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 De retour d'un long voyage ✝ Ari.

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Randon Khaine
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MessageSujet: De retour d'un long voyage ✝ Ari.   Lun 18 Juin - 14:19

&


De retour d'un long voyage...

Le soleil déclinait à l’horizon quand Randon aperçu enfin les hautes murailles du château de Ceyrel. Le chevalier avait cheminé près de deux semaines durant depuis son départ de Camelot, et il n’était pas fâché de rentrer enfin au bercail. Après un séjour sur les terres du roi Arthur et un voyage de retour plutôt mouvementé, le colosse avait hâte de se mettre les pieds sous la table pour déguster un cuisseau de sanglier bien juteux.

D’un léger coup de talon, il poussa sa monture en avant ; c’était un étalon superbe, à la robe noire d’ébène, qu’il avait raflé la veille au soir dans un pari de taverne contre un chevalier désœuvré. Pari dont l’annonce du résultat s’était d’ailleurs soldé par une bagarre dans les règles, comme Randon les affectionnaient tout particulièrement. Il y avait gagné une nouvelle cicatrice, venue s’ajouter aux nombreuses autres, et la chance de rentrer sur autre chose que ses propres jambes.

En parlant de bagarres et de cicatrices, il y avait aussi eu cette rencontre inattendue au détour d’une forêt de Logres… Une rencontre avec une jeune femme… Lui qui clamait haut et fort, et à qui voulait l’entendre, que les femmes ne devraient pas poser le bout du petit doigt sur le pommeau d’une épée avait été fort surpris de constater l’habileté de celle-ci à jouer de sa lame. Entre elle et la petite blonde un poil insolente qu’il avait croisé peu de temps avant son départ, on pouvait dire que Randon était servi en femmes de caractère, ces derniers temps.

Et c’est à elles que le chevalier songeait encore, en franchissant le pont levis menant à la cours intérieure du château, très fréquentée en cette fin de journée. Il mit pied à terre et confia sa monture à un jeune écuyer, avant de gagner au pas de course les appartements qu’il occupait lors de ses séjours à Ceyrel. Oh bien sûr, il avait un rapport à faire concernant ses activités en territoire ennemi, mais cela attendrait bien qu’il ait pris un repos bien mérité. Ces choses-là pouvaient toujours attendre.

A peine eut-il franchit la porte de sa chambre que le chevalier se laissait déjà tomber, avec une légèreté qui laissait à désirer, dans un gros fauteuil de cuir. Comme à chaque retour de mission, il sortit son épée, la posa sur ses genoux et entreprit de nettoyer la lame encore maculée de sang à l’aide d’un chiffon. Randon n’était pas vraiment d’un naturel méticuleux, mais son épée était sa possession la plus précieuse à ses yeux, aussi en prenait-il le plus grand soin. Il s’apprêtait à affuter la lame, un peu émoussée par les combats, à l’aide d’une grosse pierre à aiguiser, quand la porte de sa suite s’ouvrit. Randon n’eut aucun mal à reconnaître le visage encadré de boucles blondes de la jeune fille qui venait d’entrer. Un rire étouffé secoua son torse, marqué d’une cicatrice encore fraiche, et il sourit de toutes ses dents.

▬ Mais qui voilà ! La protectrice des faibles et des opprimés… Quelle bonne surprise. Qu’est-ce qui me vaut le plaisir de ta visite ? On t’envoie satisfaire les désirs d'un chevalier de retour d’un long voyage ?

