était qu’en plus de se retrouver au château de Ceyrel, elle avait malencontreusement révélé à Geoffroy de Meryl qu’elle était magicienne, et pas de la meilleure façon qui soit. Bien que Geoffroy n’ait encore aucune idée de l’étendue de ses pouvoirs, Morgane se mit à penser que désormais n’importe qui pourrait avoir vent de son secret si Geoffroy le décidait… Et si jamais Arthur finissait par le découvrir, que deviendrait-elle ? Intérieurement, elle le savait parfaitement… Il la ferait brûler vive sur le bûcher… Cette sombre pensée fit couler une larme le long de la joue de la jeune femme. Pour la première fois, elle se sentait vulnérable, et craignait de ne plus être en sécurité nulle part, même à Camelot. Elle se trouvait là, allongée sur le grand lit de la pièce que Geoffroy lui avait assignée, ne pouvant empêcher les larmes de gagner ses joues en songeant à ce qui allait arriver. La voir pleurer était pourtant si rare, elle ne se souvenait pas l’avoir fait depuis le jour de la mort de son père. Et pourtant…

Morgane avait fini par s’endormir sur ses craintes et ses doutes, mais ses rêves ne furent pas plus chaleureux et lui donnèrent l'impression d’une nuit interminable. Elle se réveilla aux aurores, et s’aperçut qu’elle n’avait toujours pas changé de tenue depuis la veille. Elle se dirigea vers une penderie qui faisait office de garde-robe que Geoffroy lui avait montrée en lui faisant visiter les lieux. Elle ne pouvait pas le nier, il l’avait traitée en véritable invitée, mais les faits restaient là cependant. Elle se saisit d’une robe dont les tons bleus se mêleraient parfaitement aux couleurs de l’océan. Des motifs dorés en parsemaient les contours, révélant bien qu’il s’agissait d’une robe qui se portait à la cour. Mais avant de l’enfiler, autant d’abord constater les dégâts causés la veille.

Elle se rapprocha du seul miroir qui se trouvait dans la pièce, et observa le résultat. Ses jambes étaient recouvertes d’écorchures à cause des débris provoqués par la fenêtre qu’elle avait fait involontairement exploser. En même temps, elle avait déchirée le bas de sa robe et y fait une légère découpe au niveau de ses cuisses afin de pouvoir bouger plus librement pour se battre contre Geoffroy dans la forêt. Alors pas étonnant que ses jambes se retrouvent dans cet état. Fort heureusement, la robe qu’elle avait choisie aujourd'hui était assez longue pour dissimuler ce désastre. Aussi elle l’enfila rapidement, avant de voir la différence. Parfait. La seule trace encore visible resterait néanmoins la légère entaille située au niveau de sa joue. Fort heureusement, elle n’était pas très profonde et cicatriserait assez rapidement car elle avait eu le réflexe de se protéger le visage lorsque la vitre avait explosée. Les plus profondes entailles se situaient au niveau de ses jambes, et s’il allait lui être possible de le cacher pendant un certain temps, elle espérait qu’elles ne mettront pas trop longtemps avant de cicatriser à leur tour.

Trois coups retentirent soudain à la porte de sa chambre. C’était forcément lui… qui d’autre sinon ? La veille, il lui avait dit que d’autres personnes se joindraient à eux. Mais qui donc ? Probablement des personnes assez fortes et assez haut placées pour pouvoir espérer lui sous-tirer des informations de gré ou de force… Eh bien, peut-être que ses jambes n’allaient plus être sa seule source de préoccupation après tout. Morgane ne révèlerait jamais de quoi que ce soit pouvant permettre à Geoffroy d’atteindre Arthur. Elle connaissait le royaume sur le bout des doigts, pire encore, elle en connaissait tous ses points forts ainsi que ses moindres faiblesses, faute de quoi elle ne parviendrait pas à s’y enfuir aussi facilement à chaque fois qu’elle le voulait et de façons aussi différentes les unes des autres. Mais elle n’avait pas peur de la torture, et n’hésiterait pas à donner bien du fil à retordre à quiconque essayerait de s’en prendre à elle…

