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 Un petit quart d'heure de libre. |Béa|

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Ariane du Mélèze
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MessageSujet: Un petit quart d'heure de libre. |Béa|   Sam 31 Déc - 18:04

Un petit quart d'heure de libre est vite mis à profit pour sortir, pour s'amuser. Du moins chez Ariane ça a toujours été comme ça. Elle n'aime pas vraiment rester inactive, bien qu'elle y arrive si besoin est, et utilise toute occasion pour faire ce qu'elle aime, ou ce qu'elle veut faire. Deux choses qui jadis se rejoignaient souvent mais entre lesquelles le temps avait décidé de mettre une certaine distance, en avançant. Mais Ari aime bien prendre le temps de faire les choses qu'elle aime, et celles-ci incluent ses habitudes de quand elle était gamine, habitudes qu'elle avait perdues pendant un certaine période de sa vie mais qui de plus en plus maintenant remontent à la surface. Ari est pour ainsi dire une fille des bois, aussi bien de par son nom que de par ses habitudes et son enfance. Elle a une relation très étroite avec la forêt, tout comme avec la prairie, les connaît comme sa poche si pas mieux, et ce depuis son plus jeune âge. En témoignait jadis le bas crotté de sa jupe déchirée à plusieurs endroits, et les écorchures qu'elle avait constamment aux bras et aux jambes, aujourd'hui sa fine et élégante musculature et sa souplesse féline, ainsi que les quelques brindilles emmêlées parfois dans ses cheveux blonds. Cheveux par ailleurs très doux, soyeux, bouclant sur les côtés de son visage et dans le bas de son dos, d'une blondeur dorés qui vous éblouit quand éclairée par le soleil. Ils riment à merveille avec son sourire, parfois rire, espiègle et la pointe de moquerie qui pique dans ses yeux verts. Les quelques taches de rousseur qu'elle possédait étant petite ont fini par disparaître, laissant place à une peau de crème de lait. Mais, bien qu'ayant beaucoup d'autres choses à faire, des devoirs comme les gens appelaient ça – mot qu'Ari n'appréciait pas du tout – sa préférence pour le « dehors », l'aise, le naturel qu'elle ressentait une fois sortie, ne l'avaient jamais vraiment quittée.

Aujourd'hui, elle a décidé de mettre à profit sa sortie pour s'entrainer un peu. Cela n'est pas facile de rester au même niveau que les chevaliers d'Arthur auquels elle appartient tout en étant retenue chez Geoffroy de Méryl par ses devoirs de domestique. Elle ne peut se permettre que quelqu'un remarque sa vraie appartenance et son camp véritable, et s'entrainer est donc pour elle un problème important, puisqu'elle ne peut pas se rendre à Camelot régulièrement. Aussi, a Camelot, il y a bien peu de gens qui savent qu'elle est servante de Geoffroy, ce qui lui facilite la tache, l'autorisant à ne pas toujours être présente lors de petits incidents au chateau. Jusque lors, personne n'a remarqué ses abscences rares pendant lesquelles elle se rend vraiment au Camp d'entrainement d'Arthur. Mais entre temps, lorsqu'elle est au chateau de Geoffroy, Ari n'a d'autre choix que de s'entrainer avec les moynes du bord, c'est à dire en cachette. Le plus simple pour elle est de sortir se promener avec son arc et ses flèches afin d'améliorer la précision de ses tirs. Elle a trouvé un endroit ou le cacher, en haut d'un arbre du petit bois. Bien qu'elle ne se sente pas encore tout à fait chez elle dans le jardin du comte, elle a besoin de plusieurs années pour approvoiser complètement la nature, elle retrouverait cet arbre même dans le noir, et pourtant il ne ressort pas vraiment du décor alentour. Ainsi, elle n'a qu'à le monter pour chercher soit son arc, soit son sabre. Et aujourd'hui, c'est qu tir à l'arc qu'elle avait décidé de s'entrainer, d'où l'arme pendant sur son épaule droite et la sacoche de flèches sur la gauche.

Le parc du château de Geoffroy de Méryl est un endroit étonnamment semblable au comte. Tous deux sont beaux à voir, et grands, très grands. Autant Geoffroy est fourbe et rusé, autant le jardin est mystérieux et, parfois, dangereux. Ari sait que Geoffroy a aussi des qualités, mais elles perdent leur valeur devant les viles idées qui animent son esprit. Elle ne connaît pas grand chose à la politique actuelle ni aux raisons passées du comportement de son Maître, mais ce qu'elle sait sur lui lui suffit pour le juger. Tout comme elle juge Arthur, aussi. Elle aurait, à vrai dire, bien aimé ne même pas sentir le besoin de s'en mêler, mais, sûrement à cause de l'âge, elle se sent engagée dans ce qui se passe aujourd'hui. Elle a récolté pas mal d'informations au château du Comte de Méryl, le genre de ragots colportés par les autres domestiques avec lesquels elle travaille. On a beau dire que les rumeurs sont fausses, elles doivent bien être fondées sur quelque chose, et on peu remonter à ce quelque chose bien facilement, quand on est doté d'une intelligence comme celle d'Ari. Elle n'a jamais vraiment eu besoin d'écouter aux portes pour découvrir ce qu'elle voulait. Ce doit être son esprit ouvert, son sourire ou encore ses yeux qui inspirent confiance au point d'être d'accord de partager avec elle les petits secrets dont tout le monde est au courant.

Ari est fière en se disant qu'elle n'a aucun ennemi. Elle ne les envie pas, les hommes de pouvoir et d'influence, car en se faisant des amis, ils se font aussi des ennemis. Elle-même est encore trop nouvelle pour pouvoir dire qu'elle a des amis, pour elle, les connaissances restent des connaissances, même s'il y en a qui se comportent comme si elle était leur amie, auquel cas elle s'efforce de continuer à le leur faire croire. Sadique ? Peut-être bien, mais plutôt solitaire. Cela ne lui fait pas grand chose que de se promener seule autour de l'étang, comme elle le fait à l'instant. Elle apprécie simplement la brise fraîche qui joue avec ses cheveux, qui décore l'eau de vaguelettes, qui remplit l'atmosphère de la douce musique des feuilles des arbres qu'elle fait bruire... Elle apprécie ce calme, et ces nouveaux alentours qu'elle n'a pas encore eu le temps de découvrir entièrement. Il est vrai qu'ils ne la tentent pas réellement, d'un point de vue esthétique ; les arbres qui constituent le petit bois vieux et grand se découpant dans le ciel bleu en des silhouettes noires inquiétantes, les bosquets jadis bien taillés mais aujourd'hui difformes, les mauvaises herbes envahissantes, l'étang verdi par les algues et les feuilles en décomposition tombées dedans... Pourtant, le tout a un certain charme, une beauté attirante. Et puis, Ari ne juge pas les choses – ni les hommes – par leur apparence. Et elle doute qu'elle ne ressente pas une certaine affection pour cet endroit glauque et sombre.


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Béatrix Ys
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MessageSujet: Re: Un petit quart d'heure de libre. |Béa|   Mer 18 Jan - 4:04

Assise dans l’herbe, dissimulée derrière une petite colline, le regard absent, j’aurais sans doute pu former un tableau très bucolique si l’environnement n’avait pas été aussi morbide. Pas la moindre fleur, des arbres aux branches nues et cet étang verdâtre un peu plus loin… Non, tout cela n’a définitivement rien de bucolique. Et pourtant j’apprécie cet endroit. Pourquoi ? Tout simplement parce que cette partie du parc a toujours été plus ou moins laissée à l’abandon, et donc peu fréquentée par tous ces nobles de la cour qui rechignent souvent à risquer de salir leurs si beaux atours dans la boue. C’est donc ici qu’on a le plus de chance d’être tranquille, et moi, hormis quelques rares personnes de confiances, j’apprécie assez la solitude. Sauf qu’aujourd’hui je ne suis pas seule. Non. Il y a moi. Et le cadavre.

Moi et le cadavre. Le cadavre… En vérité, mon esprit est si confus que me propres pensées ont du mal à s’y frayer un chemin. Je ne comprends même plus ce que je pense. Encore moins ce qu’il se passe. Je ne comprends plus rien. Mon regard passe alternativement de mes mains blanches, tâchées de sang vermeil, à ce visage inexpressif, figé à jamais par la mort ; sans pour autant que je ne parvienne à faire le lien entre les deux.