Seul l’éclat rieur de son regard montrait qu’il plaisantait. Bien entendu, il avait volontairement formulé la chose de manière ambigüe, c’était tellement amusant de la provoquer un peu…

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Ariane du Mélèze
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MessageSujet: Re: De retour d'un long voyage ✝ Ari.   Mer 20 Juin - 17:18

Une journée assez mouvementée que ce vendredi de mi-mai. Du moins pour Ari, elle l'a été. La jeune fille n'a eu un moment de répit. Ce n'est rien d'anormal, en soi, mais elle commençait à être sérieusement fatiguée. Elle ne l'avait pas été depuis longtemps, elle avait toujours assez d'énergie en réserve, ainsi que de bonne volonté et d'enthousiasme, pour persévérer dans ses corvées, quoi qu'on lui demande, aussi dures qu'elles soient. Elle ne rechigne pas, ne réplique pas, et s'efforce d'avoir le sourire et de paraître avenante. Non seulement c'est sa nature, mais en plus ne souhaite-t-elle pas se faire trop remarquer et finir à la rue comme elle l'a déjà vu chez tant de domestiques. Non, en soi, Ari est une jeune fille blonde qui fait plaisir à voir, autant de l'extérieur que par son comportement. Mais ce jour là, elle n'est pas du tout dans sa peau, elle se sent fatiguée et tendue à l'extrême. Cela ne lui arrive pas souvent, mais elle est de mauvaise humeur, et sans vraiment savoir pourquoi. Et son entourage ne lui a pas trop facilité la tâche. Elle a croisé un groupe de femmes, légèrement plus âgées qu'elle, qui discutaient dans le couloir et s'esclaffaient. Des nobles, d'après leurs tenues. Les couleurs et les froufrous de leurs robes contrastaient avec la sobriété de la sienne, terne et mal en point, mais elle ne s'en faisait pas. Elle devait passer la serpillière dans ce couloir, et avait donc ramené son seau d'eau depuis le puits au milieu de la cour jusqu'à l'étage. Elle s'est mise à nettoyer, faisant des gestes brusques et énervés. Les dames, ne sachant sans doute pas que faire d'autre, ont commencé à parler d'elle sans même essayer d'être discrètes, lui jetant des regards en coin et des rires moqueurs. Et ça, Ari ne le supporte pas. Lorsqu'elle est passée près d'elles, voyant qu'elles n'arrêtaient pas leurs remarques moqueuses, elle ne s'est plus retenue et, les fusillant du regard, elle leur a dit :

- Mesdames, si vous n'avez rien d'autre à faire, pourquoi n'allez vous pas faire un tour dehors ?!

Elles l'ont regardée, choquées par un tel ton, alors qu'elle se disait qu'elle avait été bien polie malgré son énervement et malgré le dégoût qu'elles lui inspiraient. Elle avait mille envies de leur faire une leçon de morale, mais savait aussi que cela ne servirait à rien. C'étaient des nobles pourris par leur condition aisée et par leurs privilèges, cela ne servirait à rien à part à la rendre plus énervée encore.

- Tu ne nous parles pas de la sorte, petite insolente ! Je rapporterai ton comportement à tes chefs, crois moi !

- Je vous conseille seulement de vous déplacer et pourquoi pas d'aller vous promener dans les jardins, je ne pense pas que vous souhaitez finir les pieds mouillés par une eau si sale qu'est celle-ci.

- Et elle répond, en plus ! Tu vas voir, tu ne t'en sortiras pas comme ça !

- Venez, ma chère, c'est vrai que ça pue par ici, quelqu'un n'a sans doute pas pris son bain depuis plusieurs semaines.

Dans un dernier éclat de rire, et avec un dernier regard mesquin, les trois dames se sont éloignées. Ridiculement hautaines et la démarche digne d'une marionnette, elles sont sorties du couloir et elle a pu entendre dans les marches de l'escalier le claquement de leurs bottines à talons. Plus énervée que jamais, Ari s'est remise à son travail qu'elle a finit plus rapidement qu'elle ne l'a espéré. Elle est allée ensuite jeter l'eau dans les égouts et faire un tour à l'air libre afin de se changer les idées. Elle ne pensait pas se faire remarquer par son absence de si tôt, elle avait quelques temps devant elle avant de devoir retourner dans la salle des domestiques pour continuer son travail. Après avoir contemplé le ciel bleu et écouté les oiseaux chanter dans les arbres, Ari revient donc vers la grosse dame chargée des jeunes domestiques comme elle. Elle demande la suite de son service, on l'envoie dans les appartements verts. Apparemment, un chevalier vient de rentrer chez son roi d'une expédition longue de deux semaines et il se pourrait qu'elle lui soit utile. Alors, prête à se rendre utile à un chevalier, se disant que c'est toujours mieux qu'un nobliau, elle se change dans une tenue adaptée au service des résidents de Ceyrel, et elle va. Elle frappe trois fois à la porte, légèrement, avant de l'ouvrir et de rentrer, la tête baissée, plongeant de suite dans une révérence, ses boucles blondes retombant devant son visage. Alors, elle entend un rire étouffé mais profond. Elle relève la tête pour découvrir devant ses yeux le colosse. Le colosse auquel elle s'était opposée deux semaines auparavant, sur le terrain d'entraînement, alors qu'il maltraitait un écuyer. Une cicatrice vermeille barre son torse secoué par le rire. Ses cheveux longs sont empêtrés et sales, ainsi que le reste de son corps. Il a l'air fatigué. Pourtant, il n'a pas perdu son ironie.