Elle se dirigea vers la porte afin de l’ouvrir, laissant ainsi apparaître Geoffroy en personne. La jeune femme le regarda d’un air impassible. Sa fragilité de la veille avait disparue, refusant de lui donner la satisfaction de la croire vulnérable. Geoffroy entra dans la pièce et partit s’asseoir sur l’un des fauteuils qui s'y trouvaient. C’est alors que trois autres personnes entrèrent. Sous l’effet de la surprise, la jeune femme ne put s’empêcher d’écarquiller de grands yeux à la vue de ces trois visiteurs qu’elle connaissait parfaitement. Heureusement, elle était de dos à Geoffroy, donc il ne l’avait pas remarqué. Gabriel, Lug et Béatrix entrèrent dans la pièce. Le fait de les voir au Château de Ceyrel ne la surprit pas pour deux d’entre eux. Béatrix lui avait avouée le jour de leur rencontre qu’elle était une magicienne au service du camp adverse. Quant à Lug, elle savait également qu’il était l’homme de main de Geoffroy. Mais Gabriel… Si elle savait qu’il n’agissait pas dans l’intérêt de Camelot, elle n’avait cependant jamais eu confirmation qu’il œuvrait pour le compte de Geoffroy. Eh bien, il n’avait décidément pas fini de la surprendre… mais pas dans le meilleur sens du terme. Néanmoins, Morgane éprouva un pincement au cœur en le revoyant, lui ainsi que Béatrix, car leur dernière rencontre ne s’était pas terminée sous les meilleurs hospices c’était le cas de le dire. Elle s’en était voulu de la façon dont elle avait réagi, bien que sa réaction avait été justifiée étant donné les circonstances. Mais pour l’instant, l’heure n’était pas aux regrets. Avant de poser à nouveau son regard sur Geoffroy, elle adressa un rapide regard à Lug, signe que sa vision s’était finalement bien produite malgré elle, et qu’elle en était affreusement désolée.

Lorsque Geoffroy fit les présentations, Morgane prit un air presque indifférent. Afin de ne pas se laisser trahir par les différentes émotions qui l’envahissaient en présence de son frère, ainsi que de Béatrix et de Lug, elle se tourna vers Geoffroy, et l’observa un peu plus attentivement, constatant les traces qu’elle avait laissées sur son visage désormais ravagé par les blessures. Elle ne put s’empêcher d’esquisser un léger sourire, presque ironique vis-à-vis de la situation.


- Je constate que votre visage est en meilleur état aujourd’hui.

Elle aura au moins la satisfaction de lui avoir laissé quelques traces de son passage elle aussi…


- Tant de monde ici présent, c’est bien plus d’honneur que je n’en espérais. Mais j’imagine que vous ne leur avait pas demandé de vous rejoindre pour s’asseoir tranquillement et discuter autour d’une table, alors si nous allions droit au but ?... Peu importe les informations que vous cherchez à obtenir de moi, je ne vous révèlerai rien, ni à vous, ni à qui que ce soit.


Là-dessus elle avait au moins le mérite d’être on ne peut plus claire. Certes, elle se doutait bien que cela n’allait probablement pas simplifier la tâche à Lug, Béatrix et Gabriel. Si elle les connaissait tous les trois en dehors de la ville de Ceyrel, elle ignorait cependant complètement la manière dont ils se comportaient en ces lieux, et en présence de Geoffroy qui plus est. Ses amis allaient-ils finalement devenir ses bourreaux ? Voilà une question qui ne manquait pas d'intérêt…

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Lug O'Brien
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MessageSujet: Re: Quand le piège se referme - suite | Morgane & Gabriel & Béatrix & Lug   Lun 5 Nov - 15:22

Décidément, j'appréciais de moins en moins Geoffroy... Je ne l'avais jamais apprécié, de toutes façons. Mais disons que mes sentiments à son égard sont passés de "froids" à "relativement haineux". Et ce pour deux raisons. La première étant qu'il m'avait convoqué à Ceyrel comme le dernier des laquais et la deuxième, que je ne lui pardonnerais jamais, était l'incendie d'une partie de Brocéliande... pour capturer un ennemi du royaume, apparemment. Et cet ennemi était le but de ma venue, j'étais censé le torturer, comme d'habitude. Qui qu'il soit, il allait me servir de défouloir.

