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 Face à face _ Lug

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Emeraude Bennet
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MessageSujet: Face à face _ Lug    Mer 28 Mar - 23:01

    Minutes. Heures. Jours. Le chemin me parût interminable. Mes pieds souffraient sur le sol rocailleux, moi qui n’avais eu pour habitude que de marcher sur des tapis tissés à la main. Mes souliers m’écorchaient la cheville mais si je les ôtais, la douleur serait pire. Jamais je n’avais pensé vivre aussi loin de la forteresse de Geoffroy de Meryl. Habituellement, pour de longues distances, j’avais l’habitude de me déplacer par une diligence où seuls les chevaux souffraient de la distance. Aujourd’hui, je ne pouvais que comprendre les coups de fouet que le cocher devait abattre sur leur échine afin qu’ils avancent. Plus les heures passaient, plus mon pas ralentissait. En m’éloigne définitivement de ma demeure, je tournais aussi définitivement la page d’une partie de ma vie. Pendant près d’une vingtaine d’années, j’avais vécu dans l’insouciance, dans l’ignorance. A présent, je devais me débrouiller par mes propres moyens, il fallait donc que je m’empresse d’apprendre la vie des paysans, des serviteurs, du bas-monde. Eux qui autrefois avaient été mes sujets, je serai maintenant des leurs. Comment pourrais-je cacher ma haute naissance ? J’avais un certain don pour le mensonge, autant m’en servir. Je me souviens avoir de nombreuses fois avoir menti à mes nourrices ou encore mes frères et soeurs. Seul mon père n’était pas dupe. Oh père...Cela ne fait pas trois jours que vous m’avez laissée sur terre que déjà vous me manquez. Mais je n’ai pas le temps de m’apitoyer sur mon sort, vous m’avez appris à aller de l’avant. Père, je vous vengerai. Je nous vengerai des Hamleigh et je retrouverais ce qui me revient de droit. Un Bennet règnera de nouveau sur vos terres, mon très cher père. Même si je dois tuer Charles-Henry Hamleigh de mes propres mains, j’y arriverai. Rien qu’en pensant à cet homme, je souffre. Il m’a brutalisée autant moralement que physiquement. Je lui ôterai la vie, tout comme il m’a ôté le bonheur. Seules ces pensées de vengeance m’ont aidée à poursuivre mon chemin. Si je n’y pensais pas, je m’écroulerai. La fatigue, la faim, la peur auraient pu me pétrifier. J’aurai pu me laisser choir sur le bord de la route, attendant la mort mais je n'en ferai rien. Je me battrais. Je ne pense plus avec mon coeur à présent mais avec ma tête. Pendant ces longs jours de marche, j’ai eu le temps d’échafauder un plan. Je sens que les Hamleigh se sont tournés vers le royaume de Geoffroy de Meryl. Il fallait donc que je m’y rends. Je trouverai n’importe quel métier mais je devais me fondre dans le paysage afin de pouvoir préparer tranquillement et minutieusement chaque étape de ma vengeance. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Ma vengeance, je ne l’exécuterai point sur un coup de tête, bien au contraire. Je veux anéantir leur famille, cracher sur leur nom comme ils ont mis un terme au nom des Bennet cette nuit-là.

    Le château de Ceyrel finit enfin par apparaître au loin. Mon pas accélère. La faim crispe mon estomac, la fatigue meurtrit mes muscles, mais je ne les écoute pas. J’y arriverai au lever du jour. Souvent, je regardai par la fenêtre de ma chambre le lever du jour dans la cour du château de mon père. Il y avait toujours un travail à faire, on embauchait toujours même si ce n’était que pour une journée. Une seule journée, ce serait bien suffisant pour pouvoir attacher de quoi me sustenter et prendre mes marques dans ce château que je ne connaissais pas. Je cours presque vers le château, ne sachant où je trouve cette énergie. Plus je m’approche de la forteresse, plus la route est encombrée. Les paysans avec leurs chars viennent vendre le peu de laines qu’ils ont réussi à récolter. Les femmes viennent vendre leurs charmes. Les enfants viennent pour piquer les bourses des acheteurs. Je me mêle à la foule, baissant la tête. Malgré ma robe sale, mon visage fatigué, je parais bien trop propre pour me fondre totalement dans le monde paysan. Il me faut y remédier. A peine eus-je franchi le pont-levis que me voilà au centre d’une immense place. C’était jour de marché à Ceyrel. Je n’aurai pu rêver mieux. J’allais pouvoir sans aucun doute trouver un travail. Auparavant, je m’éloigne un peu de la foule pour salir mon visage. Je m’agenouille sur le sol, passe mes mains dans la terre sèche et en étale légèrement sur mon visage. A peine ai-je le temps de me relever qu’une scène se passant à quelques mètres m’intrigue. Une porte du château s’ouvre et je vois une jeune femme tomber sur le sol. Une grosse dame se trouve dans l’encadrement de la porte.