- Mais qui voilà ! La protectrice des faibles et des opprimés… Quelle bonne surprise. Qu’est-ce qui me vaut le plaisir de ta visite ? On t’envoie satisfaire les désirs d'un chevalier de retour d’un long voyage ?

Elle retient difficilement un sourire amusé. La seule chose qu'elle veut éviter à l'instant est celle de paraître malpolie et de provoquer son mécontentement plus qu'elle ne l'a déjà fait sur le terrain d'entraînement. S'il rit, c'est bien parti pour elle, il ne faut pas qu'elle loupe l'occasion de remonter dans son estime. Elle s'adresse donc à lui de manière polie, respectueuse, d'une voix douce.

- Vous m'avez l'air bien fatigué, mon seigneur. Souhaitez-vous que je vous apporte à manger et à boire ? Du vin rouge, peut-être ? Oh, mais je vois que vous êtes blessé ! Laissez-moi m'occuper de ça, voulez-vous ?

Elle attend cependant son accord pour aller dans la salle d'eau de l'appartement pour chercher un linge et de l'eau propres.
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Randon Khaine
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MessageSujet: Re: De retour d'un long voyage ✝ Ari.   Lun 25 Juin - 21:56

Sans se départir de son sourire ouvertement moqueur, Randon fixait la jeune servante droit dans les yeux. Allait-elle encore s’emporter devant ses sarcasmes, comme sur le terrain d’entrainement ? Le chevalier était impatient de le savoir.

▬ Vous m'avez l'air bien fatigué, mon seigneur. Souhaitez-vous que je vous apporte à manger et à boire ? Du vin rouge, peut-être ? Oh, mais je vois que vous êtes blessé ! Laissez-moi m'occuper de ça, voulez-vous ?

Ah… Bien. Raté. La petite insolente n’était pas tombée dans le piège béant tendu par le chevalier. Intéressant. Lui qui s’attendait à devoir affronter la louve en furie se retrouvait face au doux petit agneau. Cette fille était décidément pleine de surprises… Mais Randon n’était pas homme à s’avouer si facilement vaincu, loin de là. Il avait l’habitude d’obtenir ce qu’il souhaitait, et ce soir, il voulait voir la louve sortir de sa tanière… Mais pas tout de suite. Il n’était pas pressé. Il avait du temps. Toute la soirée. Toute la nuit, s’il en décidait ainsi. Oui, il avait tout son temps pour s’amuser un peu, songeait-il en détaillant la petite blonde de haut en bas, sans rien répondre.

Et après tout, la proposition de la servante n’était pas dénuée d’attrait aux yeux du colosse. Être accueilli, soigné et nourri par une jolie fille, n’était-ce pas là le rêve de tout chevalier à peine rentré d’un épuisant et difficile voyage ? Dans les contes et légendes peuplé de courageux héros dont on bassinait les jeunes damoiselles naïves depuis leurs plus jeune âge, oui, mais la réalité était un peu différente. Les désirs d’un homme revenu d’une longue absence étaient souvent plus grivois et orientés en dessous de la ceinture, à vrai dire. Mais un bon vin et des cuisses de volailles – à défaut de celles d’une jouvencelle – bien juteuses pouvaient également faire l’affaire.