Et puis lentement, très lentement, les rouages se mettent à cliqueter dans mon esprit ; et je me souviens. Je me souviens que je ne me souviens pas. De rien. Ce que je fais ici, comment et pourquoi j’y suis venu, ce qui s’est passé ici… et surtout comment je peux me retrouver maintenant seul avec un cadavre ! Qui a bien pu tuer cet homme ? Je n’en ai pas la moindre idée. Je ne me souviens pas, et pourtant j’ai sans doute tout vu….

La seule chose dont je sois certaine, c’est que je connais cet homme-là pour l‘avoir déjà rencontré à des nombreuses reprises auparavant. C’est un des magiciens de notre roi, tout comme moi, et pas plus tard qu’hier, il m’aidait très gentiment à retrouver cette amulette que j’avais perdu. Et aujourd’hui il est mort, là, devant moi. Et j’ai son sang partout sur moi. Et je déteste le sang.

C’est cette dernière pensée qui me fait brusquement prendre conscience de toute l’horreur de la situation. Est-ce que c’est moi qui ai fait ça ? Est-ce que c’est moi qui l’ai tué ? Prise d’une sorte de spasme nerveux, j’essaie fébrilement d’essuyer dans l’herbe tout ce sang que j’ai sur les mains. Comme si ça pouvait tout effacer.

Mais non, ce n’est pas possible ! Moi qui passe mon temps à essayer de raisonner Gabriel, je ne peux pas réellement avoir commis un meurtre. Et le meurtre d’un homme duquel je n’ai jamais pensé le moindre mal, par-dessus le marché… Non, non, NON ! Je ne suis pas une meurtrière. Ce n’est pas moi. C’est… elle ?

Elle, c’est cette… chose, cette entité mystérieuse et inquiétante qui ne cesse de me suivre et de me harceler depuis que je l’ai très probablement libérée en sauvant Gabriel. Enfin, c’est la conclusion à laquelle je suis parvenue dernièrement, sans oser en parler à personne, toutefois. Alors serait-il possible que non contente de me terroriser jours et nuits, cette chose soit aussi capable de m’obliger à commettre ses forfaits à sa place ? Et sans que je ne me souvienne de rien ? C’est l‘hypothèse la plus probable. Et aussi la plus terrifiante.

Et maintenant, que dois-je faire ? M’enfuir et laisser là le mort en espérant que personne ne m’ait vu ? Ou affronter mes responsabilités comme il se doit ? Alors que je me pose cette question tout à fait immorale, j’entends de bruits de pas non loin de là.

Quelqu’un vient. Quelqu’un qui malgré le fait que je sois pour l’instant dissimulée par cette colline, pourrait très bien finir par me trouver. A cette idée, j’ai tout de la gamine prise en faute. Sauf que là, il ne s’agit pas d’avoir cassé le vase préféré de ma mère. Il s’agit d’un meurtre ! Et qui voudra croire que je n’en suis pas vraiment responsable ?

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Ariane du Mélèze
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MessageSujet: Re: Un petit quart d'heure de libre. |Béa|   Sam 28 Jan - 0:40

Un regard fixé sur la cible pendant une seconde, un petite mouvement du pouce et de l'index, et le flèche libérée de leur emprise part, expulsée par la force de la corde de l'arc qui se détend brusquement par la même occasion. Un infime courant d'air, et un bruit imperceptible de frottement entre la flèche et son milieu de propagation. Enfin, le petit choc amorti lorsque loin, très loin, elle se fiche à quelques petits centimètres de là ou Ari l'aurait voulu, à savoir au centre d'un nœud formé sur un chêne. Celui ci se trouvait derrière une petite colline et on n'en voyait pas le tiers du tronc, mais il lui serait sûrement possible de récupérer sa flèche, même si elle n'était pas particulièrement grande, ni particulièrement petite d'ailleurs. Le vol d'une telle flèche, c'est quasiment impossible à intercepter, aussi bien visuellement qu'auditivement. A part si comme Ari on est l'auteur du tir, ou alors comme le chêne dans ce cas là le récepteur. Dans des cas très rares, il peut se trouver quelqu'un de très entraîné au niveau des armes, du combat et surtout de l'anticipation et de sa capacité à être sur ses gardes, et ce quelqu'un pourrait éviter un coup fatal qu'il aurait pu se recevoir par derrière par exemple, ou lors d'une attaque par surprise. Mais en général, un bon tir à l'arc est imparable et imprévisible. Et au point où elle en est, Ariane pense pouvoir affirmer que ses tirs commencent à ressembler à de bons tirs. A une centaine de mètres, il est très difficile d'atteindre sa cible de manière précise, et elle est fière en constatant que la sienne s'est fichée juste à côté du nœud, dans l'écorce parcheminée de l'arbre. Sa vitesse était exemplaire et la droiture de sa trajectoire aussi. Il ne reste plus qu'à travailler la précision, alors elle pourra sans se vanter se considérer comme une bonne archère. Du Roi Arthur, s'entend.

Ari marche donc en direction de la colline et la gravit, lentement. Tout, dans ses mouvements, traduit la grâce et la force, ainsi qu'une agilité sans pareille. Bien que vêtue de sa robe de service car domestique chez Geoffroy, robe qui a le défaut de n'être pas très riche ni très confortable, ses muscles sont palpables dans l'air environnant et la finesse de sa taille est renforcée par ses rondeurs au niveau de la poitrine elle mêmes mises un peu trop en valeur par un décolleté osé pour plaire aux hommes qu'elle rencontrerait dans le château ou sur le domaine de Méryl. Ses cheveux qui volent au vent derrière elle sont la seule chose, le seul accessoire bien à elle encore sur son propre corps, plus rien ne lui appartient vraiment de ce qu'elle porte, ni même l'arc. Elle n'est chevalière chez Arthur qu'à mi-temps, à dire vrai, et n'a pas d'arme à elle. L'arc, les flèches, le sabre, le cheval, l'armure... tout lui est prêté à Camelot. Même la chemise blanche qu'elle doit mettre en dessous de sa tunique de mailles, et le pantalon de cuir noir qu'elle doit enfiler afin de pouvoir monter à cheval et contrôler la bête avec la force de ses jambes seules. Quant à ses chaussures et vêtements actuels, c'est Geoffroy, ou plutôt son château, qui les lui prête. Elle n'a à elle que le pendentif d'or qu'elle porte attaché sur une lanière de cuir qui lui descend jusqu'au ventre et qu'elle rentre donc dans son bustier afin de ne pas le perdre et de l'avoir toujours sur soi. Elle a parfois l'impression d'être une étrangère complète à elle même, une étrangère bien pauvre, et tout à fait différente de ce qu'elle est vraiment, de qui, de comment elle est vraiment. Mais elle finit toujours par se dire que ce n'est pas de sa faute, premièrement, et deuxièmement que ça ne la concerne pas, c'est les autres qui ne la connaissent pas vraiment, et puis qu'après tout, cela ne les intéresse pas, en général, de la connaître.

En haut de la colline, Ari n'aperçut pas tout de suite ce qu'il s'était passé de mal, bien qu'elle l'ait tout de suite senti. Quelque chose clochait, quelque chose n'allait pas. Il y avait dans l'air comme une présence indéterminable, intouchable, invisible, incompréhensible. Et une odeur de sang. De meurtre. De mort. Cela se sentait, cela se savait, du moins Ari l'a su tout de suite. Elle a mis un peu de temps avant d'en trouver la source, toutefois. Mais désormais elle voit clairement la jeune femme assise dans l'herbe, noire, et semblant complètement perdue. De longs cheveux noirs dégoulinent dans son dos, sa robe blanche est entièrement tachée de rouge, et ses mains enveloppées d'un liquide encore chaud. Elle n'a pas l'air de réaliser totalement sa situation, du moins de derrière c'est comme si elle était dans une sorte de transe, de choc. Silencieuse. Immobile. Rien ne se passe. Devant elle, un corps, horrible, tous les membres ouverts et poignardés, une grosse flaque de liquide noir sous son dos. Un homme ? Une femme ? Difficile à dire, en fait. Mais un meurtre vient visiblement d'être commis, et c'est un meurtre louche, qu'Ari n'a pas l'impression de comprendre entièrement. Alors, poussée par sa curiosité naturelle - ou par sa nature curieuse - elle descend lentement la colline, contrôlant mouvements et pensées. Elle ne cherche pas vraiment à cacher sa présence, elle est sûre que la femme, à travers le voile qui semble la séparer du monde qui l'entoure, l'entend quand même se rapprocher. Mais l'atmosphère inquiétante, oui inquiétante, du milieu donne à Ari l'impression que ce meurtre n'est pas un meurtre classique, qu'un facteur essentiel lui échappe. A qui la faute, vraiment, si cette femme a l'air si terrorisée à la vue du cadavre, si ses yeux sont dilatés par la peur et sa bouche entrouverte ?
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MessageSujet: Re: Un petit quart d'heure de libre. |Béa|   Lun 30 Jan - 22:47