Ce matin, alors que je revenais au château, j'avais également croisé Gabriel et Béatrix qui discutaient. Je ne m'étais pas approché, préférant me rendre aux cuisines me faire servir une pinte de bière et me renseigner sur les événements récents auprès du cuisinier et des servantes. C'était le meilleur moyen pour être tenu au courant du moindre ragot. J'avais donc appris en vrac que Geoffroy avait capturé un puissant magicien, que Arthur levait en secret une armée gigantesque pour envahir Gorres, que dans les sous-sols de Ceyrel se cachait un dragon que Geoffroy gardait en prévision d'une attaque, qu'il avait fait construire une salle secrète au sein même du château où il enfermait ses maitresses, qu'un loup-garou rôdait dans les villages alentours, qu'une sorcière (sûrement liée au loup-garou) avait lancée une épidémie de pneumonie sur les bébés de la région (comme à chaque hiver....) et que l'intendante du château était enceinte d'un valet d'écurie. J'écoutais toutes ces rumeurs en grignotant une brioche juste sortie du four que le cuisinier s'était fait un plaisir de m'offrir. Depuis que j'avais, dans un élan de bonté qui m'avait surpris moi-même, sauvé sa fille de la tuberculose (à l'aide d'une vieux remède que Druide m'avait appris à faire) il me vouait reconnaissance éternelle et m'offrait sans cesse à boire et à manger lorsque j'étais au château. Je ne m'en plaignais pas, le bougre sachant très bien cuisiner.

Après quelques heures passées dans cette ambiance à la fois affairée et relâchée, je montais dans ma chambre, une carafe remplie d'hypocras parfaitement épicé à la main. Même si je préférais infiniment être dans ma forêt, je dois reconnaitre que l'atmosphère du château a quelque chose d'agréable. Même si les couloirs sont glaciaux, même si beaucoup des habitants sont stupides, même si l'intendante est parfaitement insupportable, même si ma haine pour Geoffroy ne cesse de croître...
Dans le couloir qui mène à ma chambre, je croise une jeune servante qui doit avoir à peine 17 ans, elle me regarde bizarrement. Je jette un très rapide coup d’œil à ma tenue. Tunique vert sombre, bottes de cuir, ceinture à boucle d'argent... Rien de très particulier. Je ne crois pas avoir de miettes de brioche autour de la bouche... Je lui rends donc son regard, avec un air "Que veux tu?".
La jeune fille rougie et s'incline devant moi. Je lève les yeux au ciel. Pourquoi faut-il que les gens fassent autant de manières au lieu de parler simplement?
Je lui demande calmement pourquoi elle me regardais de cette manière, en m'efforçant de ne mettre ni agressivité ni exaspération dans ma voix. Elle me répond en bredouillant que "le grand seigneur Geoffroy, maitre de Ceyrel" (j'imagine que ça lui plait, à cet imbécile, de se savoir appelé comme ça) l'avait assignée à mon service pour la durée de mon séjour. Je soupire. Je sais comment Geoffroy me voit, comme une sorte d'animal uniquement obsédé par le sang et le sexe. C'était vrai un certain temps, mais j'ai fini par changer... Depuis que Druide est revenu, en fait... Un animal à l'esprit humain qui humanise un humain à l'esprit animal. Intéressant...
J'imagine donc que cette jeune fille est là pour me servir au choix de pièce de viande ou d'objet sexuel... Je hausse les épaules. Elle ne sera ni l'un ni l'autre. Pas ce soir en tous cas. Je l'invite tout de même à prendre un verre avec moi, ça me fera toujours quelqu'un avec qui discuter en attendant que le "maitre de Ceyrel" se manifeste.