▬ Ce n’est qu’une petite éraflure, rien de bien grave, répondit enfin le chevalier en baissant les yeux sur la plaie qui venait pourtant de se rouvrir, laissant suinter un léger filet de sang qui coulait paresseusement le long de son torse, suivant les courbes de sa musculature parfaitement dessinée. Mais je serais fou si je refusais de me laisser choyer par une jolie jeune fille, ajouta-t-il un sourire plutôt flatteur flottant sur ses lèvres. Je ne serais pas contre un bon repas non plus.

Tout en parlant, il caressait du bout du doigt la lame de son épée. Trop émoussée. Plus assez tranchante pour tailler dans le vif et dans les chairs. Il entreprit de l’aiguiser, le bruit sinistre de la pierre frottant contre le métal s’ajoutant à ceux de la jeune servante qui s’affairait de ci de là pour satisfaire ses désirs. Sa besogne achevée, il posa l’arme contre le mur et chercha la fille du regard. Elle était probablement partie dans la salle d’eau, chercher de quoi penser ses plaies… D’un bond souple pour un homme de sa carrure, il se leva et rejoignit la jeune fille dans la pièce adjacente, s’adossant à l’embrasure de la porte, obstruant volontairement le passage.

▬ Dis moi… Tu as décidé de la jouer douce et docile aujourd’hui ?

Ses iris noirs pétillaient de malice.

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Ariane du Mélèze
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MessageSujet: Re: De retour d'un long voyage ✝ Ari.   Mar 26 Juin - 21:09

Le chevalier semble déçu lorsqu'elle l'aborde d'une voix douce. Déçu dans ses attentes. Espérait-il donc qu'elle lui donne une raison pour se plaindre d'elle ? Elle n'est pas stupide, et sait qu'un seul mauvais écho sur son comportement lui signifierait la porte. Il réfléchit un temps, temps pendant lequel Ari attend patiemment ses ordres. Il la contemple, la détaille de haut en bas, comme il l'avait déjà fait l'autre jour, sur le terrain d'entraînement. Et à nouveau, ce petit sourire ambigu barre son visage pendant qu'il la regarde dans les yeux. Ari se tait, attend toujours, docile, discrète, soumise... mais ne dévie pas le regard. Si elle le connaissait suffisamment, elle aurait ri avec lui, ou encore fait semblant de s'énerver contre lui, contre ses moqueries. Elle n'est pas du genre à en vouloir à quelqu'un pour si peu. Mais ce qu'il a fait deux semaines auparavant à cet écuyer, la manière dont il a traité un si jeune garçon, deux fois plus petit que lui, et deux fois moins fort, visiblement, si pas plus encore, la dégoûte. Malgré cette proximité qu'elle ressent pour lui de par son expression joviale, elle ne peut s'empêcher de le trouver hautain et méprisable à cause de ce qu'elle a vu, ce à quoi elle a assisté, et ce à quoi elle s'est opposée. Non, un homme comme lui, qui ose s'en prendre à un gamin et le ridiculiser devant la foule, un homme comme ça n'est pas un chevalier, et n'a donc pas son respect ni sa considération, son estime. Et c'est que dire ! Elle a une haute conscience de l'honneur, de la droiture des hommes et attend beaucoup des chevaliers, sans quoi elle ne les considère pas comme tels et le leur fait savoir. C'est bien fait pour lui, la petite leçon d'humilité qu'elle lui a donnée devant tout le monde. Bien qu'elle ne se considère pas nécessairement comme un modèle, du moins sait elle les valeurs nécessaires à un chevalier, et n'hésite pas à s'exprimer.