    « Dégage d’ici sale voleuse ! Que je ne te vois plus dans les parages, sinon je te fais couper la main pour avoir essayé de voler chez Geoffroy de Meryl.
    - J’avais faim...s’il vous plaît ne me congédiez pas.
    - Trop tard sale bâtarde. Tu as perdu ton travail et la seule chose qui pouvait te nourrir. Déguerpis avant que je n’appelle les gardes.»


    La jeune femme courut le plus loin possible. Etait-ce le mot «gardes» qui l’avait persuadée de s’en aller rapidement ? Sûrement. Emeraude, il faut que tu tentes ta chance. Je me relève, tape légèrement sur ma robe pour enlever le maximum de poussière et je m’avance vers l’imposante dame qui devait avoir bien plus de quarante ans. Je n’ai pas le temps d’arriver à sa hauteur que je sens se poser sur moi son regard haineux et plein de mépris.

    « J’ai entendu ce qu’il s’est passé avec la jeune femme. Embauchez-moi et vous n’aurez pas ce genre de problèmes. Je ne vole pas.
    - Qui t’a dit que je cherche une autre servante ?
    - Celle que vous venez de chasser l’était, je pense donc que vous devez en embaucher une autre.
    - T’es qui ?
    - Emeraude.»


    Un rire gras sort de la gorge de la grosse dame. Se moque-t-elle de moi ? Peu m’importe. Je veux ce travail. Etre embauchée directement au sein même du château, cela me permettrait d’être au courant des dernières nouvelles, surtout celles qui concernent les Hamleigh. Après avoir ri à gorge déployée, l’imposante femme me regarde avec ses petits yeux vicieux.

    « Emeraude. En voilà un joli prénom pour une fille aussi sale que toi. J’imagine que tu n’as pas de nom de famille ? Evidemment.
    - Non. Prenez-moi pour n’importe quel labeur.
    - Labeur ? Dis moi t’parles bien toi pour une paysanne.
    - Alors ?
    - T’as raison. On a besoin d’une servante. Mais je te préviens, un seul vol, une seule erreur, et je ne te laisserai aucune chance. Tu seras châtiée comme une criminelle. Toujours intéressée ?»


    Elle m’adresse un sourire plein de cruauté. Je peux voir sa dentition, qui laisse d’ailleurs à désirer. Je hoche de la tête pour accepter. Elle avait eu raison sur un point : je devais faire attention à tout. Vocabulaire, manière, attitude. Je devais absolument passer pour une paysanne avec très peu d’éducation. La grosse mère me demande de la suivre. J’entre dans le château. Je sens la chaleur englober mon corps. C’était si bon...Les dernières nuits avaient été si froides.

    « Tu es bien sale. On va te laver et on te donnera une nouvelle tenue que tu garderas. Tu seras servante. Robe, tablier, c’est tout ce à quoi tu auras droit. Tu bénéficieras aussi de deux repas par jour.»

    
Je garde le silence, jouant la jeune femme soumise. Moins j’en dis, mieux c’est. Je sens que j’intrigue cette femme. Elle s’approche de moi avec un air insistant.

    « Tu seras au service de Messire O’Brien. La garce que je viens de jeter à la porte était sa servante et a essayé de dérober un chandelier dans sa chambre. Comme il ne vient que très peu, il ne se rendra même pas compte de ta présence. Ton rôle : être à son entière disposition. Je te préviens tout de suite : une seule erreur, tu finiras sur le gibet. Clair ?
    - Etre efficace et invisible, compris.»


    La femme ne devait pas s’attendre à une réponse vu le regard plein de mépris qu’elle me lança. En criant sur d’autres femmes, elle leur demanda de me mener aux latrines pour que je puisse me laver et qu’elle m’apporte une nouvelle tenue. C’est non sans regrets que j’ai quitté ma robe. C’était une robe que mon père m’avait offerte il y a encore si peu de temps. Je me lave, m’habille. A présent, Emeraude, tu es servante. Rien de plus. Qui était cet O’Brien ? Etait-il violent ? C’était une chance qu’il ne vienne quasiment jamais. Je n’aurai pas à supporter sa présence. La présence d’un homme...Plus jamais je ne les laisserai me toucher. Plus jamais.

    Voilà comment je suis arrivée au service de cet homme. Cela faisait déjà deux semaines que j’étais servante, mais toujours aucune trace de Sir O’Brien. Tant mieux, je ne faisais que des tâches simples : éplucher des légumes, garder sa chambre propre au cas où il viendrait et plein d’autres tâches. Chaque soir, j’étais exténuée mais je passais une bonne partie de la nuit à penser à ma vengeance. Je ne vis que pour ça.
    En ce beau matin, je me lève après une nuit qui fut courte. Je croise la dame qui m’avait embauchée. Elle était sévère, dure mais jamais, elle n’avait eu un geste déplacé. Cette femme avait pour tâcher de veiller sur toutes les servantes qui s’occupaient des hôtes de Geoffroy de Meryl. Je passe devant elle, lorsqu’elle me parle.