Tout n’est plus que sang. Ce liquide si précieux qui imbibe jusqu’à la moindre fibre de ma robe autrefois blanche. J’en ai partout. Dans les cheveux, sur le visage, sous les ongles, et cette odeur insupportable… Comment tout ce sang pourrait-il être arrivé là si ce n’est pas moi qui ait tué cet homme ? C’est tout bonnement impossible. Il a fallu non seulement que je le tue, mais même que je m’acharne sur son cadavre pour me mettre dans un tel état. C’est le constat auquel arriverait quiconque me verrait à l’instant, et donc probablement celui que va faire cette personne que j’entends maintenant approcher…

Je sais qu’elle est tout près maintenant. Qu’elle ma vue. Mais que devrai-je faire alors ? Essayer de m’enfuir pendant qu’il en est encore temps ? Attaquer ? Je réalise que je ne sais même pas à qui j’ai affaire. Mais peut-importe. Qui en ce château pourrait bien croire à mon innocence ? Je ne suis pas ici quelqu’un qu’on apprécie. Pour la majorité, je suis simplement cette magicienne un peu étrange qu’on tolère parce qu’on a guère le choix, tout simplement. Mais je n’ai pas le moindre doute sur le fait que beaucoup penseraient que mon exécution pour meurtre et trahison serait un événement à fêter dignement autour d’une bonne pinte de bière.

Tant mieux pour eux, ladite exécution est sans doute pour bientôt… Parce que stupide comme je suis, je ne réagis pas. Là où n’importe qui d’autre ayant un minimum d’instinct de conservation aurait agi, moi je ne fais rien. Je ne peux pas. Je me contente de rester immobile, les yeux baissés sur le cadavre affreusement mutilé qui gît devant moi. Mon œuvre, tout porte à le croire. Et pourtant je ne le sais pas. Je ne me souviens de rien.

Les bruits de pas se font de plus en plus proches, puis s’interrompent. Il, ou elle, est dans mon dos. Tout proche. Mais je ne me retourne pas. Rien dans mon attitude ne laisse supposer que j’ai pris conscience de cette présence. Et d’ailleurs rien ne laisse non plus supposer que j’arrive encore à être consciente de quoi que ce soit. Moi-même je me sens comme hypnotisée par ce mince filet de sang qui ruisselle d’une entaille sur le visage du mort. Du sang encore frais.

Pour une raison qui m’est à moi-même inconnue, je lève lentement la main, et du bout des doigts essuie maladroitement la joue du cadavre. Comme si j’espérais que ce simple effleurement allait lui rendre la vie qui lui avait été enlevé. Que je lui ai enlevé. Mais rien ne se passe, aucune magie quelconque n’opère, et le cadavre reste toujours aussi immobile et mutique qu’auparavant. Figé dans la mort. Cet homme-là a définitivement cessé de respirer.

En revanche, derrière-moi, je l’entends ce souffle si calme et régulier. Comment se fait-il que cette personne, qui qu’elle soit, n’ait pas déjà crié pour avertir la garde ? A moins qu’elle ne se prépare à tirer son épée pour m’achever sur le champ… A cette seule pensée, je crois presque l’entendre, le bruit d’une lame qu’on tire lentement de son fourreau. Et j’ai peur. Terriblement peur. Je ne veux pas terminer moi aussi à l’état de cadavre inanimé, aussi grotesque que sanglant, comme cet homme que j’ai sous les yeux. Je dois faire quelque chose. Agir.

Et c’est la peur, cette peur panique qui me serre le cœur, qui me pousse soudainement à réagir. Je me relève, me retourne brusquement. Trop brusquement. Cette transition brutale combinée au choc émotionnel me fait presque défaillir. Le monde entier semble tanguer devant mes yeux, je perds l’équilibre. Et pour ne pas m’effondrer je me raccroche à la seule chose que j’ai le temps d’agripper. C’est-à-dire l’épaule de mon inconnu. Ou plutôt de mon inconnue.

Derrière les larmes que je sens prêtes à ruisseler sur mes joues, je peux voir qu’il s’agit d’une jeune fille, elle est vêtue du même uniforme que les servantes du château. Une servante qui porte à l’épaule un arc et un carquois remplit de flèches… La vue d’une arme me ramène brutalement à la réalité, et je fais alors la seule chose qu’il serait préférable que je ne fasse pas dans cette situation. J’éclate en sanglot sur l’épaule de mon inconnue.

Des grosses larmes que je ne peux contenir viennent tâcher sa robe de servante, et j’agrippe encore un peu plus fort cette épaule qui me sert de soutien plus qu’autre chose. Mais je sais que je dois dire quelque chose, me justifier, la convaincre de mon innocence présumée. Sinon je suis fichue. Morte, et probablement pas enterrée. Je me lance, d’une voix rendue franchement pathétique par les sanglots que je suis incapable de calmer.

- Je… Ce n’est pas moi qui l’ai tué ! Je ne sais pas ce qui s’est passé. J’ai rien vu. Rien vu du tout, et… Je me souviens pas. Je ne me souviens plus… de rien… Mais je sais… Non, je ne sais pas… Rien. Mais c’est pas moi qui ai fait ça. J’en suis sûre… Presque. Mais je sais… je suis sûre que… je déteste ça ! … Le sang ! Et la mort… Tu ne dois rien dire ! Rien leurs dire à eux. Ils me haïssent alors s’ils savent ils me tueront. Et j’ai peur. Je ne veux pas mourir… Je n’ai jamais voulu tuer personne, tu dois me croire…

Et sur cette dernière parole proche de la supplication, je fais sans doute la chose la plus intelligente depuis le début de ce petit discours. Je me tais.

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MessageSujet: Re: Un petit quart d'heure de libre. |Béa|   Sam 4 Fév - 20:40

Longtemps, Ari demeure debout derrière la femme ensanglantée devant laquelle un corps mort se vide de son sang. Il est complètement défiguré, sa propre famille ne le reconnaîtrait pas si elle le croisait dans cet état. Ses nombreuses plaies sont encore fraîches et de beaucoup coule un liquide rouge, chaud et nauséabond. Elle a descendu la colline sans les quitter du regard, tous les deux. Malgré le fait qu'au fond, elle sache qu'ils n'allaient pas bouger. L'un car son cœur ne battait plus, l'autre car elle semblait sidérée à la vue du premier. L'apparente meurtrière est comme figée à la vision du cadavre, et Ari doute si elle l'a bien entendue arriver. Immobile, rien ne laisse soupçonner qu'elle ait conscience de quoi que ce soit qui l'entoure. Ari ne voit un moment que les cheveux et ils lui font alors douter de sa valeur de Chevalier d'Arthur. Est-on chevalier si la seule vue de cheveux dégoulinants de sang nous dégoutent ? Au point de vouloir en vomir ? Au point de vouloir courir, loin, s'échapper de cette vue horrible ? Ari résiste contre cette envie, ravala sa salive, détourne ses yeux. La femme a levé une main et l'a rapprochée du visage du cadavre. Elle essuie maladroitement un filet de sang qui en coule. Une tendresse furtive émane de ce geste si naïf, et si inutile, comme si elle voulait lui enlever un cil tombé sur sa joue, comme si elle voulait réveiller un mari dormant encore. Elle s'imagine tellement qu'avec ce geste, elle lui redonnerait la vie, lui insufflerait la chaleur nécessaire à remettre son cœur en mouvement. Mais c'est un maint espoir, influencé par la transe dans laquelle elle se trouve, et qui rend son esprit inapte à tirer les conclusions logiques, qui ne veut pas admettre l'évident.