Toutefois, il s'agit ce soir pour elle de servir un invité du Seigneur de Méryl, c'est un ordre, pour elle, et elle ne doit pas privilégier ses sentiments personnels au détriment de ses devoirs. La place de domestique qu'elle occupe à Ceyrel lui est très importante, lui donne une certaine liberté de manœuvre et de circulation au sein du château qu'elle n'aurait pas si elle s'installait à son compte dans la ville ou si elle recommençait à servir dans l'auberge de Liz. Elle aime se faufiler parmi les nobles et les ministres de Geoffroy de Méryl, être au courant de leurs affaires sans que personne ne sache, étant donné sa discrétion... Malgré les règles que ce poste lui impose, Ari veut le garder car elle s'y sent à l'aise. Elle a compris comment agir, comment se comporter. Elle a compris que la politesse était la base de tout, à Ceyrel comme à tous les châteaux d'ailleurs, et ne se permet plus aucun écart. Elle n'a pas pour autant l'air excessivement stricte ni renfermée. Juste ce qu'il faut, en fait, pour jouer le rôle stéréotypé de la servante serviable. Passer inaperçue, en sorte, se fondre dans la masse, sans nécessairement se faire reconnaître par tous ceux qu'elle croisait. De toute façon, les nobles, en général, ne retiennent pas les visages des petites domestiques, ils ont bien trop à faire du leur et de ceux de leurs connaissances. Le fait de connaître sa place et de savoir y rester lui permet d'éviter les leçons de morale trop fréquentes de la part de ses superviseurs, et donc les risques de se faire jeter ; toutefois elle n'hésite pas d'intervenir pour des causes qui lui semblent justes et de défendre ses droits si l'on veut y faire atteinte, d'une manière subtile ou directe selon les circonstances. Et là, en face de ce chevalier qu'elle avait attaqué en direct et devant un nombreux public qui plus est, elle avait toutes les raisons de se tenir droite et docile, gentille, polie.

- Ce n’est qu’une petite éraflure, rien de bien grave, dit-il alors.

Il a fini par la quitter du regard et porter ses yeux à sa cicatrice qui s'est rouverte sous la chaleur et la position recroquevillée de son porteur. Elle se demande s'il est sérieux, cela ne lui ressemble pas du tout, du peu qu'elle peut en dire sur lui. Et en effet, il enchaîne, souriant à nouveau :

- Mais je serais fou si je refusais de me laisser choyer par une jolie jeune fille... Je ne serais pas contre un bon repas non plus.

- Bien sûr. Je reviens dans un instant, donc.

Il a commencé à caresser amoureusement son épée du doigt. Encore ensanglantée de son voyage, resté inconnu à la jeune fille jusque là d'ailleurs. Mais elle ne s'y intéresse pas vraiment pour le moment. Peut-être deviendra-t-elle curieuse plus tard, mais elle se dirige vers la salle d'eau pour remplir une bassine d'eau froide et trouver un linge et un bandage propres. Il lui a adressé un compliment, et elle n'a pas pu s'empêcher de rougir légèrement. Décidément, ce chevalier l'intrigue de plus en plus. Est-il naturellement jovial et positif, ou les traitements qu'il a infligés à l'écuyer sont-ils sa manière d'être, cachée sous des manières hypocrites et qui font de lui un coureur de jupons ? Ses cheveux, détachés, ont eu l'heureuse idée de cacher ses joues donc son petit embarras, avant qu'elle ne laisse le chevalier aiguiser son épée d'une manière faussement désinvolte. Alors qu'elle s'apprête à sortir de la salle d'eau adjacente pour le rejoindre et le soigner, elle se retrouve nez à nez, ou plutôt nez à cicatrice avec lui. Le colosse lui barre le passage, en diagonale dans l'encadrement de la porte. Elle voit le sang couler sur les courbes de sa musculature avant de lever les yeux vers lui et intercepter son regard malicieux, joueur.

- Dis moi… Tu as décidé de la jouer douce et docile aujourd’hui ? lui demande-t-il, toujours aussi moqueur.

Elle pose la bassine d'eau sur la table de la salle d'eau, trempe le linge et commence à tamponner légèrement la plaie du chevalier. Elle est plus profonde qu'elle ne le pensait, et du pus a déjà commencé à s'amasser en son centre. Elle sent les muscles du colosse se contracter sous le contact de l'eau froide. Aurait-il mal, ou est-ce un réflexe seulement que de se crisper ainsi ? Pendant qu'elle le soigne, et sans perdre en concentration, elle lui répond.