    « Emeraude, Sir O’brien arrive aujourd’hui. Tu restes dans sa suite, et assure toi que tout soit parfait. Souviens toi de ce que je t’ai dit.
    - Oui mère Cunégonde»


    Alors comme ça, je vais enfin rencontrer mon «maître». Je déteste l’idée qu’il puisse penser que je lui appartienne. Je n’appartiens à personne. Je me poste alors dans sa suite, m’assurant que tout est à sa place. Qui sait, peut-être est-il maniaque et si rien ne se passe comme il veut, il lèvera la main sur moi. Je lui déconseille fortement. Je ne me laisserai pas faire, même si je dois en subir les conséquences par la suite. Durant toute la journée, j’attend dans sa suite, mais rien. Son arrivée ne serait sans doute pas pour aujourd’hui. La nuit est tombée, il est tard, je commence à sentir la fatigue et la faim. Je m’approche donc vers la porte pour rejoindre la table des servantes, mais j’entends des pas dans le couloir qui mène à la chambre. Qui êtes-vous donc Lug O’brien ?
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MessageSujet: Re: Face à face _ Lug    Jeu 29 Mar - 17:01

Une bien longue mission que je viens d'achever. Geoffroy m'avait envoyé dans les montagnes de l'Est. Un nobliau qui lui devait un somme plus que coquette s'y était réfugié, pensant ainsi échapper au courroux du maitre de Ceyrel. Stupide. Tant que je serais en vie, aucun ennemi de mon employeur ne sera à l'abri.
Toujours est il que, après avoir torturé et tué le faquin, je regagne mes pénates. Et je dois reconnaitre que je suis épuisé. Vraiment. Je n'ai qu'une seule envie, m'allonger dans mon lit, une coupe de vin à la main, une coupe de fruits frais dans l'autre... Les pommes acides du verger de Ceyrel sont délicieuses à cette époque de l'année.

Alors que je pénètre dans le château, je vois la Grosse me foncer dessus avec la conviction d'un bélier lancé à pleine puissance. Je crois que ce dindonneau enjuponné est la seule personne de Ceyrel qui ne craint pas de me contredire. La vraie Reine de ce château, c'est elle. Elle domine tout: serviteurs, valets, cuisiniers, souillons.... Et elle sait tout. Elle ferait une précieuse informatrice si elle n'était pas si aveuglée par son dévouement à Geoffroy. Bien sûr, je pourrais la torturer pour obtenir des renseignements, mais une sorte de règle tacite empêche quiconque de faire du mal à Dame Pintade, dite Cunégonde.

-Sir O'Brien! Ravie d'vous voir nous rev'nir en si bonne forme! Votre chambre est prête!

-Merci Cunégonde...

Je déteste ses manières obséquieuses. J'apprécie le caractère chez une femme, et elle n'en a aucun. Face à ses supérieurs du moins. Je note chez elle une sorte de gêne. Je hausse le sourcil pour lui signifier qu'elle peut continuer.

-Oh, Messire, je suis navrée. Mais votre précédente servante n'est plus au château. Nous avons dû renvoyer cette p'tite chapardeuse! Elle avait tenté de vous voler un beau chandelier tout en argent!

Je ferme les yeux. Ma précédente servante.... Je me souviens. Jeunette, assez mignonne sans être une beauté. Gentille, effacée, souriante... Ah oui, c'est vrai...

-En fait je lui avait offert, me semble t-il..... Elle s'était montrée agréable, j'avais voulu la récompenser.... Oh, peu importe. Je suppose que vous m'en avez trouvée une autre?

Une de perdue, une de retrouvée. C'est comme ça que ça marche au château de Geoffroy. Tout est parfaitement huilé.

-Oui Messire! Une jeune paysanne appelée Émeraude! Elle est bien élevée, vous plaira surement!

La Grosse me jette un regard grivois. J'ai la réputation de baiser toutes mes servantes. Et pas que les miennes, par ailleurs. Ce n'est pas entièrement faux, mais je préfère éviter les familiarités de ce genre avec Dame Pintade. Je le lui fait savoir d'un sec claquement de langue. Elle disparait dans un bruit de jupons secoués en tout sens.

Une nouvelle servante donc... Elle a intérêt à ne pas être totalement stupide, ça risquerait de m'irriter au plus au point. De toutes façons, si elle me déplait il me suffit de l'égorger, tout simplement.
Je monte dans ma chambre, je croise un valet dans les escaliers et lui ordonne de m'apporter immédiatement un flacon de bon vin et une coupe de pommes acides. Tranchées. Avec un couteau en argent. Chacun ses petites lubies... Je me souviens d'ailleurs, de ce valet. Sodomite jusqu'à la moelle, il avait tenté sa chance avec moi. Je pense que l'expérience lui fut plus douloureuse qu'à moi.

