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 Pourquoi m'as-tu abandonné ? [Pv Gabichou =D]

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Béatrix Ys
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MessageSujet: Pourquoi m'as-tu abandonné ? [Pv Gabichou =D]   Lun 4 Juil - 1:05



&

Assassin's Creed - Ezio's family


(Haaaaan. Ils étaient magnifiques mes cheveux T_T)

Vide. C’est ce que je suis. Pourquoi ? Parce que j’ai perdu quelque chose. Quelque chose d’essentiel. Quelqu’un. Une personne si importante à mes yeux que son départ laisse dans mon cœur un gouffre béant qu’il m’est impossible de combler. Parce que personne d’autre ne pourra jamais la remplacer. C’est du moins le sentiment que j’ai en ce moment. Oui, je me sens presque… en deuil et pourtant cet homme qui occupe mes pensées est on ne peut plus vivant, sans doute en train de commettre un crime quelconque dans un endroit quelconque pendant que moi je me morfonds dans ma chambre, à penser à lui. Oui, il doit se sentir très bien, sans doute m’a-t-il même déjà oubliée. Après tout, c’est lui qui a décidé de sortir de ma vie et sans me demander mon avis sur la question. Evidemment s’il l’avait fait, j’aurais cherché à le retenir à tout prix. J’ai même déjà essayé, sans rencontrer un grand succès, je dois bien me l’avouer. Mais comment peut-il donc me quitter ainsi après tant d’années passées ensemble, après tout ce que j’ai fait pour lui ? J’ai toujours été là pour l’aider quand il en avait besoin. Je l’ai soutenu dans ses plus folles entreprises, là où n’importe qui d’autre l’aurait abandonné. Et pourtant lui n’a pas hésité une seule seconde à m’abandonner au moment où moi, j’avais le plus besoin de lui.

- Tu… Tu m’avais promis Gabriel. Promis que tu ne m’abandonnerais pas. Alors tu n’as pas le droit de partir. Pas maintenant.

Il n’esquisse pas le moindre geste pour prendre la main que je lui tends, pas plus qu’il n’en a eu pour m’aider quand je suis tombée. Et le regard qu’il pose sur moi me glace le sang, il est remplit de haine, de dégoût. Le genre de regard qu’il réserve habituellement à ses ennemis, pas à ses amis. Pas à moi. Jusqu'à maintenant. Un regard qui me fait plus souffrir encore que toutes les blessures qui m’ont été infligées ce soir, dont une majeure partie s’est d’ailleurs rouvertes alors que je m’efforçais de rattraper mon ami. Un filet de sang s’écoule lentement de mon épaule blessée et ma vision est étrangement floue, ce qui ne m’empêche pas de voir le poing de Gabriel se serrer brusquement. Pendant un instant, je pense qu’il va me frapper, mais le coup ne vient pas. Il reste immobile et je tends toujours désespérément la main vers lui, espérant qu’il la prenne dans les siennes. Nous restons ainsi, figés, pendant plusieurs secondes avant qu’il ne se décide enfin à rompre le silence qui s’est installé.

- Je t’aurais abandonné si je t’avais laissé agoniser là-bas. Je t’offre un toit dans lequel te reposer et des soins, libre à toi de choisir si tu veux les accepter ou non. J’ai respecté ma promesse. Cela ne signifie pas pour autant que je doive endurer ta présence à mes côtés tout le temps. Regarde toi, au lieu d’aller de l’avant, tu t’accroches, tu te rends malade… C’est pitoyable.

Chaque mot m’atteint tel un coup de poignard et cette fois ma main retombe mollement sur mes genoux. Je crois que j’aurais encore préféré qu’il me frappe, finalement, cela m’aurait sans doute paru moins douloureux. Mais là… Je ne comprends pas la façon dont il me traite. Nous étions si proches … Pourquoi me rejette-t-il ainsi ? A moins que je ne me sois trompée sur lui. Sur toute la ligne. Bien sûr j’ai toujours connu sa réputation et il ne m’a jamais caché son penchant pour le sang et le meurtre. Mais moi j’ai toujours vu en lui quelqu’un d’autre. Plus qu’un simple assassin. Un deuxième Gabriel, en quelque sorte, plus humain. Quelqu’un avec des sentiments comme n’importe lequel des hommes. Bien sur cette facette de sa personnalité n’est que peu visible puisque qu’il s’efforce sans cesse de la refouler, de réprimer ses émotions et il le fait très bien. Mais parfois… dans son regard, je vois autre chose, dans ses actes également. Après tout, il n’a pas hésité à affronter seul les chevaliers d’Arthur pour me protéger. Est-ce la l’attitude d’un homme sans cœur ? Non. C’est bien une preuve qu’il tient à moi sinon pourquoi ne pas m’avoir laissé me débrouiller seule ? Ou peut-être… que je me trompe. Peut-être que tout cela ne vient que de moi. Peut-être que j’ai tellement envie de voir en lui quelqu’un de meilleur qu’il n’est que je finis par m’en convaincre. Peut-être que cet autre Gabriel n’est qu’un produit de mon imagination. Que le seul qui existe est cet homme qui me toise d’un regard emplit de haine. Mais cette idée m’est insupportable. Quand je reprends la parole, ma voix tremble, non plus de peur, mais de chagrin.

- Alors peut-être que tu aurais mieux fait de ne pas tenir ta promesse. Peut-être que tu aurais mieux fait de me laisser mourir. Parce que je n’ai aucune envie d’aller de l’avant sans toi.

Pendant un instant, il me semble voir le doute dans son regard. Un doute si fugitif que je ne suis même pas sûr qu’il soit réel. Puis il se durcit à nouveau et je comprends que j’ai échoué. Gabriel me contourne et vient se placer derrière moi. Ses mains se posent sur mes épaules et il me semble l’entendre me murmurer quelque chose, à voix très basse.

- Pardonne moi Béatrix…

Je voudrais me retourner, lui dire que je lui pardonne ce qu’il m’a fait. Ce qu’il m’a dit. Mais avant que je n’aie pu esquisser le moindre geste, je ressens une sorte de choc à l’arrière de la tête et un voile noir s’abat devant mes yeux.