Ari se calme derrière le théâtre du meurtre, et attend voire si la femme réagira à sa présence. Elle sait que dans les cas comme ça, il ne faut pas déranger l'inconsciente, elle n'en reviendrait pas, mentalement. Son esprit en serait perturbé, elle pourrait mal comprendre des choses. Elle pourrait rester folle jusqu'à la fin de ses jours. Car aussi absurde que cela semble, elle a l'air sidérée par le meurtre qu'elle vient de commettre. Ari ne le comprend pas très bien. Il y a d'ailleurs derrière cette colline toute une atmosphère qu'Ari ne comprend pas, comme si... comme si rien. Elle ne peut ni se l'expliquer, ni le comparer à quelque chose. Elle voit le mort et la meurtrière, l'un plus immobile que l'autre, plus rouges l'un que l'autre. La main découverte de la femme est maculée de sang séché, sa robe a perdu sa blancheur originale et est même déchirée à plusieurs endroits. Le cadavre, quant à lui, est troué à plusieurs endroits, là où la dague l'a transpercé. Au moins une douzaine de fois a-t-il été frappé. D'où l'omniprésence du rouge. Le souffle d'Ari se régularise et elle finit par se dire que oui, elle est bien Chevalier chez Arthur, ce n'est pas pour rien qu'elle possède le carquois plein de flèches aux couleurs de l'autre camps, ainsi qu'un arc de qualité et une armure légère et confortable, dans laquelle elle peut monter un cheval de l'écurie de Camelot et combattre au front. Elle n'a pas la fortune nécessaire pour s'acheter un équipement à elle et doit donc bénéficier de celui que l'armée veut bien lui procurer. Mais elle fait partie de ses rangs, et est même une Chevalier exceptionnelle, puisque comme elle vient de le remarquer, elle possède un cœur tout en étant dotée d'une force morale et physique certaines. Cela fait ses qualités, en plus d'une agilité sans pareille et un sens de la précision exquis. Oui, elle est forte, et elle sait maintenant que cette femme ne l'est pas autant qu'elle, et qu'elle a devoir de l'aider.

En effet, l'instant d'après, elle la voit se lever brusquement puis tanguer, tituber si violemment qu'elle l'accroche à l'épaule, salissant la robe de domestique qu'elle porte du sang dont sa main est pleine. Ari le sent s'imbiber dans le tissu et le transpercer, jusqu'à humidifier sa peau. La tache dépasse le contour de la main qui reste accrochée. Elle détourne le regard et contrôle avec peine mais succès le réflexe d'enlever cette main si insolemment posée sur elle, de sorte à ce qu'elle doive tenir tout le poids. Au contraire, elle tend son bras gauche et soutient l'assassine au côté. Elle voit ses yeux embués de larmes qui viennent de réaliser le gros de la situation, et comprend aussi qu'elle n'envisage pas du tout les conséquences possibles de son acte. Car elle n'est pas vraiment coupable, cela se voit. Bien qu'Ari ait toute envie de lui remettre la faute, elle ne peut. La peur la submerge, entièrement, prend le dessus sur ses autres pensées, son possible dégout, sa nausée certaine. Peu de personnes sont habituées à la vue du sang, et la femme n'en fait certainement pas partie. Elle tremble toute entière puis éclate en larmes. Elle se blottit sur la poitrine de Ari qui a un mouvement en arrière avant de se reprendre à nouveau en main, et tant pis pour la robe, définitivement. Il lui faudrait inventer une excuse, mais elle s'en occuperait plus tard. Pour l'instant, priorité à la femme en détresse. Et justement, cette dernière s'écarte de Ari et se met à se justifier, sans aucun ordre, proférant tout ce qui lui vient par la tête, ce qui témoigne de sa sincérité mais aussi de son état.


- Je… Ce n’est pas moi qui l’ai tué ! Je ne sais pas ce qui s’est passé. J’ai rien vu. Rien vu du tout, et… Je me souviens pas. Je ne me souviens plus… de rien… Mais je sais… Non, je ne sais pas… Rien. Mais c’est pas moi qui ai fait ça. J’en suis sûre… Presque. Mais je sais… je suis sûre que… je déteste ça ! … Le sang ! Et la mort… Tu ne dois rien dire ! Rien leurs dire à eux. Ils me haïssent alors s’ils savent ils me tueront. Et j’ai peur. Je ne veux pas mourir… Je n’ai jamais voulu tuer personne, tu dois me croire…

Enfin, elle se tait. Alors, Ari, complètement convaincue, décide de passer à l'action. Elle l'assoit, dans un premier temps, et s'assoit à côté d'elle. Il s'agit avant tout dans un premier temps de la calmer, de la rassurer.

- Je te crois, ne t'inquiète pas, et je ne suis pas ton ennemie. Je vais t'aider. Fais moi confiance, tout ira bien.

Elle marque un temps, avant d'enchaîner :

- Viens, aide moi à le tirer jusqu'à l'étang, pour que personne ne le voie. Il faudra aussi te laver un peu.

Elle se dirige vers le cadavre, le prend par les aisselles et le tire. Elle n'attend aucune aide de la meurtrière, cela lui suffit amplement qu'elle la suive jusqu'à l'étang.
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Béatrix Ys
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MessageSujet: Re: Un petit quart d'heure de libre. |Béa|   Sam 11 Fév - 15:17


Je n’ai jamais été très douée pour les grands discours, mais là, je dois bien reconnaître que je me suis surpassée. Dans la bêtise. Rien de ce que j’ai pu dire n’était très compréhensible, même pour moi ; et je suis à peu près sûre de m’être moi-même contredis. Cela ajouté à mon état de confusion général, je crois que je ne pourrais même pas en vouloir à la jeune fille de me prendre pour une dangereuse psychotique. Le genre de cinglée qu’on préfère voir au cachot qu’en liberté, pour la sécurité de tous. Et après tout elle n’aurait peut-être pas tort de le penser. Quand on en vient à tuer quelqu’un sans même s’en rendre compte, c’est qu’on a un problème, et pas des moindres.

Mais la jeune fille, elle, ne semble pas avoir suivi ce raisonnement pourtant logique. Apparemment convaincue par mes justifications bancales, elle me fait assoir, avant de prendre place à mes côtés.

- Je te crois, ne t'inquiète pas, et je ne suis pas ton ennemie. Je vais t'aider. Fais moi confiance, tout ira bien.

Je suis tellement surprise qu’elle me croie que je ne trouve strictement rien à lui répondre. J’aimerais dire quelque chose pourtant. Quelque chose d’intelligent pour lui montrer que je peux l’être, après m’être ridiculisée en divagations confuses. La remercier serait un bon début. Et pourtant rien ne sort, rien du tout. Je reste silencieuse et interdite.

- Viens, aide moi à le tirer jusqu'à l'étang, pour que personne ne le voie. Il faudra aussi te laver un peu.

Me laver ? … Ah oui, il est vrai que rentrer au château couverte de sang ne serait sans doute pas très discret. Je regarde la jeune fille – dont j’ignore toujours le nom – se lever et attraper le cadavre pour le tirer jusqu’à l’étang. Mon regard passe alternativement de ma toute nouvelle alliée au corps sans vie, pour ensuite s’égarer dans la contemplation de cette vaste étendue d’eau vaseuse dans laquelle le cadavre devrait bientôt disparaître à jamais. Et je ne réagis pas. Je reste aussi immobile qu’une statue de cire, fixant d’un regard vide la jeune fille qui semble peiner à trainer le corps.

Je dois faire un véritable effort de volonté pour enfin me décider à la suivre. Avec des gestes qui manquent tant de naturel qu’ils en paraissent presque mécaniques, je me penche pour attraper le cadavre par les chevilles et nous finissons non sans mal par réussir à le jeter dans l’étang. Le corps flotte un instant à la surface de l’eau, vision la plus glauque qui soit, avant de s’enfoncer lentement pour disparaitre à jamais (espérons-le) dans les profondeurs de l’étang.

Immobile, je fixe la surface redevenue lisse de l’eau. Je viens de dissimuler un cadavre. J’ai tué un homme. Moi. Un homme qui avait probablement une famille, une femme et des enfants. Et moi j’ai jeté son cadavre comme un vulgaire déchet… Je secoue la tête comme si cela pouvait m’aider à chasser cette insupportable pensée de mon esprit. Il faut que je me ressaisisse. Je ne suis pas seule. Mon attention se reporte sur la jeune fille qui m’accompagne.

- Merci… Enfin je ne sais pas très bien si on peut remercier pour ça.

Ça. Un acte immonde en soi, mais qui m’a probablement sauvé la vie.

- Je… n’ai aucune idée de ce qui a bien pu se passer. Je ne peux pas l’expliquer. Mais je suis vraiment désolée que tu es été mêlée à ça. Je ne voulais pas…

Et je dis la vérité. Presque. En réalité j’ai bien une petite idée de ce qui a pu se passer. Mais elle est si terrifiante que je me sens incapable ne serait-ce que de la formuler à haute voix.

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MessageSujet: Re: Un petit quart d'heure de libre. |Béa|   Lun 13 Fév - 10:47

- Je te crois, ne t'inquiète pas, et je ne suis pas ton ennemie. Je vais t'aider. Fais moi confiance, tout ira bien.