- Vous préféreriez peut-être que je vous jette l'eau de cette bassine dessus ? Elle est assez froide, me semble-t-il... Vous n'apprécieriez pas, et je ne cherche tout de même pas à vous contrarier, même si je pourrais dire que vos cheveux laissent à désirer et qu'un peu d'eau ne leur ferait pas de mal...

Elle lui jette un coup d’œil enjoué, le sourire en coin.

- Je suis sûre que vous appréciez à leur juste valeur mes soins attentionnés, doux et dociles.
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Randon Khaine
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MessageSujet: Re: De retour d'un long voyage ✝ Ari.   Mer 27 Juin - 20:53

Ignorant une fois de plus des sarcasmes que le chevalier ne prenait même pas la peine de voiler, la jeune servante entreprit de nettoyer la plaie ensanglanté qui lui barrait le torse. La « petite éraflure » était en vérité bien plus profonde que le colosse ne voulait l’admettre. De un parce qu’il était tout simplement agacé que ce petit seigneur insignifiant ait réussi à le toucher, de deux parce que Randon ne faisait pas partie de cette catégorie d’hommes qui se plaignaient à la moindre blessure, quelque soit sa gravité. Jouer les pleureuses, très peu pour lui, c’était bon pour les femmes, les enfants et les faibles, pour ces nobliaux de province qui tremblaient de peur devant le moindre combat ; le colosse, lui, avait été coulé dans un tout autre moule. Souffrir en silence, quitte à en crever, voilà quel était son credo.

Il frémit pourtant, quand la main de la jeune fille se posa sur son torse. De douleur peut-être, à moins que ce ne soit de plaisir… Cela faisait trop longtemps qu’aucune main de femme n’avait caressé les courbes brutes du corps musculeux du chevalier, et celle-ci le quitta d’ailleurs bien trop tôt à son goût. Puis la fille parla, brisant par ses paroles l’harmonie toute relative de l’instant. C’était un don qu’avaient les femmes de toujours se mettre à babiller aux moments les plus incongrus.

▬ Vous préféreriez peut-être que je vous jette l'eau de cette bassine dessus ? Elle est assez froide, me semble-t-il... Vous n'apprécieriez pas, et je ne cherche tout de même pas à vous contrarier, même si je pourrais dire que vos cheveux laissent à désirer et qu'un peu d'eau ne leur ferait pas de mal...

Leurs regards se croisèrent. Les prunelles de la jeune fille étaient aussi pétillantes de malice que l’avaient été celles de Randon, quelques instants plus tôt. Elle aussi montrait qu’elle savait donner dans le sarcasme. Retour à l’envoyeur. Un léger sourire vint étirer les lèvres du colosse. Aussi étrange que cela puisse paraitre, la force de caractère que démontrait une telle attitude lui plaisait. Lui parler de ses cheveux… Ah ça oui, on pouvait dire que le colosse ne faisait pas partie de ces nobles bien apprêtés et propres sur eux, ce qui lui convenait d’ailleurs parfaitement. Lui était un guerrier, un vrai et de l’avis d’une partie de la gent féminine du château, son physique brutal et sauvage faisait aussi son charme…

▬ Je suis sûre que vous appréciez à leur juste valeur mes soins attentionnés, doux et dociles.

Ironie, encore. Le sourire du colosse s’élargit, alors que le silence s’installait.

▬ J’apprécie surtout ton cran, petite, finit par répondre le chevalier, insistant toutefois sur le dernier mot qui sonnait presque comme un ultime rappel de sa condition. Ça me change de tous ces nobles couards qui mouillent leurs chausses au moindre regard à peine trop appuyé. C’est amusant, mais un peu ennuyeux à la longue.

Que ces idiots tremblent déjà avant même que le chevalier n’ait eu le temps de jouer un peu avec eux, c’était trop facile, sans saveur. Alors oui, il appréciait tout autant de trouver des gens chez qui la tâche était plus ardue. Ce qui était le cas en cette belle soirée. Le chevalier sourit et d’un sourire qui, pour la première fois, semblait plus sincère qu’ironique.