Tant de meurtres ont été commis cette nuit là. Et pourquoi ? Pour rien. Enfin si pour satisfaire son éternel désir de vengeance. Quoique je ne sois même pas sûre que la vengeance y soit encore pour quelque chose, peut-être a-t-il tout simplement tant pris goût au meurtre qu’il ne peut plus s’en passer. Et moi, j’ai accepté de l’accompagner dans cette folie. J’ai tué des innocents. Juste pour lui faire plaisir. Pour briller à ses yeux. Jamais je n’aurais réagi de la sorte si je ne l’avais pas rencontré. Non, tout ce que j’ai fait, je l’ai fait pour lui. Et il m’a quitté. Il m’a laissé seule.

Je n’avais jamais vraiment eu d’ami avant Gabriel et on pourrait penser que la solitude ne me dérange pas. Pourtant, être à nouveau seule après avoir connu sa compagnie m’est insupportable. Pire, ça me terrifie. Serais-je donc incapable de vivre sans lui ? Cette pensée est des plus humiliantes. Je m’en sortais très bien avant de le rencontrer. Pourquoi cela serait-il différent maintenant ? Et pourtant ça l’est. Depuis qu’il m’a abandonné je me sens plongée dans une sorte de… léthargie. Comme si toute volonté m’avait quitté. Les choses semblent avoir perdues de leurs saveurs. Je n’ai plus envie de rien. Et je ne fais plus rien. Je ne mange plus, je ne sors plus et cela se voit. Quand je me regarde dans un miroir, c’est à peine si je me reconnais encore. Je ne vois plus qu’une femme maigre et triste, à l’opposée de celle que j’ai pu être autrefois. C’est comme si toute ma joie de vivre m’avait quittée en même temps que Gabriel. Et je me sens si fatiguée… Mais mes nuits se révèlent être plus pénibles encore que tout le reste. Il ne s’en passe pas une sans que mes cauchemars ne reviennent me tarauder et ces cauchemars concernent tous la même personne. Revivre encore et encore l’abandon de mon ami, me réveiller chaque soir en l’appelant sans jamais qu’il vienne… Je ne le supporte plus ! Mais ce qui me fait le plus de mal c’est sans doute que personne dans ce château ne semble même s’apercevoir que je me laisse ainsi dépérir, tout simplement parce que personne ici ne s’intéresse à mon sort. Ce qui est parfaitement normal puisque le seul homme qui s’est jamais soucié de moi semble m’avoir définitivement oubliée.

Oui, Gabriel m’a oublié alors que lui occupe mes rêves et chacune de mes pensées. Voilà qui est bien paradoxal… Mais pourquoi me manque-t-il autant ? La perte d’un ami est toujours une épreuve difficile, surtout lorsque cet ami était le seul sur qui on pouvait compter. Mais difficile à ce point… Non, les choses sont différentes dans mon cas. Peut-être parce que Gabriel et moi n’étions pas simplement des amis mais… Quoi au juste ? Je ne parviens même pas à décrire la nature de notre relation. Une amitié très forte ? Oui, mais pas seulement. Une amitié teintée… d’autre chose. De l’amour ? Je ne sais pas si c’est vraiment le mot juste, mais il est clair que nous sommes peu à peu devenus un peu plus que des amis, bien que ces sentiments ne se soient jamais réellement concrétisés. Peut-être tout simplement parce qu’ils n’étaient pas réciproques… Je le croyais pourtant, mais je ne peux plus être sûre de rien concernant Gabriel... S’il ressentait vraiment quelque chose pour moi, alors pourquoi m’abandonner ? Et même s’il avait eu une raison valable de le faire, ne pouvait-il pas me l’expliquer ? Il est vrai que j’aurais peut-être refusé de l’écouter, mais me laisser ainsi dans l’ignorance me parait bien cruel. Oui, c’est sans doute la pire des choses à faire… J’ai beau me torturer l’esprit, ce qu’il peut bien me reprocher reste pour moi un mystère. Qu’ai-je donc fait de mal pour mériter un tel traitement ? Incapable de comprendre, je me contente d’attendre, en espérant que cela s’arrête. Que la douleur presque physique que me cause cet abandon finisse par s’apaiser. Mais j’attends en vain. Les jours, les semaines passent et rien ne change. La souffrance est toujours là, tapie creux de ma poitrine, aussi intense qu’au premier jour. Je me sens tellement lasse parfois, que j’ai juste envie d’en finir. Après tout, la mort serait sans doute préférable au simulacre de vie que je mène. Pourtant, quelque chose me retient tout de même de commettre un acte irréversible et ce quelque chose c’est l’espoir. L’espoir que Gabriel change d’avis, qu’il vienne me voir, qu’il m’explique. Je voudrais juste comprendre. Rien de plus.

Alors pourquoi ne pas aller lui réclamer moi-même ces explications ? … J’y ai songé, j’ai longuement hésité et fini par renoncer. Pourquoi ? Parce que je sais que Gabriel fait tout pour m’éviter, je sais qu’il ne veut pas me voir. Bien sûr, si je le souhaitais vraiment, il me serait possible de le trouver. Mais je ne parviens pas à m’y résoudre. Je ne pourrais pas supporter qu’il me repousse à nouveau. Pourtant, un jour ou l’autre, il faudra bien que je me décide à agir. Je ne peux pas rester ainsi à l’attendre indéfiniment… Au fond de moi, je sais très bien qu’il ne viendra pas. Il ne me reste donc que deux solutions : l’oublier définitivement, comme lui semble l’avoir fait avec moi, ou aller lui parler. A bien réfléchir, la première solution est sans doute la meilleure ou du moins, celle qui m’éviterait probablement nombre d’ennuis. Mais c’est impossible. Si lui n’a apparemment eu aucun mal à le faire, moi, je ne parviens pas à l’oublier. Quant à la deuxième… Je n’ai pas la moindre idée de l’endroit où vit Gabriel. (Le repaire sombre dans la prairie ! *SBAFF*) Sans doute garde-t-il jalousement le secret. En revanche, je sais qu’il a au château une chambre qui lui est attribuée et qu’il y passe régulièrement. Je pourrais donc commencer par là mais…. J’avoue redouter sa réaction. Il peut devenir incontrôlable quand on le contrarie… Je ne le pense pas capable de me faire du mal, mais dans un accès de colère… Et puis je n’aurais jamais cru qu’il puisse m’abandonner, surtout après m’avoir promis de me protéger, et pourtant il l’a fait. Cependant, je n’ai aucune autre solution.