Ledit maitre se manifesta effectivement quelques heures plus tard, c'est à dire environ trois carafes d'hypocras après ma rencontre avec ma "nouvelle servante". Laquelle était roulée en boule dans un fauteuil, profondément endormie, tandis que je lisais un manuscrit sur les méthodes d'empoisonnement en usage à Rome. Il entra dans ma chambre sans frapper, comme à son habitude, lança un rapide coup d'oeil à la servante puis aux carafes vides avant de me sourire ironiquement. Prétentieux personnage qui s'imagine tout savoir et tout contrôler... Je me lève et le suit, sans prendre le temps de faire une quelconque révérence. Avant de sortir, je prends le temps de poser une couverture sur la jeune fille. Elle s'est avérée beaucoup plus intelligente que je ne le pensais et ce serais dommage que je ne puisse plus discuter avec elle.

Une fois dans le couloir, nous nous dirigeons droit vers les appartements de Gabriel, pas très éloignés des miens. Il attendait Geoffroy, très visiblement. Nous nous saluons de manière assez joviale, sans en faire des tonnes pour autant à cause de la présence du "Maitre de Ceyrel" (ce surnom m'a beaucoup amusé). Nous passons ensuite chercher Béatrix qui semble surprise de me voir. Elle me salue de la tête sans sourire, salut que je lui rends. Depuis notre aventure pour le compte de Geoffroy, nos relations se situe entre le neutre et le glacial, avec de petits éclairs de rancœur qui passent de temps à autres.
Puisque ce dernier a réunis ses trois meilleurs éléments, je suppose que la personne que nous devons interroger doit-être sacrément dangereuse, résistante ou importante. Ou les trois. Je remarque d'ailleurs que notre bon suzerain a le visage lacéré de petites coupures. Visiblement le prisonnier ne se laisse pas faire...

Alors que je m'attendais à ce qu'il nous conduise aux cachots, Geoffroy nous mène vers les appartements bleus. Un prisonnier de marque, donc... Il toque, la porte s'ouvre et....

- Je vous salue, Dame Morgane. Voici
les personnes auxquelles j'ai promis de vous présenter. Gabriel Turner
et Béatrix Ys, ainsi que Lug O'Brien. Morgane le Fay.


Une seule pensée me traverse l'esprit. "Merde". La vision de Morgane s'est donc bel et bien réalisée... Elle me jette un regard désolé que je ne lui rend pas. Si Geoffroy découvre notre lien, tout est fini. Je constate néanmoins que je ne suis pas le seul surpris. Béatrix a un geste nerveux à la vue de la jeune femme et Gabriel se plonge immédiatement dans ses pensées, comme s'il réfléchissait à un problème épineux. Geoffroy, dans sa suffisance, n'a évidemment rien vu.


- Tant de monde ici présent, c’est bien plus d’honneur que
je n’en espérais. Mais j’imagine que vous ne leur avait pas demandé de
vous rejoindre pour s’asseoir tranquillement et discuter autour d’une
table, alors si nous allions droit au but ?... Peu importe les
informations que vous cherchez à obtenir de moi, je ne vous révèlerai
rien, ni à vous, ni à qui que ce soit.


Je souris à cette bravade. Si seulement elle savait... Bien que je sache Morgane très courageuse, je savais pertinemment que si Gabriel et moi, sans compter Béatrix, décidions de la torturer elle finirait tout simplement par avouer. Sauf que je n'ai pas l'intention de la torturer, en fait ce serais même plutôt le contraire. Si je pouvais la libérer, ce serait bien...
Je m'assieds sur un guéridon proche et regarde Morgane. Comment faire...

-Dame Morgane... Il serait peut-être bon pour vous, mentalement et physiquement, que vous obéissiez à Geo... au seigneur Geoffroy. Vous avez déjà une entaille sur la joue, il serait dommage qu'une centaine d'autres s'y ajoutent...

Je ne sais pas exactement ce que je veux faire. L'inciter à parler ou au contraire à se braquer le plus possible. Je suppose que Geoffroy n'ordonnera pas immédiatement qu'on la torture. Du moins je l'espère. Et s'il le faisait, comment réagirais-je? Je refuserais? Je torturerais la jeune femme? Ou bien j'assassinerais Geoffroy sur place avant de m'enfuir avec Morgane en espérant que Gabriel retienne Béatrix? Je n'en sais rien, mais j'ai intérêt à me décider très vite, avant que la situation ne devienne réellement critique.