▬ Tu es étonnante pour une servante. Ça me plait bien. Peut-être pourrais-tu aller me chercher ce repas dont tu me parlais tout à l’heure et le partager avec moi. On est toujours mieux autour d’un bon verre de vin, pour discuter un peu. Qu’en dis-tu ?

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Ariane du Mélèze
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MessageSujet: Re: De retour d'un long voyage ✝ Ari.   Jeu 28 Juin - 18:27

- Vous préféreriez peut-être que je vous jette l'eau de cette bassine dessus ? Elle est assez froide, me semble-t-il... Vous n'apprécieriez pas, et je ne cherche tout de même pas à vous contrarier, même si je pourrais dire que vos cheveux laissent à désirer et qu'un peu d'eau ne leur ferait pas de mal...

Ari lève les yeux et croise le regard du colosse. Aucune rancœur, aucun éclat de haine. Non, le chevalier s'amuse, semble heureux de pouvoir échanger avec la servante. Un léger sourire naît sur ses lèvres, sourire qu'elle lui retourne alors. Finalement, il lui est sympathique, et elle n'arrive plus à s'imaginer comment il était ce jour là, deux semaines auparavant. Si ça se trouve, a-t-il eu une raison, autre que la simple cruauté, qui l'a poussé à agir de la sorte ? Elle a peur alors de l'avoir mal jugé... Un homme comme lui, souriant, ironique, ouvert, ne peut tout de même pas être hautain et méchant en même temps ! Que penser de lui ? Il ne semble pas vouloir s'occuper trop de son apparence, elle le lui a fait remarquer et il n'a pas réagi. Ses cheveux ne l'occupent pas, ses plaies non plus... Son physique semble sculpté, mais il ne donne pas l'impression de s'en occuper vraiment. Ses muscles sont dus à sa vie d'aventures, ses cicatrices au fait de ne pas porter de chemise ni de veste, ni même de cote en mailles. Sa peau est hâlée par le soleil, ses veines comme celles des chevaux ressortant presque avec la chaleur. Ses muscles vibrent, frémissent doucement à chaque pas qu'il fait, et pourtant il semble tranquille, pas belliqueux. Il n'a pas l'air de chercher les embrouilles, tout en ne reculant pas devant un danger, quel qu'il soit. Non, cet homme là ne peut pas être celui qu'elle a critiqué sur le terrain d'entraînement... et pourtant.

- Je suis sûre que vous appréciez à leur juste valeur mes soins attentionnés, doux et dociles.

Ironie. Comprise par son interlocuteur. Les sourires s'étirent, elle dévoile sa rangée de dents blanches et bien alignées. Elle a fini de nettoyer la plaie et se demande si elle doit le panser. Du linge sec est préparé à côté de la bassine, et il serait bien de la protéger afin qu'elle ne s'infecte pas... Mais le chevalier doit être habitué à ce genre de blessures, et son corps énorme est assez fort pour se défendre contre les microbes qui pourraient lui vouloir du mal. Son torse est plein de cicatrices du même genre, et le colosse ne donne pas l'impression de vouloir se montrer enroulé dans des linges. Non, elle laissera ça comme ça. Le silence commence à s'installer. Elle détourne les yeux, se disant qu'une servante ne devrait pas soutenir le regard de son supérieur, aussi avenant que soit celui-ci. Elle prend le linge propre et se baisse pour le ranger dans la commode. Elle se tourne à nouveau vers le chevalier et décide de faire une petite révérence, signe que son travail est fini pour ce qui est des soins à administrer, et qu'elle attend la suite des ordres. Elle sourit toujours, étonnée par l'attitude amicale de ce chevalier. Il lui est vraiment très sympathique, et cela lui semble réciproque, ce dont elle est heureuse et flattée. Elle aimerait tellement bien s'entendre avec lui !

- J’apprécie surtout ton cran, petite, répond-il enfin, brisant le silence pesant qui menaçait.