Avant toute chose, je dois d’abord me rendre un peu plus présentable et après plusieurs semaines passées en ermite, enfermée dans ma chambre ; ce n’est pas chose aisée. Une fois coiffée (J’en profite pendant que je le peux encore T_T) et habillée, je me décide enfin à sortir et traverse les dortoirs pour me rendre à la chambre de Gabriel, située à l’autre bout du couloir. Evidemment, j’ai beau frapper à la porte, personne ne me répond. Il est sans doute absent ou peut être refuse-t-il tout simplement d’ouvrir. Quoi qu’il en soit, je ne vais pas renoncer maintenant. Une porte fermée n’est pas vraiment un obstacle pour une magicienne… Aussitôt dit, aussitôt fait, Gabriel n’aurait jamais dû me révéler quels sortilèges protégeaient cet endroit… Une fois à l’intérieur, j’inspecte chaque pièce une à une. L’endroit semble désert, mais les affaires éparpillées un peu partout me laisse penser que la chambre a été visitée il y a peu. Il est fort probable que Gabriel repasse par ici. Je décide donc d’attendre un peu et m’installe sur un fauteuil. Mais je n’ai pas à patienter bien longtemps. Je sens sa présence avant même de l’entendre arriver. Une présence familière, agréable… La poignée de la porte pivote et Gabriel entre dans la pièce. Il n’a pas l’air surpris de me trouver ici, sans doute m’a-t-il sentie lui aussi. Je le scrute avec inquiétude, cherchant à deviner ses sentiments. Mais c’est rigoureusement impossible. Son visage m’apparaît lisse, impassible, comme s’il était dépourvu de la moindre émotion. Et cette absence de réaction est loin de me rassurer, bien au contraire. Je me lève et m’approche doucement. Mais une fois face à lui, ce que je souhaitais lui dire… m’échappe. Son regard glacé me transperce littéralement et j’ai bien du mal à aligner deux pensées cohérentes.


- Je… Je voulais te demander…

Des explications. Mais les mots ont du mal à sortir. L’accueil glacial qu’il m’a réservé y est pour beaucoup. J’avais espéré… Qu’il paraisse heureux de me voir. Mais ce n’est apparemment pas le cas. J’en pleurerais presque. Lui qui m’a tellement manqué… Avant d’avoir pu me retenir, je le serre dans mes bras. De toute mes forces. Je ne sais pas vraiment ce que j’espère en faisant cela. L’empêcher de me quitter à nouveau sans doute… Mais cette tactique ne semble guère plus efficace. Gabriel n’a même pas bougé, il reste parfaitement immobile, les bras le long du corps, alors que je me serre contre lui. Nous restons ainsi un long moment, sans même parler ; puis je sens les mains de mon ami se poser sur mes épaules, non pas dans un geste d’affection, mais pour m’écarter de lui. Je voudrais résister, resserrer encore mon étreinte, mais cela ne servirait à rien. Je me recule un peu, les larmes aux yeux.

- Je… ne te comprends pas. On était amis et… Du jour au lendemain… Tu pourrais au moins m’expliquer. Qu’est-ce que j’ai fait de mal pour mériter un tel traitement ? Dis-moi ce qui ne va pas. Je peux… changer s’il le faut. Je ferais n’importe quoi plutôt que de te perdre. Demande-moi ce que tu veux. Et si ce que tu veux c’est que je parte… Alors au moins, dis le moi clairement. Ne me laisse pas espérer s'il n'y a pas d'espoir.

_________________

Merci Auty pour ce kit magnifique *.*



Béatrix & Gabriel
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Gabriel Turner
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MessageSujet: Re: Pourquoi m'as-tu abandonné ? [Pv Gabichou =D]   Mer 6 Juil - 18:44

L’abandon... Sans doute la chose la plus horrible qu’il puisse exister en ce monde. Se sentir seul, vide, déprimé, est bien pire que la mort ou la douleur, car lorsqu’on se trouve seul, plus rien n’a d’importance. On préfère souffrir pour ressentir à nouveau quelque chose, ou mourir, pour au contraire n’avoir plus rien à ressentir, pour ne plus être triste. Oui, abandonner un être est bien cruel, surtout quand cette personne a fait tant de choses pour vous. Comment Gabriel avait-il pu abandonner Béatrix ? Pourquoi lui avoir fait subir un tel traitement ? Il voulait la protéger en faisant ça, mais en vérité, ne voulait-il pas plutôt se protéger lui-même ? En vérité, il souhaitait les protéger tous les deux. Gabriel savait qu’il mettait Béatrix en danger un peu plus chaque jour, d’ailleurs leur dernière rencontre avait fini par des blessures pour eux deux. Il ne voulait plus voir de sang sur son corps, il ne voulait plus la voir triste, et il ne voulait pas qu’elle meurt pour lui, car Gabriel savait très bien qu’elle aurait été capable de se sacrifier pour lui sauver la vie. Elle vivait pourtant paisiblement autrefois, à l’abri du danger, mais il a fallut que leurs chemins se croisent et qu’ils deviennent amis par la suite. Oui, c’était Gabriel qui avait fait basculer son monde, c’était sa faute si elle connaissait le meurtre et le sang, et aujourd’hui il s’en voulait pour ça. Alors il avait voulu réparer les choses, en la quittant, en l’abandonnant, mais au final, Gabriel était loin de s’imaginer qu’il venait de les détruire tous les deux... Sans elle, sa vie était bien moins gaie, car sans elle, il ne lui restait plus que le combat et la mort, un destin bien sombre.