Au moment où je vais pour ouvrir la porte, je sens une présence de l'autre côté. La servante ou un ennemi? Je soupire, plus ennuyé qu'inquiété, et ouvre brutalement la porte. Une jeune femme blonde se trouve dans ma suite, à un mètre à peine de la porte. Elle me regarde d'un œil assez effrayé, elle ne devait pas s'attendre à une entrée si violente. Je souris. Elle n'est pas hideuse. Encore que pas mon style du tout.

-Bonsoir. Tu dois être Émeraude. Je suis Lug O'Brien, ton... maitre actuel.

Cette idée n'a pas l'air de l'enchanter outre mesure. Je décide de lui donner une raison supplémentaire d'être désappointée.

-Je suis bourreau et assassin au service de Geoffroy. On me surnomme Lug le Sanglant.

Ses yeux s'agrandissent, je souris. Le trottinement du valet se fait entendre dans le couloir, il rentre avec le vin et les pommes et me les tends humblement. En croisant son regard je me dis qu'il a peut être appréciée notre rencontre, au final. Pour ma part, je ne recommencerai pas.
Je le congédie d'un geste et me retourne vers ma nouvelle servante qui paraît de plus en plus effrayée.

-Partageras tu un verre avec moi, pour fêter mon glorieux retour?

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Emeraude Bennet
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MessageSujet: Re: Face à face _ Lug    Jeu 29 Mar - 18:32

    A son pas ni léger ni lourd, j’en déduis une silhouette élancée. Je n’entends pas les bruits que fait une armure. Tant mieux, je suis ravie que ce ne soit pas un chevalier. Ils ont la réputation d’être violent. Les atrocités qu’ils voient au combat écorchent à jamais la vision qu’ils ont des Hommes, et surtout celle qu’ils ont des femmes. Pour eux, ce ne sont que de la chair fraîche qu’ils pensent posséder, à tort. C’était déjà un bon point pour cet O’Brien. Enfin, il passa le pas de la porte. Je ne m’étais pas trompée. Il était assez grand, élance sans pouvoir autant être trop imposant. Son regard n’est ni froid ni cruel, mais cache un air amusé. Il me dévisage quelques secondes et ne tarde pas à prendre la parole. Tu connais déjà mon prénom. Tant mieux, nous pourrons alors nous passer des banalités d’usage. De toute façon, étant ta servante, tu n’as même pas à te soucier de qui je suis. Seul mon travail et mon obéissance devraient compter à tes yeux n’est-ce pas ? Je ne réplique pas. Je le laisse me regarder même si je n’apprécie guère les regards pesants. Certains mâles l’ont appris à leur dépend lorsque je vivais encore avec toute ma famille. Un mot que je n’apprécie guère sort de sa bouche, «maître». Evidemment, à quoi pouvais-je m’attendre. J’étais sa propriété, il pouvait faire de moi ce que bon lui chantait. Je sentais que j’allais regretter ces deux semaines dans l’ignorance de mon nouveau maître. Bourreau et assassin au service de Geoffroy ou encore Lug le Sanglant. Charmant tout ça. Pour bien rentrer dans mon rôle, je prends un air inquiet, voire apeuré. Il penserait sûrement que je ne lui poserai aucun souci. Je n’avais pas le temps à perdre avec cet homme. J’avais bien d’autres choses à préparer. Mon devoir de servante n’était qu’une mascarade. Pour parfaire mon rôle, je baisse les yeux. Obéissante, invisible, silencieuse, je devais être la servante idéale. Il me laisserait alors tranquille et Dame Cunégonde n’aurait rien à me dire. Je pourrais ainsi continuer mon investigation sans aucun problème. Un valet rentre dans la chambre pour lui apporter de quoi se remplir la panse. Ne voulant pas rester plantée en plein milieu de la pièce, je me trouve une tâche, n’importe laquelle. J’améliore le tombé du drap sur le lit de sir O’Brien. Je voulais qu’il me congédie afin qu’il puisse profiter d’une nuit bien réparatrice, mais ce n’était pas le cas. Il m’invite à boire à sa santé, pour son retour glorieux. Par glorieux, j’entends bien évidemment qu’il a réussi sa mission. Son métier étant assassin, il avait dû ôter la vie à un passant ou à un ennemi de Geoffroy de Meryl. Il y a encore quelques semaines, je n’aurai pu accepter qu’un innocent meurt, mais aujourd’hui, j’avais mieux à faire que d’avoir des états-d’âme pour des gens que je connaissais point. Je me retourne vers lui et le fixe enfin. Son regard englobe ma silhouette attendant une réponse. Je pense connaître ce genre d’hommes. Aucune femme ne leur résistait, ou du moins, aucune femme n’avait le droit de leur résister. L’idée qu’il pouvait ne serait-ce que poser la main sur ma peau me donnait des envies peu religieuses. Feignant toujours d’être effrayée par cet assassin, je le regarde droit dans les yeux et avec un phrasé aussi doux que sec.