Ari en est heureuse, malgré la touche d'amertume qu'elle ressent du fait de l'accent qu'il a porté à ce dernier terme. "Petite". N'était-ce pas comme ça aussi qu'il l'avait appelée sur le terrain d'entraînement ? Sauf que deux semaines auparavant, c'était à sa taille qu'il faisait allusion, bien qu'elle ne soit pas plus petite que les autres - elle dépasse même certains hommes en taille - mais plutôt lui qui est énorme. Non, cette fois-ci, c'était une manière de lui faire comprendre, de lui rappeler son statut de servante. Elle l'avait bien compris par elle-même, elle aurait eu un comportement tout à fait différent si elle parlait à un ami. Elle essayait bien de ne pas digresser, de ne pas quitter sa position inférieure à celui qu'elle servait. Même subtile, ce rappel à l'ordre la peina légèrement. Elle n'en fit rien voir cependant, cela ne faisait pas partie de ses droits que de se plaindre de sa condition. Le chevalier enchaînait :

- Ça me change de tous ces nobles couards qui mouillent leurs chausses au moindre regard à peine trop appuyé. C’est amusant, mais un peu ennuyeux à la longue.

Elle lui adresse un grand sourire.

- Oh oui, je comprends bien, croyez-moi. Même si en face de moi, ils font les courageux.

N'en a-t-elle pas trop dit ? Il se pourrait qu'il la dénonce... Elle devrait surveiller sa langue la prochaine fois, malgré la sympathie qu'il lui inspire. Il lui sourit alors, et ce sourire est tout autre que ceux qu'elle a vu planer sur sa bouche jusqu'ici. C'est un sourire sincère, sans aucune moquerie. Toujours aussi joueur, soit, mais amical. Il la fait rêver. Rêver à une bonne entente entre les deux personnages qu'ils sont, à une confiance et une complicité... Elle se ressaisit. Elle n'est qu'une servante, et le chevalier, aussi sympathique soit-il, ne cherche sans doute rien d'autre que de s'amuser, de jouer un peu avec elle pour chasser l'ennui.

- Tu es étonnante pour une servante. Ça me plait bien. Peut-être pourrais-tu aller me chercher ce repas dont tu me parlais tout à l’heure et le partager avec moi. On est toujours mieux autour d’un bon verre de vin, pour discuter un peu. Qu’en dis-tu ?

- Bien, monsieur.

Après une seconde petite révérence, elle prend la bassine pleine d'eau rouge et le linge ensanglanté et se faufile entre lui et la porte qu'il n'a toujours pas décidé de quitter, traverse le salon et sort de l'appartement. Elle presse le pas dans le couloir et les escaliers pour rejoindre la cuisine. Elle demande au chef des cuisses de volaille et une miche de pain, ainsi qu'une carafe de vin rouge. Pendant qu'ils préparent le repas, elle va vider l'eau aux latrines, jeter le linge sale dans la corbeille afin de le faire laver et pose la bassine sur la pile de bassines sales. Elle s'en chargera sûrement le lendemain, à moins qu'on ne demande à quelqu'un d'autre. Elle récupère le repas en passant par la cuisine puis remonte dans la suite du chevalier. Randon Khaine qu'il s'appelle, elle en a déjà entendu parler souvent dans les couloirs ou dans la cour. Elle ouvre tant bien que mal la porte des appartements, un grand plateau à la main, la referme le plus doucement possible en s'appuyant dessus avec le dos, puis va poser le plateau sur la table basse devant le fauteuil. Si elle a bien compris, le chevalier lui a demandé de manger un bout avec lui. Quelques verres sont déjà posés sur la table, elle prend la carafe et en remplit un. A nouveau, elle indique la fin de son service par une petite révérence. Elle attend les ordres, elle veut être sûre que sa proposition compte toujours. Va-t-il lui demander de se servir de vin et de s'asseoir sur le siège en face, pour manger avec lui ? Et de quoi veut-il donc 'discuter' ?
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De retour d'un long voyage ✝ Ari.

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