Les premiers jours sans Béatrix ne furent pas les plus difficiles, Gabriel se plongeait sans cesse dans l’action pour ne pas avoir le temps de penser à elle, et le sang coulait donc à flot, aussi bien le jour que la nuit. Gabriel changeait peu à peu, devenant de plus en plus impassible, sombre, vide de sentiments, un être sans âme. Il ne se serait jamais imaginer que vivre sans Béatrix puisse l’atteindre à un tel point. Pourtant il savait qu’il ne pouvait plus revenir en arrière, il ne le devait pas, le plus dur était en train de passer, et bientôt, lui et Béatrix tourneraient sans doute la page à leur histoire. Alors il continuait, il préparait des plans, combattait encore, terminait des quêtes. Il s’investissait tellement dans ce qu’il faisait qu’il terminait chaque fois ses missions bien plus vite qu’il ne l’aurait du, et arriva le jour ou Geoffroy lui annonça qu’il n’avait plus aucune mission à lui confier durant les deux prochains jours. A cet instant, Gabriel savait qu’il allait être hanté par le visage de Béatrix s’il ne se trouvait pas lui-même quelque chose à faire. Alors il avait finalement décidé de voler un œuf Fabergé à des magiciens dans le but de retirer les sentiments à une certaine personne : Automnal Key. Il comptait ramener cette chevalier dans le camp de Geoffroy, mais commettre un tel acte n’était pas chose simple. Chaque jour, il offrait une partie de son énergie à cet œuf magique dans le but de le faire fonctionner, et chaque jour, Gabriel s’affaiblissait peu à peu. Mais les missions de Geoffroy reprenaient, et le magicien se devait d’être à la hauteur. Les cinq premiers jours se passèrent normalement, mais à partir du sixième, Gabriel savait qu’il lui serait dangereux de combattre alors que sa force le quittait. Voilà ce qui expliquait sa visite chez Geoffroy ce matin la, le magicien lui avait réclamé quelques jours de repos, et le roi les lui avait accordé sans y prêter plus d’attention.

Arrivèrent donc les jours ou l’absence de Béatrix lui pesait énormément. Il n’avait plus le droit de combattre, plus la force d’organiser la moindre stratégie, il devait simplement se reposer et offrir son énergie. A ce moment la, ses pensées se tournaient toutes vers une seule et même personne : Béatrix. Il se demandait ce qu’elle faisait, si elle était à nouveau heureuse sans lui, si elle l’avait oublié... Cette nuit la fut la première ou Gabriel eu le temps de s’assoupir depuis leur dernière rencontre. Voir Béatrix dans ses nuits aurait sans doute été un rêve autrefois, mais à présent c’était devenu pour lui un cauchemar. Les mots « endurer ta présence » et « pitoyable » résonnaient dans son esprit. Pourquoi lui avoir dit de telles atrocités s’il n’en pensait pas un mot ? Mais le pire restait sans doute ce que Béatrix lui avait répondu, elle disait qu’il aurait mieux fait de la laisser mourir, qu’elle n’avait aucunement envie d’aller de l’avant sans lui. Elle aurait du le détester à ce moment la, et le fait qu’elle s’accroche autant à lui était la chose la plus dur qu’il ait à supporter, car cela signifiait qu’il la faisait souffrir énormément, et rien que cette pensée lui donnait la nausée. Lorsque Gabriel se réveilla, il constata qu’il n’avait pu s’endormir qu’une petite heure, mais fermer les yeux pour la revoir à nouveau ne lui disait rien, il allait donc devoir se trouver une occupation. Gabriel prit une douche froide et enfila négligemment une chemise et un pantalon avant de partir errer dans les rues. L’obscurité de la nuit l’empêchait de bien voir où il s’aventurait, mais Gabriel n’en avait que faire, tant mieux s’il se perdait, au moins il occuperait son esprit à retrouver le chemin du retour… Finalement, Gabriel entra dans une taverne, lieu où il terminerait surement sa nuit. Il avait besoin de boire, encore et encore, il voulait oublier, il voulait l’oublier. A peine installé que Gabriel demanda une bière, puis une autre, et ainsi de suite. Mais malgré ce qu’il buvait, il pensait encore et toujours à elle, Gabriel avait donc en fait besoin d’une distraction. Le magicien regarda autour de lui, il y avait plus d’hommes que de femmes, et tout le monde ici semblait aussi abattu que lui. Gabriel se tourna finalement vers un homme et lui posa une question, mais regretta ce qu’il venait de faire tout de suite après avoir engagé la conversation après ce type.


- Vous connaissez sans doute une certaine Béatrix Ys non ? Que devient-elle ?

Le type lui répondit qu’il ne voyait pas de qui il pouvait bien lui parler et Gabriel lâcha un long soupir. Il n’y avait donc personne pour lui donner des nouvelles d’elle ? Il aimerait qu’on lui dise que c’est une femme souriante, qui sort chaque jour, ou qui a l’air plus heureuse qu’avant, n’importe qu’elle bonne nouvelle l’aiderait à aller de l’avant. Mais personne ici semblait pouvoir le renseigner, du moins c’était ce qu’il pensait. Une jeune femme, qui avait entendu sa question ne le quittait pas du regard. Une jolie blonde vêtue d’une fine robe blanche de dentelle, elle ferait peut-être une bonne distraction après tout... Celle-ci se rapprocha de lui alors que Gabriel terminait son énième verre de bière. Elle le scruta d’abord de haut en bas, lui adressa un sourire et prit finalement la parole.

- Pourquoi un bel homme de votre genre se soucierait-il d’une fille comme elle alors qu’il y en a tant d’autres à vos côtés ?

- J’en déduis que vous la connaissez... Et que devient-elle ?


La question de Gabriel parut offusquer la jeune femme, elle était offensée que le magicien ne se souci guère d’elle et que son sujet de conversation soit et reste Béatrix. Mais elle reprit confiance en elle quelques secondes après, se disant qu’un homme qui avait autant bu que lui allait avoir besoin de quelqu’un, ou plutôt d’une fille, et elle semblait enchantée à cette idée. Mais la seule fille dont Gabriel avait besoin était Béatrix, et il n’en serait pas autrement. Cependant la jolie blonde ne semblait pas de cet avis, du moins c’était ce que son décolleté un peu plus mis en valeur semblait lui dire.

- Béatrix n’est qu’une pauvre fille qui se laisse aller de jour en jour. Elle pourrait tout aussi bien mourir que personne ne le remarquerait, d’ailleurs elle ne manquerait pas même au roi. Je pense que c’est une femme inutile et stupide qui pense avoir sa place parmi nous.

- Tais-toi !