    « Si j’acceptai de vous accompagner, je ne resterai pas à ma simple place de servante. Mère Cunégonde n’apprécierait sûrement pas mon impertinence».

    Je me tais. Les mots que je viens de prononcer n’étaient sûrement pas les mots qu’une simple paysanne élevée entre les cochons aurait pu prononcer. Emeraude, maîtrise ton phrasé, la sémantique. Cela pourrait te perdre à jamais. Je baisse de nouveau le regard tout en me mordant le coin de la bouche. Il fallait à tout prix qu’il me congédie afin que je puisse retourner à ce qui me tient vraiment à coeur. D’un pas léger, ma robe ondulant le long de mon corps, je me dirige vers la porte.

    « Après une journée qui, sans doute, a dû être éprouvante, je vais vous laisser vous reposer sir O’Brien».

    Le ton que j’avais pris écorchait mes propres oreilles. Ce ton de soumission me donnait presque la nausée. Moi qui auparavant avais donné des ordres sans non plus trop abuser de mon statut, me voilà à faire des courbettes devant un assassin. Ma pauvre Emeraude, tu n’aurais jamais pensé tomber aussi bas. Une pensée, cependant, me rassurait. Si j’acceptais d’endurer tout cela, mettre mon amour-propre de côté, c’était pour retrouver ce qui me revient de droit. Et pour cela, j’userai de tous mes charmes ou de toutes les stratégies. Je ne reculerai devant aucun sacrifice.
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MessageSujet: Re: Face à face _ Lug    Jeu 29 Mar - 21:19

Toute polie, toute gentille.... Adorable. Mais moi je veux qu'elle reste avec moi, bien que ça ne lui plaise pas. D'ailleurs... Le fait que ça ne lui plaise pas rendra les choses plus agréables encore. Je sors un long couteau de son fourreau et le plante dans une tranche de pomme, puis je m'avance vers Émeraude et lui tend le couteau sous le nez.

-J'insiste, ainsi nous ferons plus ample connaissance et je pourrais te donner tes directives.

Je garde toujours mon sourire. En fait c'est devenu un tic, je ne peux plus m'empêcher de sourire quand je suis en situation de domination. Et là je domine totalement.
Je repose le couteau sur une petite table, et j'y installe deux chaises, l'une en face de l'autre. Je fais signe à la jeune femme de s'asseoir.

-Alors, jeune damoiselle, expliques moi quelle folie t'as poussée à entrer à mon service? Ah, et au fait, ne t'inquiètes pas pour Dame Pintade, elle ne te dira rien si tu restes avec moi. Elle a..... l'habitude.

Encore un sourire. J'imagine son inquiétude, sa tension à cet instant précis. Elle doit se demander si je vais la violer, si je vais la torturer, ou les deux, pourquoi pas?
En réalité, pour l'instant, j'ai juste l'intention de boire un verre en sa compagnie. Je nous sers une coupe chacun, puis bois une petite gorgée.

-Mmmmmh... Un délice.... Et sinon, dis moi. Tu t'exprimes fort bien pour une vulgaire paysanne, Émeraude. Et ton nom me paraît bien raffiné, également.

Je découvre mes crocs.

-Tu ne serais pas une.... je ne sais pas.... Une princesse en fuite.

Je ris. Je ne pense pas qu'elle le soit, mais l'idée n'est pas à exclure. Elle se tient trop droite pour une fille habituée à ce qu'on lui crache dessus.

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MessageSujet: Re: Face à face _ Lug    Jeu 29 Mar - 22:24