L'apparente criminelle ne dit rien, n'arrive à rien dire en réponse aux paroles de Ari qu'elle voulait pourtant réconfortantes. Son état de choc doit vraiment être grave. Peut être ne l'a-t-elle pas comprise, peut être ne l'a-t-elle même pas entendue ? Cependant, Ari réessaye.

- Viens, aide moi à le tirer jusqu'à l'étang, pour que personne ne le voie. Il faudra aussi te laver un peu.

Alors, la jeune femme semble enfin réfléchir, se rendre compte un tant soit peu de son état, mais reste encore toujours silencieuse. Dans ses yeux, Ari voit ses sens revenir, son effarement céder peu à peu. Alors, elle se lève et se dirige vers le cadavre défiguré et plein de sang de partout pour le prendre sous les bras et le tirer en direction de l'étang. Il est plus lourd qu'elle ne le croyait, même si le poids du sang dont il s'est vidé devrait l'alléger un peu. Mais ce doivent être la masse de muscles et de graisse qu'il possède, et qui se sont détendus dès que le cœur s'est arrêté de battre, qui donnent cette impression de lourdeur au corps entier. Malgré elle, Ari chancèle à chaque pas qu'elle fait, le cadavre ne voulant pas avancer régulièrement mais par à-coups, tantôt collé au sol et tantôt se libérant de cette adhérence, si bien qu'il lui est bien plus difficile de le traîner jusqu'à l'étang qu'elle ne le croyait. Elle ne veut pas laisser voir les difficultés qu'elle éprouve, mais apparemment la tâche en a décidé autrement. Alors, la meurtrière se lève à son tour et la rejoint pour l'aider, avec des mouvements tellement pas naturels que cela se remarque. Elle semble être dégoûtée à la vue du sang qu'elle-même a répandu et dont elle est elle-même couverte. Non, ce ne peut pas être elle, c'est juste impossible. Elle le prend par les chevilles et, ensemble, elles le jettent le plus loin possible dans l'étang vaseux. Un moment, le cadavre reste à la surface de l'eau, et des cercles rouges apparaissent d'en dessous de lui encore, comme s'il n'avait pas déjà assez perdu de sang, avant de couler lentement dans les profondeurs de l'étang. L'inconnue est parfaitement immobile sur la rive, les yeux fixés sur l'endroit où vient de disparaître sa victime. A nouveau, son état psychologique s'aggrave, ses yeux se dilatent, son souffle s'accélère. Le remarque-t-elle seulement ? Cette interrogation d'Ari est vite répondue, car soudain, tout change, chez sa compagne. Elle semble se ressaisir, elle tourne la tête vers Ari, et prononce, d'une voix contrôlée, mais sincère :

- Merci… Enfin je ne sais pas très bien si on peut remercier pour ça.

Elle a insisté sur le "ça", et Ari la comprend très bien. Dissimuler un meurtre, dissimuler un crime. Faire disparaître un cadavre, le cadavre d'un homme dans la force de l'âge, qu'attendent sûrement chez lui une femme et des enfants. C'est encore pire que de devoir leur annoncer qu'il est mort. Il sera seulement porté disparu, la pluie effacera les traces de sang qu'il a laissées en étant trainé jusqu'ici, et personne ne saura ce qu'il en est advenu. Seules Ari et la femme pourraient témoigner, mais ne le feront pas, sans quoi elles seraient accusées de meurtre elle-mêmes, à tort dans les deux cas. Non, elles ne parleront pas, le seul fait de partager ce secret le rendra déjà moins lourd. Elles resteront en contact, Ari l'a su dès qu'elle l'a vue, ensanglantée et abattue, du haut de sa colline. Un lien s'est formé entre la criminelle innocente et la première à l'avoir vue. Elle l'aiderait à s'en sortir, à quitter les lieux sans que personne ne soupçonne quoi que ce soit, et ce serait la nature qui se chargerait de la suite. Des nuages gris, noirs, lourds menaçent de déverser leurs larmes sur le pays, il y en a tellement qu'Ari n'a crainte : les traces seront effacées. C'est sûr.

- Je… n’ai aucune idée de ce qui a bien pu se passer. Je ne peux pas l’expliquer. Mais je suis vraiment désolée que tu aies été mêlée à ça. Je ne voulais pas…

La deuxième partie de la phrase est sincère, Ari le sait, elle le sent. Mais elle sent aussi qu'il y a quelque chose, qu'il y a quelqu'un, plutôt, et que l'innocente meurtrière le sait mais ne veut en parler. Très bien, elle attendra, elle a du temps. Elle ne va pas la presser, ce ne ferait qu'aggraver son état déjà bien assez sérieux. Ce qu'elle fait toutefois est l'agenouiller au bord de l'étang et prendre de l'eau dans ses paumes pour laver les mains, non les avants-bras tout couverts de sang séché de la femme. Elle ne le ferait pas toute seule. S'il lui est désormais possible de réfléchir, elle ne peut faire de véritables mouvements, elle a besoin d'aide, de quelqu'un qui le fasse à sa place. Et ce quelqu'un est Ari. Elle n'aurait osé le faire chez des personnes en bonne santé mentale et physique, elle ne l'avait fait que pour sa mère, malade avant de mourir. Et maintenant, elle est contrainte à refaire ces gestes qu'elle avait espéré ne jamais devoir refaire. Une seconde, son esprit est assailli par les souvenirs douloureux qu'elle croyait avoir écartés mais qui revenaient à la surface, mais elle ferme les yeux pour les rouvrir, sachant qu'elle se maîtrise et qu'elle ne risque plus de fondre en larmes ou de s'évanouir comme cela lui arrivait si souvent après la mort de sa mère. Elle passe ensuite aux cheveux, baissant la tête de la femme et la tournant de façon à ce que ses cheveux plongent dans l'eau. Celle-ci devient vite rouge tandis qu'Ari frotte les cheveux dans ses mains, sentant les mèches se décoller entre ses doigts. Elle finit par les sortir de l'eau et découvrir leur couleur noire et pure, comme les plumes d'un corbeau. Elle les essore, puis elle lui sourit.

- Vas-y, lave toi le visage toi-même. Ou veux-tu que je le fasse ?

Et c'est autant par appréhension de le faire elle-même que par envie d'évaluer son état qu'Ari lui dit ça. Et elle espère avec ferveur qu'elle apprendra un peu plus sur cette atmosphère mystérieuse qu'elle sent et dont la femme sait quelque chose.
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MessageSujet: Re: Un petit quart d'heure de libre. |Béa|   Lun 13 Fév - 12:58

De gros nuages menaçants se sont formés à l’horizon. A croire que le temps s’accorde parfaitement avec mon humeur, sauf qu’à défaut de gouttes de pluie, ce sont plutôt les larmes qui menacent de ruisseler sur mes joues. Je m’efforce de me ressaisir. Après tout, il faut voir le positif dans l’affaire : la pluie devrait se charger d’effacer toutes les traces des… « évènements » récents. Du meurtre. Mais ce mot est trop chargé de violence sous-jacente pour mon pauvre esprit troublé.

Alors que je me perds à nouveau dans mes sombres pensées, je sens une main se poser sur la mienne. La jeune fille, visiblement consciente que je suis incapable de m’en charger moi-même, entreprend de me laver les mains, puis les avant-bras dans l’eau de l’étang. Tandis qu’elle poursuit sa tâche, elle m’apparait étrangement troublée, comme si cela faisait remonter en elle quelque souvenir douloureux. Mais elle se ressaisit bien vite, et passe ensuite à ma chevelure poisseuse de sang. Alors qu’elle me force plus ou moins à me retourner, je me laisse faire sans rien dire.

Si l’être humain a généralement tendance à vouloir tout contrôler, moi, c’est tout l’inverse que je souhaite en ce moment. M’abandonner, et surtout, ne pas réfléchir, ne pas penser, pour pouvoir ne serait-ce qu’un instant oublier que mon existence vient probablement d’être bouleversée à jamais. Oui, c’est cela que je veux. Fuir mon indéniable responsabilité. Qu’on s’occupe de moi, et qu’on gère à ma place cette situation si traumatisante. Mais la fuite n’est pas une bonne solution. Jamais.

- Vas-y, lave toi le visage toi-même. Ou veux-tu que je le fasse ?

En disant cela, elle m’a souri. Je me demande comment elle peut en être capable après la scène dont elle a été témoin. Le moins qu’on puisse dire, c’est que je lui dois beaucoup, alors j’aimerais bien réussir à lui rendre ce sourire. Mais j’ai l’étrange impression que tous les muscles mon visage sont comme figés. Allez… On relève le coin des lèvres, puis l’autre… C’est bien un sourire. Mais dans le genre mécanique et crispé, je pense qu’on peut difficilement faire mieux. Enfin, je fais ce que je peux.