Le poing de Gabriel qui avait cogné la table n’avait échappé à personne, et tous les regards s’étaient tournés vers lui. Mais à cet instant, le magicien s’en fichait de qui l’observait ou non, car seuls les mots de cette femme résonnaient dans son esprit. « Une pauvre fille », « elle pourrait tout aussi bien mourir », « elle ne manquerait à personne », « une femme inutile et stupide »... Qui était donc cette femme pour juger ainsi Béatrix ? Il l’ignorait, mais ce qu’il savait en revanche, c’est que cette personne ne ferait pas long feu. Gabriel leva son visage vers celle-ci et lui porta alors un regard emplit de haine. Oui, cette fille serait sa distraction, il allait la faire souffrir, l’entendre hurler et la tuer, c’était tous ce qu’il désirait à cet instant. Le magicien se rapprocha de la jeune femme, et sortit un poignard. Il lui aurait sans doute tranché la tête si un autre homme n’était pas intervenu en le plaquant à terre et en le frappant au visage. La douleur, même ça il ne la ressentait pas tant sa haine était forte. A l’aide de ses pouvoirs, Gabriel expulsa férocement l’homme qui le frappait contre le plafond, et le laissa retomber lourdement au sol, de quoi l’assommer quelques instants. Il se rapprocha alors de la jeune femme qui criait à présent de peur. Ce son aigue, il l’aimait tellement... Le magicien planta son poignard dans le ventre de celle-ci sans pour autant la tuer. Son sang coulait abondamment, elle criait encore et encore, pleurait, souffrait, c’était un véritable carnage, et cela semblait faire du bien à Gabriel car il ne pensait enfin plus à Béatrix. Alors il continua la torture et retira d’un coup sec le poignard. Il s’apprêtait à la planter à nouveau, mais l’autre homme semblait avoir recouvré ses esprits et venait d’enfoncer une bouteille brisée dans l’épaule de Gabriel...

Cette nuit la fut longue, mais avait satisfaite pleinement le magicien. La taverne ne ressemblait plus à rien, il y avait eu deux ou trois morts, allez savoir, même Gabriel avait du mal à s’en souvenir tant il avait bu. De son côté, lui s’en était sortit avec quelques bleus et une blessure profonde à l’épaule. Si seulement l’œuf ne lui avait pas retiré autant d’énergie, le magicien n’aurait surement pas eu la moindre égratignure cette nuit la. Bref, Gabriel avait passé la nuit dehors et une bonne partie de la matinée également. Mais il décida quand même de rentrer après avoir remarqué que trop de regards indiscrets se portaient sur lui, ou plutôt sur son épaule ensanglantée. C’est qu’il ne l’avait même pas soignée, d’ailleurs il devait surement y avoir encore quelques morceaux de verres brisés à l’intérieur, mais qu’importe, il voulait rester avec cette douleur car elle lui faisait du bien. Un véritable psychopathe, oui il devait sans doute en être un... Gabriel se dirigea finalement vers les dortoirs, il avait besoin de se reposer avant de partir offrir à nouveau son énergie. Mais une fois dans les couloirs, le magicien sentit la présence de Béatrix dans sa chambre. Que faisait-elle là ? Elle n’aurait pas du venir ici. Pendant un court instant, Gabriel hésita à faire demi-tour, mais il savait que celle-ci avait également ressentie sa présence, et vu l’état dans lequel il se trouvait, il lui serait facile de le rattraper. Alors il décida finalement d’ouvrir la porte et la vit face à lui. Elle lui semblait très fatiguée, et triste aussi, mais au moins elle était quand même plus présentable que lui...


- Je... Je voulais te demander...

Gabriel savait ce qu’elle voulait lui demander. Pourquoi l’avait-il abandonné ainsi ? Pourquoi avoir été aussi cruel avec elle alors qu’elle avait toujours était là pour lui ? De toute façon, quoi qu’il lui réponde, cela ne lui suffirait pas, et elle le savait sans doute aussi bien que lui, alors pourquoi être venue ? Il ne voulait pas d’elle ici, il ne voulait pas qu’elle souffre encore par sa faute. Gabriel n’avait plus la force de rien, ni de partir, ni de lui sourire, ni de lui répondre, rien, alors il restait impassible face à elle. Mais Béatrix semblait avoir plus de force que lui car elle vint le serrer dans ses bras et à cet instant Gabriel se sentit plonger dans un immense précipice. Il avait échoué... Elle tenait encore à lui malgré ce qu’il lui avait fait, ce qu’il lui avait dit. Pourquoi s’accrochait-elle autant à lui ? Gabriel ne lui apportait pourtant rien de bon, il ne la comprenait pas. Finalement, il posa ses mains sur les épaules de celle-ci et la repoussa comme il le put, sans prononcer le moindre mot, espérant qu’après ça elle s’en aille. Mais non, elle restait même s’il la faisait souffrir à nouveau. Elle avait les larmes aux yeux, mais parvenait quand même à lui adresser quelques mots.

- Je... ne te comprends pas. On était amis et... Du jour au lendemain... Tu pourrais au moins m’expliquer. Qu’est-ce que j’ai fait de mal pour mériter un tel traitement ? Dis-moi ce qui ne va pas. Je peux... changer s’il le faut. Je ferais n’importe quoi plutôt que de te perdre. Demande-moi ce que tu veux. Et si ce que tu veux c’est que je parte... Alors au moins, dis le moi clairement. Ne me laisse pas espérer s'il n'y a pas d'espoir.

Gabriel se trouvait dos à elle, c’était lâche certes, mais plus simple que de lui faire face. Elle disait qu’elle pouvait changer pour lui, mais c’était justement ce qu’il craignait en restant avec elle. Il ne désirait pas que Béatrix devienne comme lui, car il savait qu’elle risquait surtout d’en souffrir. Mais il ne désirait pas non plus qu’elle parte... Elle lui avait tant manqué, et pourtant il n’était pas heureux de la voir, car il savait qu’elle souffrait tout autant que lui, et que l’avoir abandonné a finalement été un mauvais choix. Mais comment revenir en arrière après le comportement qu’il avait eu avec elle ? Comment pouvait-elle le pardonner ? Béatrix était sans doute plus forte que lui de ce côté la. Après avoir laissé peser un long silence, Gabriel prit finalement la parole.

- De l’espoir... Depuis quand est-ce que tu crois en l’espoir Béatrix ?