    La lame aiguisée transperce la pomme. Il pense m’impressionner ou me faire peur. Il y a quelques temps, j’aurai été terrifiée par les manières de cet homme, mais aujourd’hui, plus rien ne semble pouvoir me faire peur. Etait-ce de la folie de ne pas me méfier de lui ? Sans doute. Après tout, s’il était l’homme de main de Geoffroy, ce n’était pas pour ses beaux yeux. Il devait avoir d’autres arguments dont je devrai sûrement me méfier. Alors que je tente une sortie, me voilà avec une pomme sous la gorge. Il insiste pour que je reste afin que je puisse comprendre ses «directives». Nous y voilà. Il veut donc que je sois bien sage & obéissante, et que je sois sous sa dextre. J’exécuterai tout dans les moindres détails, du moment qu’il reste à une distance raisonnable. Il me demande pourquoi je suis devenue sa servante. Penses-tu que je vais te dire comment j’en suis arrivée là ? Pensait-il qu’au bout d’à peine dix minutes, j’allais lui confier ma peine, mes douleurs, mes ennemis ? O’Brien, penses-tu vraiment que je vais raconter la lâcheté de ce Charles-Henry qui n’a pas été hésité à me prendre ? Ce serait folie que de penser ça. Je m’assied sur la chaise qu’il me tend, tout en gardant le silence. Je n’avais strictement rien à dire à cet homme. Mon but ? Abréger le plus vite cette mascarade. Je suis lasse ce soir, alors ne faisons pas durer une situation qui n’aboutirait à rien. Mais vos prochaines paroles, mon cher, ont eu un effet bien différent des premières. Dans ma position, mes manières, mes mots, il semblait avoir deviné mon secret...Enfin je le pensais jusqu’à ce qu’il dise «princesse en fuite». Je ne suis pas une princesse, et je ne suis pas en fuite. On m’a pris tout ce que je chérissais là-bas. Aujourd’hui, je vais à la rencontre de mon futur pour retrouver mon passé. Je veux de nouveau être l’héritière du comté des Bennet et je veux écraser Charles-Henry Hamleigh. Cependant, je dois bien reconnaître que cet homme est perspicace et que derrière son air légèrement abrupt et grossier, il a de l’esprit. Je laisse planer durant quelques secondes un silence. Seul le crépitement des flammes dans la cheminée trahissait ce silence. Rentrer dans son jeu ? Qui sait. Je prends une pomme et croque dedans à pleines dents.

    « Je tiens seulement à me faire bien voir par cette Cunégonde. Elle n’est pas très commode.»

    Je fais exprès de ne pas répondre à sa première question. Je ne lui dois rien. Si je fais exactement ce qu’il me demande, il ne peut se plaindre auprès de Cunégonde. Il faut que je reste ici le plus de temps possible. Je prends une deuxième bouchée de la pomme sans pour autant toucher au verre d’alcool. Je ne tiens pas à boire, et encore moins en présence d’un homme. Les hommes n’ont aucun scrupule à abuser d’une femme...et encore moins lorsqu’elle est saoule.

    « Lorsque je gardais les cochons, j’ai appris à lire...Ce qui explique mes belles paroles.»


    Mensonge. Et ce n’était que le premier, «Lug le sanglant». Je croque encore une fois dans la pomme tout en fixant cet homme. Que veut-il ? Oh il cherche sûrement une jeune femme avec qui passer la nuit. Mauvaise pioche, car ce ne sera pas moi. D’une voix suave, je prononce du bout des lèvres.

    « Alors quelles sont vos directives ?»

    J’espérais que lorsqu’il m’aurait donné des ordres, je pourrais enfin quitter cette pièce. Mais la soirée promettait d’être longue.
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MessageSujet: Re: Face à face _ Lug    Ven 30 Mar - 20:33

Le silence est souvent l'arme préférée de mes... victimes. Mais en règle générale ils deviennent très loquace après une heure ou deux passées en ma compagnie, si agréable....
Elle saisit une tranche de pomme et croque dedans. Je sais qu'elles sont délicieuses, et je sais aussi pourquoi. Quand je ne mange pas mes victimes, je les enterre dans le verger. Un engrais parfait pour les pommiers. Les pommes y poussent petites, fermes, rouges et délicieusement acides. Un vrai régal. Et puisque j'ai demandé au valet de me les couper avec un couteau en argent, pas de risques d'oxydation. Ce qui peut passer pour un détail est en fait d'une importance extrême pour moi. Je déteste manger de la nourriture oxydée.

« Je tiens seulement à me faire bien voir par cette Cunégonde. Elle n’est pas très commode.»

Je laisse échapper un petit rire. En fait elle a tout de la commode. Elle est énorme et grinçante. Et certainement pas faite du bois dont on fait les flûtes. Expression fort mal choisie.
Néanmoins, je constate qu'elle a esquivée ma question. Je glisse ma main dans ma bourse et y tâte un objet qui m'est très cher. La poire d'angoisse. Celle là même que j'ai utilisée contre cette chère Béatrix Ys. Un outil de torture parfait. Et qui risque de servir prochainement si la donzelle persiste a se montrer obséquieuse tout en me contrariant.

« Lorsque je gardais les cochons, j’ai appris à lire...Ce qui explique mes belles paroles.»

Je détecte immédiatement le mensonge sur son visage. De toutes façons, ce n'est pas logique. Un paysan n'a pas accès aux livres, encore moins une paysanne, et encore moins une paysanne qui garde les cochons. Et quand bien même elle aurait eu un livre entre les mains elle n'aurait pas pu apprendre seule à lire. Que me cache t-elle donc?

« Alors quelles sont vos directives ?»

Je pose un doigt sur mes lèvres, réfléchissant. Je pouvais très bien l'exécuter sur place, en un instant. Je pouvais la jeter à terre et la torturer jusqu'à ce qu'elle parle. Je pouvais la laisser partir et l'interroger plus tard. Je pouvais la faire boire. Je pouvais la baiser. Je pouvais la dévorer vivante et hurlante. Je pouvais en faire une tueuse. Je pouvais la séduire. Je pouvais lui proposer une partie d'échecs....