- Merci. Ça devrait aller.

Après cette timide preuve de bonne volonté, je me résous enfin à obéir. Me penchant un peu au-dessus de l’eau trouble, j’entreprends de me laver sommairement le visage, dissimulant ainsi les dernières traces de « l’accident. » Et c’est alors que je vais me redresser que je le vois. Mon reflet. Ou plutôt son reflet.

De longs cheveux blonds et ondulés, légèrement emmêlés, et cette moue presque mélancolique…

- Meredith !

Je m’écarte brusquement de l’eau, m’asseyant sur l’herbe, aussi sonnée que si je venais de prendre un mauvais coup. D’une main fébrile, j’attrape une mèche de mes cheveux humides, comme pour vérifier qu’ils sont (et restent) d’un noir de jais. Et pourtant je l’ai vu ! J’ai vu son reflet qui semblait presque me fixer d’un regard perçant. Qu’est-ce que cela peut bien signifier ? Est-ce que mes pires craintes pourraient s’avérer fondées? Non seulement j’aurais malencontreusement libéré un esprit responsable de ce meurtre atroce, mais en plus de cela, il s’agirait de la défunte femme de mon ancien ami ? Tout cela n’a aucun sens, rigoureusement aucun sens. Apeurée par cette perspective terrifiante, j’enfouis mon visage dans mes mains.

- Elle… C’est elle qui l’a tué !

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Dernière édition par Béatrix Ys le Mer 15 Fév - 15:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un petit quart d'heure de libre. |Béa|   Mer 15 Fév - 11:39

- Vas-y, lave toi le visage toi-même. Ou veux-tu que je le fasse ?

La femme s'est laissée faire pendant toute l'opération précédente qui consistait à laver ses bras et ses cheveux. Elle ne semble pas vouloir faire quoi que ce soit elle-même, elle a même l'air plutôt contente qu'on s'occupe d'elle. Et Ari sait qu'elle en a besoin, en ce moment. Elle voit ses yeux embués, moins dilatés qu'avant, soit, mais menaçant d'éclater en sanglots désormais. Ari aussi a eu cette impression pendant cinq secondes, avant de la chasser violemment, mais elle sait que la femme s'en est aperçue, et ce au même moment qu'elle s'est aperçue de sa propre tristesse. Pourtant, malgré cette maigre ressemblance, les deux personnages diffèrent totalement de par leur comportement, l'une abattue et sans volonté tandis que l'autre cherche à l'aider du mieux qu'elle peut. Elle lui offre un sourire réconfortant, sensé lui redonner courage, et est heureuse en observant une réponse, bien que forcée et crispée, sur le visage de la meurtrière. Oui, c'est bien un sourire qu'elle lui rend, qu'elle essaye de lui rendre, malgré la tension visible dans les muscles de son visage. Ses yeux regagnent pendant une seconde un semblant d'éclat. Elle fait des efforts, et Ari lui en est reconnaissante. Mais va-t-elle vraiment réussir à la sortir du trou sombre où elle s'est tapie ? Va-t-elle vraiment réussir à faire revenir la bonne humeur, l'insouciance qu'elle distingue dans sa compagne ? Va-t-elle réussir, elle, Ari, une fille de 16 ans, même pas majeure, à aider vraiment la femme en face d'elle ? Elle a déjà essayé, avec sa mère, et ça n'avait pas marché. Cela remonte à ses 15 ans, et elle s'efforce de ne plus y penser négativement, elle est redevenue joyeuse comme avant, après quelques mois de tristesse, de colère et de reproches. Pourquoi des souvenirs aussi mauvais doivent-ils revenir à la surface maintenant, alors qu'elle s'apprête à une opération de psychologie qui lui demandera beaucoup de patience et de volonté ? Pourquoi doivent-ils venir l'abattre et l'affaiblir alors qu'elle veut aider une femme en détresse ?

- Merci. Ça devrait aller.

Elle se penche alors et prend de l'eau dans ses mains afin d'en asperger son visage. Elle répète ce geste plusieurs fois, sous les yeux attentifs d'Ari. Elle frotte ses joues et son front, ainsi que ses yeux quelque peu. La chose qu'Ari souhaite le moins alors est qu'elle tombe dans l'étang, perdant l'équilibre, ou prise d'un soudain vertige. Elle aurait peut-être dû le faire aussi à sa place... Elle est prête à la rattraper, maintenant, elle a tendu ses mains vers elle, les tient à quelques centimètres à peine de son corps. Mais tout semble aller bien, et elle se détend alors, souriant pour elle même face à ce petit succès qui annonce la venue d'autres, plus grands, jusqu'à ce qu'elle s'en soit remise complètement. Car elle s'en remettra. Elle n'en a pas l'air, mais c'est une femme forte, et elle s'en sortira. Elle aura besoin d'aide et de temps, mais ça, Ari le sait, et elle y est prête. Elle ne sait pas vraiment ce qui la pousse à vouloir aider une criminelle, ce qui la pousse à ne pas la dénoncer, à ne pas appeler les gardes... Elle sait juste qu'elle doit le faire, qu'elle doit tout faire pour l'aider, c'est comme un appel venu d'elle-ne-sait-où mais qu'elle ne peut ignorer. Elle ne le comprend pas tout à fait, mais elle sait, donc elle fait. Elle n'est pas vraiment habituée à obéir comme ça, sans comprendre, à l'aveuglette, mais de toute façon, elle sent qu'il y a quelque chose d'anormal dans cette affaire, que la femme a besoin d'aide, et elle fait assez confiance à ses sens pour les suivre.

- Meredith !

Ari tourne la tête en vitesse, focalise son regard, surprise et inquiète. Que vient-elle de dire ? Pourquoi s'est-elle exclamée de la sorte, et si soudainement ? Divague-t-elle à nouveau ? Elle fait presque un bond pour s'écarter de l'étang, s'assoit - non, tombe - par terre dans l'herbe. Un bond brusque, étrangement contrôlé. Fébrilement, elle prend une mèche de ses cheveux et les ramène devant ses yeux, les palpe de ses doigts, les observe avec des yeux affolés. Que se passe-t-il ? Qu'a-t-elle vu ? Elle a sûrement vu quelque chose, quelque chose qui l'a choquée, perturbée à nouveau, fait changer de comportement encore tout en restant dans le même état de choc. Maintenant, c'est des petits mouvements qu'elle fait, avec ses doigts, ses yeux, ses jambes... Elle donne l'impression de trembler. Ari ne comprend plus rien. « Tout va bien, je suis là », dit-elle, mais elle ne l'entend même pas. Elle cache son visage dans ses mains, et baisse un peu la tête, comme si elle voulait pleurer. Elle doit en effet être au bord de la crise. mais ce ne sont pas les larmes qui menacent de sortir. C'est plutôt crier qu'elle veut. Et c'est de manière contrôlée qu'elle s'exclame :

- Elle… C’est elle qui l’a tué !

Alors, Ari comprend. Elle vient de voir, ou d'accepter de voir, ce qui clochait dans tout ce meurtre. Elle vient d'avoir la révélation qui lui permette de remettre la faute sur une personne concrète. Peut-être pas si concrète que ça, finalement, mais maintenant, elle sait. Elle peut le dire, elle peut se défendre, car elle sait contre qui elle doit se défendre. Bien que terrifiée, la femme sait maintenant à qui elle a affaire, elle connait celle qui l'a utilisée pour commettre le meurtre. Elle peut la dénoncer, et elle finira par s'en sortir. Ari la croira, c'est sûr, et il ne restera ensuite plus qu'à quitter les lieux, s'il sera impossible de s'en débarrasser. Ari l'aidera à se cacher, à passer inaperçue. Elle connaît depuis un certain temps un passage dans le château de Geoffroy que personne n'utilise, à part elle, du moins pas fréquemment, et elle pourra l'utiliser pour trouver de quoi vêtir la criminelle et la conduire hors de danger. Une fois qu'elle l'aura sortie de cet état de choc dans lequel elle se trouve encore. Il faudra brûler sa robe blanche maculée de sang, bien sûr, pour finir d'effacer les traces du meurtre, mais tout ira bien, une fois qu'elles auront reconnu la véritable meurtrière à l'origine de cette perte de sang et de cette atmosphère lourde et mystérieuse qui plane autour d'elles depuis le début. Doucement, et posément, afin de ne pas l'effrayer, Ari pose alors la question cruciale :


- Qui est-elle ? D'où vient-elle ?
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MessageSujet: Re: Un petit quart d'heure de libre. |Béa|   Mer 15 Fév - 15:12

- Elle… C’est elle qui l’a tué !