Ces simples mots allaient signifier beaucoup de choses dans l’esprit de Béatrix. Elle comprendrait qu’il était inutile d’espérer le revoir, et qu’elle l’avait déjà perdu. Puis Gabriel se retourna vers celle-ci et voulut lui lancer un regard froid, afin de lui faire comprendre qu’elle n’était pas la bienvenue ici, mais lorsqu’il croisa le regard emplit de larmes de celle-ci, il n’eut pas le courage de la faire souffrir à nouveau... Finalement ce qu’il craignait arriva, Béatrix était devenue sa faiblesse. Gabriel la regardait donc, mais il n’y avait plus de haine dans son regard, seulement du doute. Il hésitait à aller la voir et à la prendre dans ses bras ou à la rejeter encore et encore jusqu’à ce qu’elle finisse par l’oublier… Non, il n’arrivait plus à la rejeter, il se détestait déjà trop de l’avoir fait avant. Gabriel allait devoir accepter le fait qu’ils étaient plus forts et plus heureux à deux. Le magicien lâcha alors un soupir, signe qu’il venait de déclarer forfait.

- Pourquoi... Pourquoi est-ce que tu t’accroches tant à moi ? J’ai gâché tes rêves, je t’ai mené dans une voie qui n’était pas la tienne. Tu sais ce que je suis, tu déteste ce que je fais, et pourtant… Pourtant tu restes à mes côtés alors que je ne t’apporte rien de bien. Alors dis le moi Béa, pourquoi rester avec moi malgré toute la souffrance que je te procure ?

Il avait besoin de comprendre, de savoir ce qui la retenait près de lui. De savoir pourquoi ce n’était pas plutôt elle qui l’avait rejeté. Qu’avait-il à lui apporter après tout ? Gabriel vivait dans la haine et la vengeance, ce qui était loin d’être le cas de Béatrix. Le sang, la douleur, la mort, telle était la destinée de Gabriel, pas la sienne, alors pourquoi se punissait-elle en restant avec lui ? Il y avait certains mystère qu’il ne parvenait pas à résoudre, tout comme celui la… Gabriel restait toujours là, face à elle, son regard plongé dans le sien, à essayer de lire en elle. Que ressentait-elle à cet instant ? De la haine ? De la peur ? Ou bien de la tristesse ? Peut-être bien les trois. Lui qui arrivait pourtant si bien à la comprendre d’habitude, aujourd’hui l’expression de son visage lui était étranger, sans doute parce qu’il ne l’avait encore jamais rendu dans cet état.

- Je déteste être avec toi, car je déteste ce que je t’apporte... Et pourtant j’ai besoin de toi Béa, de ta présence, de ton sourire, de ta positivité. J’ai besoin de t’avoir à mes côtés car sans toi il ne me reste plus que la vengeance... Mais je sais aussi que rester à tes côtés serait égoïste, car moi, je n’ai rien de bien à t’offrir.

Gabriel se rapprocha finalement de Béatrix et fit la seule chose qu’il avait envie de faire durant toute son absence, il la serra dans ses bras. La toucher, respirer son odeur, la sentir à ses côtés une dernière fois, c’était de ça qu’il avait besoin. Ils restèrent ainsi plusieurs secondes, sans bouger, sans même parler, profitant de cet instant, puis Gabriel lui susurra finalement quelques mots.

- Pars Béa, je te le demande... Inutile de te punir en restant près de moi, je ne t’en voudrais pas.

Il s’écarta finalement d’elle, détournant le visage, il ne voulait pas qu’elle le regarde, pas qu’elle le voit triste, car c’était ce qu’il était, triste. Il aurait aimé que les choses se passent autrement, mais il ne regretterait jamais de l’avoir connu car sans elle il aurait seulement été un meurtrier, et rien d’autre.

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MessageSujet: Re: Pourquoi m'as-tu abandonné ? [Pv Gabichou =D]   Jeu 7 Juil - 9:43

Gabriel me tourne le dos. Je n’ai pensé qu’à lui pendant des semaines et il ne m’accorde pas même un regard. Et dire que j’avais espéré que cette visite arrangerait les choses. Que tout redeviendrais comme avant. Mais rien ne sera jamais plus pareil. Gabriel m’a oublié, il ne veut plus de moi et je vais devoir vivre avec ça. Si j’en ai la force. Ce dont je doute… Mon ami - ou plutôt Ex-ami – reste silencieux un long moment, si bien que j’en viens à me demander s’il m’a même ne serait-ce qu’écouté ce que j’essayais maladroitement de lui dire. Lorsqu’il prend enfin la parole, le ton de sa voix est froid, dénué de toute émotion.

- De l’espoir... Depuis quand est-ce que tu crois en l’espoir Béatrix ?

Voilà, qui confirme bien ce que je pensais : je suis venue ici pour rien. Gabriel a choisi. Choisi de vivre sans moi, de m’abandonner à mon sort et il n’éprouve apparemment aucun remords à le faire. Il a simplement… pris cette décision et ne semble pas vraiment disposé à m’en expliquer les raisons. Et moi qui pensais compter pour lui… Je me suis fourvoyée, une fois de plus. Est-il donc si facile de me tromper ? Il faut croire que oui. Je croyais qu’il m’aimait, j’avais tout faux. En vérité il ne m’accorde même pas assez d’importance pour juger utile de m’expliquer les raisons de cet abandon. Il doit se dire que je n’en vaux pas la peine. Qu’une femme assez stupide pour revenir ainsi quémander son affection après qu’il l’ait rejeté ne mérite même pas qu’il lui accorde la moindre attention. Oui, il doit vraiment me prendre pour une parfaite idiote… J’ai bien du mal à retenir les larmes qui menacent d’inonder mes joues. Je m’efforce pourtant de le faire de mon mieux. Pleurer ne m’aiderait pas vraiment à conserver le peu de dignité qu’il me reste… Mais après tout, qu’importe la dignité… Maintenant que je suis là autant tout tenter. Qu’ai-je donc encore à perdre ? Rien.

- J’ai toujours cru en l’espoir Gabriel… Et davantage encore en ce moment. Si, pendant ces longues semaines passées enfermée dans ma chambre, je n’avais pas eu l’espoir que tu reviennes… Je ne serais pas ici en ce moment. Je serais six pieds sous terre. A condition que quelqu’un ce soit aperçu de ma mort, ce dont je doute fortement. Je n’aurais manqué à personne. Et surtout pas à toi, à ce que je vois.