-Une partie d'échecs?

Je souris.

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MessageSujet: Re: Face à face _ Lug    Dim 1 Avr - 19:11

    Lorsqu’il me demande un jeu d’échecs avec un sourire, je dois avouer qu’il me perturbe. S’il tenait à me mettre en échec, il faudrait bien plus qu’une partie pour le faire. Une jeune femme, future comtesse, doit développer son intellect et pour cela, je m’étais de nombreuses heures entraînée aux échecs avec mon père ainsi que mes frères. Des quatre filles qu’avait eues mon père, j’étais la seule à montrer un certain talent pour manier les pions, et surtout un certain intérêt. Mes soeurs préféraient encore jouer dehors ou apprendre à cuisiner tandis que je passais des heures à peaufiner mes tactiques et mes futures attaques. La soupe, les mets raffinés, le vin goûteux, les pâtisseries, j’aimais certes en manger, mais je n’appréciais guère m’en occuper. Plus le temps passe dans le château de Ceyrel, plus j’ai la certitude que jamais je n’aurai pu être une bonne épouse. Même si mon statut m’aurait évité les corvées de ménage, j’aurai dû être une bonne épouse, une bonne mère. Ca me semblait au-dessus de mes forces. Mais cette idée ne me taraudait plus l’esprit. Etant aujourd’hui une servante, Emeraude ne devait plus se soucier de trouver un mari qui serait digne d’elle. Vengeance, c’était le but de sa vie. Après l’avoir obtenue, elle aviserait. Légèrement perdue dans mes pensées, je posa de nouveau mon regard sur Lug O’Brien. Il ne semblait point me taquiner. Je devine que l’humour n’est pas sa première qualité. Je me lève et me dirige vers une commode. Lorsque j’avais rangé sa chambre avant son arrivée, j’avais été étonnée de voir un jeu d’échecs dans la chambre d’un homme. Je le prends et le pose sur la table qui me séparer de Lug. J’attache mes cheveux en arrière, laissant tomber quelques mèches dans le creux de mon cou. Mes longs cheveux blonds n’ont pas perdu de leur éclat. J’installe les pièces. Je prends les pions blancs. Le blanc n’est plus un signe de pureté en ce qui me concerne. Pourtant le noir pour Lug semble lui aller à merveille. Sachant que les blancs ont toujours l'honneur de commencer, je prends délicatement un pion que je fais glisser sur la case située deux rangs plus loin. L'échec était loin d'être mon jeu préféré, mais s'il le fallait, j'y jouerai toute la nuit.

    « A vous l’honneur maintenant ».

    Je lui adresse le premier sourire depuis le début de notre rencontre. Mes yeux deviennent plus intrusifs. Compte-t-il réellement jouer aux échecs ? Les parties peuvent durer des heures et je ne pense pas être capable de surmonter la présence de cet homme autant de temps. Sa suffisance, ses sourires et son sarcasme me le rendent fort désagréable. Mais comme je l’avais promis à Cunégonde : «Je lui obéirai aux doigts et à l’oeil».
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Lug O'Brien
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MessageSujet: Re: Face à face _ Lug    Mer 2 Mai - 20:21

Je souris. Encore. Et me cale profondément dans mon fauteuil. Je regarde l'échiquier comme si je réfléchissais intensément... Puis pose brutalement mes pieds dessus, faisant voltiger les pièces.

-Mademoiselle.... Je pense que vous prenez pour un abruti.

Je me penche vers elle, sans sourire cette fois. Je déteste qu'on se foute de moi.

-Écoutes.... C'est très clair, tu n'es pas une paysanne. Aucune paysanne, même la plus cultivée, ne sait jouer aux échecs. Alors c'est simple. Soit tu me dis qui tu es et ce que tu viens foutres ici, soit tu retournes à la rue.... En plusieurs morceaux.

Je penche la tête sur le coté. Attendant sa réponse. Je me demande bien qui elle peut être. Une noble, c'est évident. Mais pourquoi se déguise t-elle en.... servante?
Je sens que je vais m'amuser.

[C'est méga-super court. Mais j'étais pas inspiré]

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Emeraude Bennet
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MessageSujet: Re: Face à face _ Lug    Mer 2 Mai - 21:15

    Il m’observe. Je le sens. Son regard ne me quitte pas, il continue de me fixer même lorsque que je bouge mon premier pion. Se pourrait-il qu’il ait tout deviné ? Qu’il ait compris que malgré ma piteuse apparence et mon état de servante, je ne suis en aucun cas une vulgaire paysanne cherchant à tout prix à être nourrie, logée et chauffée ? Sans aucun doute. De ce Sir O’Brien, j’avais entendu bien des choses. Il était...perspicace, même trop. Voilà qui rendrait ma tâche bien plus hardue. Je reste silencieuse, et l’observe à mon tour. Il semble concentré sur le jeu qu’il ne quitte plus des yeux. Soudain, dans un accès de folie, il pose ses pièces sur l’échiquier, envoyant valdinguer les pièces à travers toute la pièce. Que lui arrive-t-il ? Je ne tarderai pas à le savoir. Il se penche vers moi, je sens presque son souffle sur ma peau.