Tout est clair dans mon esprit, maintenant. A moins que tout ne soit encore plus confus. Je ne sais pas bien. Après tout, je viens tout de même d’accuser de meurtre une femme elle-même morte depuis des années. Et pourtant je sais que je dis la vérité. Ou alors je délire complètement et sombre dans la folie la plus totale, c’est aussi une option. Une option que je préfère ne pas considérer.

Comment tout cela a-t-il bien pu arriver ? C’est lié à ce sortilège, cette magie du sang. Je me refuse habituellement à pratiquer cette branche obscure de la magie, mais cette fois-là, j’ai fait une exception. Je le devais. Pour lui. Et je pensais avoir réussi.

Mais je me suis finalement planté à ce qu’il semble, et dans les grandes largeurs. Cette… femme, Meredith, a dû me sentir, me reconnaître, et profiter de ma faiblesse pour échapper à la mort, et elle est vraisemblablement responsable du meurtre que je viens de commettre. Enfin vraisemblablement… C’est vite dit. Il s’agit en vérité d’une théorie si folle et invraisemblable que je doute que quiconque veuille bien la croire…

- Qui est-elle ? D'où vient-elle ?

Ainsi la jeune fille n’a toujours pas renoncé à me venir en aide… Ecartant légèrement les doigts, je lui lance un regard en coin, presque fuyant. Elle m’a probablement sauvé la vie, alors je lui dois des explications, je lui dois la vérité. Mais comment pourrai-je donc la lui expliquer ? « Le cadavre a été tué par une morte ? » Voilà qui sonne très vraisemblable, a n’en pas douter.

Je ne sais pas comment lui expliquer, comment lui faire comprendre la situation sans qu’elle me prenne pour une illuminée ; ce qui serait sans doute la réaction de la majorité des gens si on leurs expliquaient une telle chose. Mais après tout, cette jeune femme m’est déjà venue en aide là où beaucoup m’auraient abandonné. Elle m’a crue là où la plupart m’auraient accusé d’être une meurtrière, tout en appelant les gardes sur le champ. Si quelqu’un d’autre qu’elle m’avait trouvé, je serais probablement dans un sombre cachot à attendre mon châtiment, à l’heure qu’il est.

Alors oui, je pense qu’on peut dire que cette jeune fille est différente. Plus ouverte, et non bornée, comme la majorité des gens ici, qui craignent la magie et ne voient en moi qu’une dangereuse maléficienne, sans même essayer de me connaître. Elle, elle parait en avoir envie, de me comprendre, et surtout de m’aider. Alors peut-être pourra-t-elle me croire une fois de plus, même si je n’ai pas la moindre preuve matérielle de ce que j’avance.

Doucement, je pose mes mains sur mes genoux, et relève enfin la tête pour faire à nouveau face à celle qui m’a sauvé. Je l’observe, droit dans les yeux et dans ce regard je lis qu’elle s’attend à ce que je dise quelque chose d’exceptionnel. La résolution de tout ce sombre mystère. Mais une fois de plus je ne trouve pas les mots, j’hésite.

- Ce n’est pas aussi simple… Cette femme, Meredith, je la connaissais mais… Elle est… morte. Depuis des années… Je sais que ça parait complètement… Que c’est complètement invraisemblable, mais… Je l’ai vue dans l’eau, et… Elle est… Ici.

Je pose la main sur ma poitrine pour lui faire comprendre ce que je veux dire. Meredith est ici. En moi.

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MessageSujet: Re: Un petit quart d'heure de libre. |Béa|   Dim 11 Mar - 12:29

- Qui est-elle ? D'où vient-elle ?

La jeune femme dont Ari ignore toujours le nom vient de comprendre la raison du meurtre qu'elle a commis. Paradoxal, tellement paradoxal que pendant une seconde, Ari se demande pourquoi elle croit une criminelle, une assassine contre laquelle elle a tant de preuves. Elle aimerait bien comprendre pourquoi elle l'a aidé à les effacer, justement, et pourquoi elle s'entête à lui faire confiance et à vouloir l'aider. Comprendre... Comprendre est sa principale volonté, depuis toute petite. Elle veut comprendre les choses qui l'entourent, les choses qui se passent, elle veut comprendre la nature où elle vit, elle veut comprendre la vie elle-même. Mais là, elle comprend qu'elle ne doit pas chercher à comprendre. Elle sait tout simplement qu'il est impossible de comprendre les instincts et les préssentiments, et ce qu'elle a de croyant en son âme la pousse à se persuader que Dieu l'a voulu ainsi. Elle n'est pas pratiquante comme tous les habitants de Gorres, mais elle croit en ce Dieu dont sa mère lui parlait, en cette entité qui veille sur eux. Et en ce moment, elle croit en la volonté de ce Dieu de l'avoir conduite aujourd'hui à la rencontre de cette criminelle en détresse. Elle n'est pas supersticieuse comme la majorité du peuple, mais depuis qu'elle sent cette atmosphère lourde et comme une présence autour d'eux, elle commence à se demander si elle ne devrait pas l'être. Ce doute vient de lui être confirmé par l'exclamation de la femme. Celle-ci a l'air étonnée de la présence d'Ari à ses côtés, de la volonté qu'elle manifeste ouvertement pour l'aider, de la confiance qu'elle lui accorde en la croyant malgré l'apparente incohérence de ses propos. Alors, elle répond, cherchant ses mots, hésitante :

- Ce n’est pas aussi simple… Cette femme, Meredith, je la connaissais mais… Elle est… morte. Depuis des années… Je sais que ça parait complètement… Que c’est complètement invraisemblable, mais… Je l’ai vue dans l’eau, et… Elle est… Ici.

Elle frappe alors sa poitrine, et Ari la regarde, stupéfaite mais compréhensive en même temps. Oui, c'est normal, c'est pour cela qu'elle ne voit personne, mais qu'elle sent une présence étrangère. C'est parce que l'âme d'une morte est venue rejoindre les vivants en se greffant à celle de sa libératrice. Tout devient clair dans l'esprit d'Ari. La jeune femme est une magicienne et elle a libéré un esprit. Et c'est cet esprit qui a commis le meurtre par les mains de la jeune femme. Alors, Ari sent un frisson passer dans son dos. Elle n'a pas vraiment peur, mais elle sait que le domaine dans lequel elle s'aventure en soutenant la jeune femme lui est inconnu, et qu'elle ne saurait pas se défendre si elle se sentait en danger. Elle sait très bien manier l'épée et l'arc, elle est souple et rapide, elle peut être discrète aussi bien qu'effrayante, elle peut réconforter ou intimider, mais elle n'a jamais compris l'art des magiciens, et bien qu'elle n'ait pas peur d'eux en général, elle comprend maintenant que la présence de cette Méredith à l'intérieur de la magicienne qui l'a libérée par mégarde pourrait lui être dangereuse. Heureusement, l'âme étrangère semble s'être calmée, et sa proie a repris le contrôle sur elle même, mais qu'arriverait-il si l'envie de tuer la reprenait, et que Ari se trouvait en face d'elle ? Elle préférait ne même pas y penser.

- Je vois... Et toi, comment t'appelles-tu ? Moi, je suis Ariane. Je n'ai pas encore eu le plaisir de te voir, pourtant je connais plutôt bien le chateau...