Gabriel pivote lentement vers moi. Mon regard accroche le sien et je constate avec stupéfaction que ses yeux sont dénués de toute la haine que je pensais y trouver. Non, ce que je vois dans ce regard c’est le doute. Un doute qui le tiraille, le torture. Serait-il possible que… qu’il y ait encore de l’espoir ? Peut-être que j’ai raison d’y croire finalement. Gabriel hésite longuement avant de pousser un soupir résigné.

- Pourquoi... Pourquoi est-ce que tu t’accroches tant à moi ? J’ai gâché tes rêves, je t’ai mené dans une voie qui n’était pas la tienne. Tu sais ce que je suis, tu déteste ce que je fais, et pourtant… Pourtant tu restes à mes côtés alors que je ne t’apporte rien de bien. Alors dis le moi Béa, pourquoi rester avec moi malgré toute la souffrance que je te procure ?

Oui… Pourquoi ? Au fond de moi je crois le savoir même si je refuse de l’admettre. Gabriel semble y attacher beaucoup d’importance mais… Je ne veux pas avoir à répondre à cette question. Je ne sais plus quoi en penser… Il me faut plus de temps pour réfléchir à tout cela. J’élude donc volontairement la véritable question pour ne répondre que partiellement.

- Tu ne m’apportes rien de bien ? Ne dis pas cela. C’est faux. Crois-moi, tu es la meilleure chose qui me soit arrivée depuis très longtemps. Peut importe ce que tu es, ce que tu fais, je suis heureuse avec toi. C’est tout ce qui compte. Pourquoi refuses-tu de le voir ?

Cela n’est qu’une partie de la réponse et je sais que mon ami ne sera pas dupe de la supercherie. Mais la véritable réponse… m’effraie. La voix de Gabriel me tire brusquement de mes réflexions.

- Je déteste être avec toi, car je déteste ce que je t’apporte... Et pourtant j’ai besoin de toi Béa, de ta présence, de ton sourire, de ta positivité. J’ai besoin de t’avoir à mes côtés car sans toi il ne me reste plus que la vengeance... Mais je sais aussi que rester à tes côtés serait égoïste, car moi, je n’ai rien de bien à t’offrir.

Pourquoi Gabriel se refuse-t-il ainsi d’être heureux ? Pourquoi se poser autant de questions, pourquoi réfléchir autant alors que les choses pourraient être tellement plus simples ?

- Tu m’apportes la joie, Gabriel et c’est amplement suffisant ! Arrête de toujours vouloir intellectualiser la situation. Les choses sont simples. Tu as besoin de moi. J’ai besoin de toi. Alors arrête de me rejeter et laisse-moi t’aider. Laisse-moi être ton amie.

Gabriel s’approche et me prend dans ses bras. Il me serre doucement contre lui, en me caressant les cheveux. C’est ce que je souhaitais depuis le début, pourtant quelque chose dans cet étreinte me met mal à l’aise. Cette façon qu’il a de me caresser, de respirer mon odeur comme s’il voulait s’en imprégner. Oui, c’est comme s’il me touchait, me sentait pour la dernière fois. Et je comprends que mes arguments ne l’ont pas convaincu, qu’il souhaite toujours que je parte… Je resserre un peu mon étreinte et pose ma tête sur son épaule. Son épaule qui est en réalité pleine de sang et d’éclats de verre. J’avais bien vu que Gabriel paraissait fatigué et abattu, mais pas qu’il était blessé. Que s’est-il donc encore passé ? Son odeur à lui me laisse supposer qu’il a bu et pas qu’un peu. Bagarre à la taverne, j’imagine… Mais Gabriel se penche vers mon oreille et me murmure quelques mots.

- Pars Béa, je te le demande... Inutile de te punir en restant près de moi, je ne t’en voudrais pas.

Gabriel s’écarte de moi. La tête baissée, il refuse de croiser mon regard. Vaine tentative pour me dissimuler ses sentiments. Je m’approche à nouveau et glisse doucement ma main sous son menton pour le forcer à me regarder.

- C’est toi qui me puni en me rejetant comme tu le fais. Je te l’ai dit, je me sens bien avec toi. Alors laisse-moi être heureuse.

Je le lache et m’écarte un peu pour pouvoir examiner son épaule. La blessure semble profonde et des éclats de verre sont restés plantés dans la chair. Certains se sont même glissés sous la peau. Il me semble que c’est le genre de verre qu’on utilise pour faire les bouteilles. Définitivement, il s’agit bien d’une bagarre de taverne. Et puis, avouons-le, cela ressemble assez à mon ami. Déjà en temps normal il n’est pas réputé pour sa retenue, alors quand il a bu…

- Je ne vais pas partir, Gabriel. Et n’essaie pas de m’y forcer. C’est à moi de prendre cette décision, pas à toi.

Le ton de ma voix est sans réplique et ne souffre aucune contestation, ce qui ne m’empêche pas d’esquisser un demi-sourire.

- Et puis regarde dans quel état tu es. Tu as bu, tu t’es battu… Tu ne fais que des bêtises quand je ne suis pas là pour te surveiller. Alors il est hors de question que je te laisse encore seul, je me sentirais responsable de tous les morts que tu laisserais derrière toi.

Je fais de mon mieux pour détendre un peu l’atmosphère. Je souhaiterais juste… oublier tout cela. Oublier l’abandon de Gabriel, oublier ces longues semaines déprimantes passées sans lui. Faire comme si rien ne s’était passé. Comment est-ce que j’aurais réagis en voyant mon ami rentré blessé, avant cette dispute ? Je l’aurais soigné. Alors je le prends par la main et l’emmène avec moi, sans me préoccuper de ses protestations. Il est bien trop faible pour pouvoir me résister de toute façon. Je le fais assoir sur le lit et part en quête de l’ustensile qui pourrait m’aider à retirer les éclats de verre fichés dans la chair. Je finis par dénicher une sorte de pince en métal qui devrait faire l’affaire. Je m’assois donc sur le lit à ses côtés et entreprends d’enlever les morceaux de bouteille de l’épaule de mon ami. Bien que Gabriel soit particulièrement résistant à la douleur, je m’efforce tout de même d’être la plus délicate possible. Une fois ma tâche accomplie, il me suffit de refermer les plaies à l’aide de la magie. Plus aucune trace ne subsiste de la blessure. Satisfaite, je lui souris.