    « Mademoiselle.... Je pense que vous prenez pour un abruti.»

    Alors qu’avant il arborait un sourire vicieux, son visage était à présent inexpressif. Je sentais cependant qu’il n’apprécie guère ma mascarade, du moins ma tentative. Je n’aurai pas du accepter de jouer aux échecs. Ah Emeraude ! Combien de temps va-t-il te falloir pour rentrer pleinement dans ton personnage ? Tu ne dois passer que pour une vulgaire servante, insignifiante. Tu dois passer inaperçue. En cette fin de soirée, c’était loin d’être le cas. Je ne saurai si c’est la colère qui monte en lui ou l’envie de m’embrocher sur place. Les deux sans doute.

    « Écoutes.... C'est très clair, tu n'es pas une paysanne. Aucune paysanne, même la plus cultivée, ne sait jouer aux échecs. Alors c'est simple. Soit tu me dis qui tu es et ce que tu viens foutre ici, soit tu retournes à la rue.... En plusieurs morceaux.»

    Des menaces ? Je dois bien avouer que pour la première fois depuis notre rencontre, un sentiment de peur s’empare de moi. Se pourrait-il qu’au petit matin, on ne retrouve que de moi des lambeaux de peau, ou encore ma tête flottant dans les douves du château ? Cette pensée me fait frémir. Je ne suis pas arrivée jusqu’ici, je n’ai pas enduré tout cela pour finir ainsi. Ce n’était pas digne de ma condition. Lui dire ce que je venais faire là ? Certainement pas. Je ne connais rien de lui, de ses amis, de ses ennemis. Cet homme m’est inconnu. Mais je ne tiens pas plus particulièrement à le connaître. Pourtant, si je veux sortir d’ici en vie et surtout entière, je dois répondre. Et vite. Je me lève alors et me met face à lui. Dans mon regard, il peut percevoir autant de peur que de mépris, autant de haine que d’angoisse. Dans mon esprit, c’est un immense tourbillon. Emeraude, réfléchis. Et si je ne lui disais qu’une partie de mon «secret» ? Certes, ce serait utile mais s’en contenterait-il ? Ne finirai-je pas tout de même violement déchiquetée et jeter en patûre aux chiens de la Cour ? C’était un risque.

    « Sir O’Brien, je ne peux que m’incliner devant tant de perspicacité. Mais cessez de prodiguer vos menaces. Restons...courtois.»

    J’essaye de le flater. Après tout, son égo n’en saura que ravi. Mais je doute que cela suffise. Je dois ruser et utiliser mes nombreux attraits. Pourtant, dès que je pose mon regard sur cet homme, il me révulse. Comme tous les hommes. Parce qu’ils sont le sexe fort, nous le beau sexe, nous devons nous écraser ? Certainement pas. Mais j’avais appris à mes dépends qu’il fallait mieux ne pas être trop vindicative.

    « Je ne suis ni paysanne ni noble. J’ai perdu ce titre il y a déjà bien longtemps il me semble. Je ne saurai me souvenir de la dernière fois où l’on m’a appelée «Comtesse», «Duchesse» ou encore «Baronne».»

    Je gagne du temps. J’ai toujours eu un beau phrasé. Ma voix est douce, suave, légère. Je veux lui faire comprendre que certes, mon sang est noble, mais que je ne sais rien de mon ancienne condition. Me croira-t-il ? Je m’éloigne de lui, allant vers la fenêtre qui donne sur l’immense cours du château. Mes longs cheveux blonds coulent sur mes épaules.

    « Pour la raison de ma présence ici, je ne suis qu’à votre service. Un seul mot de vous est un ordre. Peu importe pourquoi, peu importe comment. Je suis entièrement à votre merci.»

    Etais-je allée trop loin dans mon abnégation ? S’il voulait me considérer comme sa «chose», soit. Cela me permettrait d’effacer ses soupçons...pour l’instant. Comment aurai-je pu lui dire : Moi, Emeraude Bennet, ancienne comtesse, il me tarde de me retrouver en face de mon adverse pour lui trancher la gorge. Comment lui avouer que la seule chose qui me fasse tenir est l’idée de vengeance et de retrouver ce qui m’appartient de droit ? Jamais je ne le ferai. Je suis là, à son service, à sa merci. Je le regarde droit dans les yeux, pour lui assurer ma bonne foi.

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