Simple manière de savoir son identité et son origine. Et Ari ne veut pas la duper, elle la met juste en confiance, sans trop lui en dire non plus, elle pourrait lui dire qu'elle connait Ceyrel comme sa poche, mais elle ne veut pas qu'on le comprenne mal ou que l'on l'utilise à mauvais escient. Et puis si l'esprit entend ce qu'entend son libérateur, elle préfére faire attention à ce qu'elle dit. On n'est jamais trop prudent, comme on dit. Poutant, pour aider la femme, il faut bien lui parler, et connaitre avant tout à qui l'on s'adresse. Ari a même déjà une idée en tête. Une fois que la magicienne se sera présentée, elle lui demandera ce qu'elle a fait pour libérer Méredith, et s'il est possible de faire quelque chose. Si elle a été capable de libérer un esprit, c'est bien parce qu'elle était assez expérimentée pour s'aventurer dans des recoins de la magie assez éloignés. Ari n'a pas de mal à s'imaginer la magie comme un réseau de chemins qui partent dans tous les sens et s'entrecroisent parfois. Et celui que la magicienne a emprunté devait être un de ces sentiers tortueux dans la montagne. Bien qu'elle ait réussi à le suivre jusqu'à la fin, elle a été assommée par une pierre tombée d'un rocher au dessus d'elle et c'est de là que vient la faille. Elle est donc proie à une occupation étrangère, mais il est sûrement possible de l'en débarasser. Une idée folle traverse alors l'esprit de Ari. S'il faudra qu'elle intervienne dans l'opération, elle le fera. Il y aura peut être besoin d'un sacrifice, et tant que cela ne la tuera pas, elle sera prête à le faire. Du moins c'est ce à quoi elle pense soudainement, essayant sans connaissance de cause d'imaginer le fonctionnement de la magie. Mais elle chasse cette idée de sa tête. Elle attendra la réponse de la femme. Et pour la recevoir, elle pose donc la quetion :

- Comment l'as-tu libérée ? Sais-tu comment te débarasser d'elle ?
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MessageSujet: Re: Un petit quart d'heure de libre. |Béa|   Lun 2 Avr - 22:33

Ariane… Un bien joli prénom pour une jeune fille qui, ma foi, m’étonne de plus en plus, je dois bien le reconnaitre. Le plus déconcertant dans tout ça étant bien sûr qu’elle soit toujours là, devant moi, à essayer de s’intéresser à ma personne après tout ce qui vient de se passer. Même dans des circonstances plus « ordinaires » il est plutôt rare que je parvienne à tenir suffisamment longtemps une conversation avec un inconnu pour qu’on en arrive aux présentations. Il y a donc ici pour moi de quoi être légèrement décontenancée.

- Béatrix… Pas étonnant qu’on ne se soit jamais croisées, je préfère rester chez moi que sortir respirer l’air frais, généralement.

Ce qui est assez vrai. Hormis Gabriel, mes contacts sociaux sont relativement limités. Lui et quelques compagnons à quatre pattes rencontrés lors de promenades en forêt. Les soirées mondaines pleines de noble trop fiers d’eux-mêmes pour daigner remarquer ma présence, très peu pour moi. Enfin mon absence quasi-totale de relation sociale régulière digne de ce nom n’est assurément pas un problème de premier ordre à ce jour. Combien de temps vais-je donc bien pouvoir retenir Meredith avant qu’elle ne frappe à nouveau, ça c’est un vrai problème. Et Ariane semble également en être arrivée à cette conclusion.

- Comment l'as-tu libérée ? Sais-tu comment te débarrasser d'elle ?

Vaste question. A laquelle je n’ai malheureusement aucune véritable réponse.

- Eh bien… C’est assez compliqué. Pour faire simple, disons que j’ai voulu venir en aide à un ami et… Les choses m’ont… échappé. C’est le moins qu’on puisse dire.

J’ai même foiré dans les grandes largeurs. Je n’étais pas prête pour ça. Mais avais-je vraiment le choix ? C’était ça ou la mort lente et douloureuse de l’homme que j’aime. Entre les deux, la décision a vite été prise.

- Je n’aurais jamais dû mais… Je ne pouvais tout de même pas l’abandonner ! C’était juste… impossible pour moi de penser que j’allais devoir vivre sans lui. Alors j’ai pris le risque. Mais maintenant… Je ne sais absolument pas comment je vais bien pouvoir la chasser. J’imagine qu’il me faudra recourir à la magie, mais… Je préfèrerais éviter d’aggraver encore la situation.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Un petit quart d'heure de libre. |Béa|   Jeu 26 Avr - 19:57

- Béatrix…

Ce prénom fait effet sur la jeune fille. Enfin, elle connaît l'identité de la femme qu'elle a aidée et assistée, en laquelle elle a confiance tout en sachant qu'elle pourrait lui être dangereuse. Oui, ce prénom est mystérieux, tout comme la femme elle même. Ari ne doute pas de son innocence, pour ce qui est du meutre, ca c'est sûr. Mais elle sait maintenant qu'une sorte d'esprit la possède et parasite son ame pour pouvoir s'exprimer en utilisant sn corps. Peut-être le lui a-t-elle elle-même permis ? Bien qu'elle ne veuille pas l'abbandonner et qu'elle soit décidée à l'aider jusqu'au bout, Ari ne peut s'empêcher de rester sur ses précautions et de se tenir prête à se protéger au cas où elle devait se retrouver menacée elle même.

- Pas étonnant qu’on ne se soit jamais croisées, je préfère rester chez moi que sortir respirer l’air frais, généralement.

Ce qui explique pas mal de choses. Non, Béatrix n'est vraiment pas une femme sociale, d'où son renfermement plutôt excessif au jugement de Ari. Elle ne doit vraiment pas sortir souvent, ou du moins pas entre les gens. Cela ne lui ressemble pas. Elle ne sait pas pourquoi, mais Ari a l'impression de connaître déjà les grands traits de son caractère, malgré la particularité de la situation. Chez d'autres, elle doute qu'elle aurait pu les caractériser en ne connaissant que leurs réactions en choc. Chez Béatrix, ce n'est pas un inconscient qui remonte à la surface, mais des réactions normales qui s'accentuent. Ca, Ari le sent. Maintenant qu'elle le lui dit, Ari remarque qu'elle ne s'en étonne même pas.

- Comment l'as-tu libérée ? Sais-tu comment te débarrasser d'elle ?

C'est assez de questions à la fois, Ari en est consciente, mais il lui faut des réponses. Elle est décidée à l'aider, mais il faut donc d'abord qu'elle comprenne comment cela s'est passé, et qu'est ce qu'il s'est passé. Il faut dire qu'elle a déjà une petite idée. Vu le caractère de Béatrix, c'était une erreur qu'elle a dû faire, et maintenant, elle en subi les conséquences. Et avec la réponse de la jeune femme, les craintes d'Ari se confirment.

- Eh bien… C’est assez compliqué. Pour faire simple, disons que j’ai voulu venir en aide à un ami et… Les choses m’ont… échappé. C’est le moins qu’on puisse dire. Je n’aurais jamais dû mais… Je ne pouvais tout de même pas l’abandonner ! C’était juste… impossible pour moi de penser que j’allais devoir vivre sans lui. Alors j’ai pris le risque. Mais maintenant… Je ne sais absolument pas comment je vais bien pouvoir la chasser. J’imagine qu’il me faudra recourir à la magie, mais… Je préfèrerais éviter d’aggraver encore la situation.

C'est une impasse pour Ari. Elle n'est pas magicienne, elle ne peut donc pas vraiment aider Béatrix, du moins pas activement. Les choses vont très vite dans sa tête. Quelle sollution trouver ? Que lui proposer ? Quelles sont les possibilités, dans un cas comme ça ? Une chose est sûre, cela ne sera pas facile et il y aura besoin de temps. Et pas qu'un peu.

- Bon, tout d'abord, il faut rentrer. Il n'y a plus rien à faire ici, on est même plutôt exposées. Il faut te changer et te calmer un peu. J'ai un dortoir dans le château si tu veux, ou alors on peut aller chez toi ?

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MessageSujet: Re: Un petit quart d'heure de libre. |Béa|   Mar 1 Mai - 13:30

D’avoir confié mes soupçons à une personne que je pense être de confiance, je me sens déjà bien plus calme et le problème m’apparait déjà moins insurmontable. Mais comment puis-je donc être aussi certaine qu’Ariane ne me trahira pas, me direz-vous ? Eh bien, en vérité, je ne peux être sûre de rien… Mais… Je le sens, c’est tout. J’ai la conviction que cette jeune fille est sincère et pas du genre à me faire un sale coup dès que j’aurai le dos tourné.

- Bon, tout d'abord, il faut rentrer. Il n'y a plus rien à faire ici, on est même plutôt exposées. Il faut te changer et te calmer un peu. J'ai un dortoir dans le château si tu veux, ou alors on peut aller chez toi ?

Je réfléchis un instant. Le dortoir me parait un peu trop… fréquenté pour que je m’y rende dans cet état.

- Huuum… Je préfèrerais éviter le château, à vrai dire. Je me vois mal devoir expliquer à la garde du roi pourquoi je suis à demi couverte de sang frais. On ferait mieux d’aller chez moi, dans le quartier des magiciens. Personne ne s’étonne jamais de rien là-bas. Je me laverai un peu et on pourra discuter tranquillement.

Ariane ne paraissant pas opposée à cette idée, nous ne tardons pas à nous mettre en route pour l’un des quartiers le moins apprécié de notre belle ville.

[FIN - Suite ici]

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Un petit quart d'heure de libre. |Béa|

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