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MessageSujet: Re: Quand le piège se referme - suite | Morgane & Gabriel & Béatrix & Lug   Lun 5 Nov - 23:15

Cette journée avait tout pour bien commencer. Gueule de bois, soleil, réveil matinal. Tout ce que je détestais. Et pourtant je me sentais bien. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui j’allais voir Geoffroy, et d’après les rumeurs qui circulaient il était fort probable que sa tête soit bien pire que la mienne. Oui, j’étais heureux de voir Geoffroy puisqu’à chaque visite que je lui rendais, j’en repartais automatiquement avec le sourire aux lèvres, soit parce que je m’étais moqué de lui, ou alors parce qu’il m’avait demandé de torturer selon mes désirs une personne, ou encore parce que ses récompenses sont parfois très intéressantes. Ce qui m’amuse beaucoup, c’est cette crainte qu’il a envers les magiciens, même s’il essaie de la cacher je la ressens et je m’en amuse, bien entendu je sais rester raisonnable, après tout il s’agit... du roi. Chaque fois que je pense que Geoffroy est un roi, j’en ai presque la larme à l’œil, même Arthur à plus d’étoffe d’être roi que cet homme. Trop de soif de pouvoir conduit à trop d’imprudence. Au moins ce ne sera pas très difficile de le duper et de le tuer un jour ou l’autre. Bref, il est l’heure de me préparer, je suis déjà bien assez en retard, comme à mon habitude. Je me relève et trouve sur une chaise des vêtements. J’avais oublié qu’une servante de Geoffroy était passée pour me « rappeler l’heure ». D’ailleurs je ne sais même plus où est-ce qu’elle est passée. Quoi qu’il en soit, je me redresse rapidement et pars à la recherche de vêtements. Perdre plus de temps ? Non, la n’est pas mon intention, enfin en tous cas ce n’est pas la première, je n’aime juste pas que les sbires de Geoffroy se permettent d’entrer pour me vêtir de façon élégante en sa présence. Je m’habille donc selon mes envies, j’opte finalement pour ne pas me faire remarquer dès mon entrée et porte des vêtements que Geoffroy estimera : plaisants pour sa Cour.

Bien, étant donné l’heure je dois surement être encore le dernier. Je traverse le château sans pour autant me hâter et une fois arrivée au lieu de rendez-vous je remarque tout d’abord que Geoffroy est plus en retard que moi. Puis en voyant la présence de Béa et de Lug arrivant peu de temps après, je me rends compte que Geoffroy m’a dupé en me donnant de fausses horaires pour arriver à l’heure. J’esquisse un léger sourire, finalement il n’est peut-être pas si idiot que ça. Voyant que Lug semble déjà absorbé par quelques affaires, je me dirige vers Béa et entame la discussion.


- J’ignore si tu es au courant mais... Apparemment notre roi a décidé de s’essayer à la chirurgie esthétique.

La discussion commence ainsi et au bout de plusieurs minutes, Geoffroy arrive enfin. Je le vois arrivé de loin, lancé dans sa marche élégante et royale. J’ai l’impression d’être dans une de ces scènes où l’on aperçoit le héros arrivait au ralentit. Il a l’air d’avoir de l’allure, mais c’est sans compter sa face ravagée. Alors que je l’observe des pieds à la tête, je ne peux m’empêcher d’esquisser un large sourire lorsque je vois les balafres sur le visage du roi. Si cet homme représente notre camp, on finira tous très vite sous terre. Je ne peux m’empêcher de lâcher une dernière phrase narcissique à Béa avant que Geoffroy arrive jusqu’à nous.

- Il faut bien quelques erreurs avant que la science aboutisse à de bons résultats.

Je suppose que la rigolade est à présent terminée. Dommage, je me plaisais tant à contempler ce visage si royal... Je me retrouve donc à le suivre, en présence de Béa et Lug. Vous m’excuserez mon temps de réaction, mais le matin je peux être très long à la détente. Je comprends que si Geoffroy nous a convoqué tous les trois, ce doit être pour une personne assez dure de contrôle, dur de mental, dur de physique. C’est en tous cas la première supposition qui me vient. Peut-être un magicien ? Ce serait amusant de le libérer pour rendre fou de rage et vulnérable Geoffroy. Nous entrons enfin dans une de ces résidences et c’est en même temps que Geoffroy prononce son nom que je l’aperçois dans la salle... Morgane ? Bon sang mais que fais-tu là. Tu as décidément le don pour te fourrer dans ce genre de mauvaise situation. J’ai l’impression que tout ce que j’ai accompli jusqu’ici s’écroule… Allons Gabriel ne sois pas si pessimiste, vu la tronche du roi je suis sûr que vous vous en sortirez facilement. D’ailleurs, ces blessures sur ce visage, c’est...

- Je constate que votre visage est en meilleur état aujourd’hui.

Si la situation est pourtant très désavantageuse, j’ai une soudaine envie de partir en éclat. Non sans rire ? C’est bien Morgane qui t’a amochis autant ? Voilà qui met un peu de point positif dans cette situation, même devant un roi Morgane saura bien se défendre. J’ai pourtant du mal à m’en remettre chaque fois que mon regard croise le visage de Geoffroy. Il vaudrait mieux que j’évite de le regarder, je ne voudrais pas que mon sourire, nerveux soit-il, l’humilie encore plus. Pourtant je reprends vite mon sérieux lorsque le dialogue se met à prendre une toute autre tournure.

-Dame Morgane... Il serait peut-être bon pour vous, mentalement et physiquement, que vous obéissiez à Geo... au seigneur Geoffroy. Vous avez déjà une entaille sur la joue, il serait dommage qu'une centaine d'autres s'y ajoutent...

Morgane mais à quoi donc joues-tu ? Te rends-tu au moins compte que tu te trouves prisonnière dans les appartements de Geoffroy avec deux grands sadiques à tes côtés ? Certes je suis ton frère, mais aux yeux de Geoffroy tu n’es pour moi qu’une inconnue. Et Lug alors ? Il a déjà l’air de se faire un malin plaisir rien qu’à la penser de te torturer un peu. Pourtant je ne peux pas laisser ceci arriver. D’ailleurs... Que nous vaut cette blessure sur ta joue ? Geoffroy a-t-il osé t’attaquer ? Me voilà une raison de plus pour le détester, et deux raisons pour le tuer sur le champ. Si j’essaie de paraître serein pour ne pas perdre la face, me retrouver dans cette situation me dérange fortement. Je me lève alors et m’avance vers Morgane, je crois bien que c’est à mon tour d’intervenir.

- A peine arrivé que tout le monde parle déjà de sang. Même un bourreau comme moi ne voudrait pas commencer tout de suite par abîmer ce visage angélique. A quoi bon commencer par de la torture physique si la torture mentale peut aboutir au même résultat ? Je suppose que Geoffroy a fait déplacer des magiciens pour cela et non pas pour avoir des soins du visage pendant que d’autres la torture.

Oups, la dernière phrase m’a échappé. D’un côté ce n’est pas plus mal, si je reste moi-même personne ne se rendra compte à quel point cette situation me gêne. Pourtant elle me gêne énormément. Que fiches-tu encore ici Geoffroy ? Alors quoi tu vas nous observer en train de la torturer ? Bon sang tu es un roi oui ou non ? Tu devrais avoir bien mieux à faire que de nous regarder. Et en plus monsieur s’installe. Il se fou de moi... J’aimerais le transformer, l’expulser, l’assommer, mieux, le tuer. Pourtant, même si l’envie est très présente je ne ferais rien de tout cela. Je reste calme, ne prononce pas un mot de plus, attendant de voir que décidera notre détestable Geoffroy.

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Merci Morgane <3
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MessageSujet: Re: Quand le piège se referme - suite | Morgane & Gabriel & Béatrix & Lug   

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Quand le piège se referme - suite | Morgane & Gabriel & Béatrix & Lug

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