- Alors dis-moi, que s’est-il passé exactement ? Combien de pintes de bières ? Combien de victimes ? Et surtout pourquoi ?

Je m’efforce de prendre un ton enjoué, mais n’arrive même pas à me convaincre moi-même. Alors convaincre Gabriel… Et il sait bien qu’en temps normal, je ne suis pas vraiment du genre à ironiser sur les « victimes » qu’il laisse régulièrement derrière lui. C’est même plutôt l’inverse. Mais tout est tellement différent aujourd’hui… Gabriel m’observe et je vois bien que quelque chose le tracasse. Je sais ce que c’est. Une fois de plus il se demande pourquoi je fais tout cela. Pourquoi je le soigne, pourquoi je fais tous ces efforts. Ma réponse évasive n’a pas suffit à le satisfaire. Il est vrai que le fait que je me sente bien avec lui ne suffit pas à justifier un attachement aussi fort… Non, ce qui justifie cet attachement, c’est justement des sentiments beaucoup plus forts. Plus forts qu’une simple amitié… Mais je redoute la réaction de mon ami si je lui en parlais. Peut-être que lui ne ressent pas la même chose pour moi. Bien que nous n’en ayons jamais ouvertement discuté, je sais très bien que Gabriel rejette les sentiments et en particulier les sentiments amoureux. Il craint sans doute qu’ils ne l’affaiblissent. Et il n’a pas tort sur ce point. L’amour rend faible et pour quelqu’un qui a autant d’ennemi que lui… Tout est tellement compliqué, je ne sais plus quoi penser. Je n’arrive pas à savoir ce qu’il ressent.. Mais ce qui est sûr c’est que lui avouer la vérité pourrait bien tout gâcher alors que je viens seulement de le retrouver après plusieurs semaines passées loin de lui. En même temps ne rien lui dire serait presque lui mentir par omission. Et, après tout, il ne faut pas exclure la possibilité que ces sentiments soient réciproques. Si c’était le cas… Alors je me priverais peut-être de ce que je désire le plus en ne lui disant rien. Oui je ferais mieux de lui en parler. Mais je n’ose pas. Je ne sais pas comment je pourrais présenter les choses et me connaissant cela risque d’être difficile, je ne suis pas très douée pour mettre des mots sur mes sentiments. Peut-être vaudrait-il mieux que je le lui dise autrement qu’avec des mots. Parfois l’action est préférable aux discussions interminables. Oui c’est sans doute la meilleure solution, mais mon cœur est serré par l’appréhension à cette simple idée. Je le regarde et cette fois toute trace de sourire a disparu de mon visage, j’ai si peur que Gabriel me repousse à nouveau… Mais il n’est plus temps de reculer. J ‘ai pris ma décision.

Je me rapproche un peu et attrape délicatement son visage entre mes mains pour l’empêcher de se dérober. Et je l’embrasse. Ses lèvres que je plaque contre les miennes m’apparaissent à la fois douces et brûlantes. Ce baiser est très bref, à peine quelques secondes, mais j’essaie d’y faire passer tout l’amour et la tendresse que j’éprouve envers Gabriel. Puis je m’écarte de lui et scrute son visage non sans une certaine inquiétude. Mais il m’est impossible de deviner ce qu’il peut bien penser, ni l’effet que ce baiser inattendu a pu avoir sur lui.


- Je suppose que tu as la réponse à ta question…

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MessageSujet: Re: Pourquoi m'as-tu abandonné ? [Pv Gabichou =D]   Sam 9 Juil - 14:17

- J’ai toujours cru en l’espoir Gabriel... Et davantage encore en ce moment. Si, pendant ces longues semaines passées enfermée dans ma chambre, je n’avais pas eu l’espoir que tu reviennes… Je ne serais pas ici en ce moment. Je serais six pieds sous terre. A condition que quelqu’un ce soit aperçu de ma mort, ce dont je doute fortement. Je n’aurais manqué à personne. Et surtout pas à toi, à ce que je vois.

Elle n’aurait manqué à personne ? Et surtout pas à lui ? Pourquoi disait-elle de telles bêtises ? Si Béatrix mourrait un jour, le magicien ne le supporterait pas, mais si celle-ci mourrait à cause de lui, il serait sans doute plongé dans une haine irréversible envers lui-même et se détruirait à petit feu. Gabriel devait bien reconnaître une chose, il dépendait d’elle tout comme elle dépendait de lui. Mais il n’était toujours pas satisfait, il voulait savoir, savoir pourquoi Béatrix tenait à lui malgré ce qu’il était, malgré ce qu’il venait de lui faire subir. Mais celle-ci ne semblait pas non plus connaitre la réponse à cette question car elle ne lui répondit que partiellement.

- Tu ne m’apportes rien de bien ? Ne dis pas cela. C’est faux. Crois-moi, tu es la meilleure chose qui me soit arrivée depuis très longtemps. Peut importe ce que tu es, ce que tu fais, je suis heureuse avec toi. C’est tout ce qui compte. Pourquoi refuses-tu de le voir ?

Elle était heureuse avec lui ? Se mentait-elle à elle-même en disant une telle chose juste pour qu’il se sente mieux ? Oui, il en était persuadé, encore une fois elle voulait se sacrifier pour lui. Gabriel se souvenait très bien le regard apeuré de celle-ci à la forêt lorsqu’il avait tué de sang froid les chevaliers. Il l’effrayait, alors pourquoi se forçait-elle à rester auprès d’un homme qu’elle craignait ? Peut-être se posait-il trop de questions après tout... Peut-être que malgré tout ce qu’il était, elle tenait quand même à lui. Il aimerait que ce soit le cas, pourtant il avait tellement de mal à admettre que ce soit possible, et Béatrix ne s’était pas gênée pour le lui faire remarquer. Gabriel ne répondit toujours rien aux propos de celle-ci, en vérité, il ne savait pas vraiment quoi répondre car il ne savait même pas pourquoi il refusait de voir les choses en face. Peut-être que finalement, c’était lui que cette vérité effrayait... Celle-ci, voyant que Gabriel n’était toujours pas convaincu reprit la parole.

- Tu m’apportes la joie, Gabriel et c’est amplement suffisant ! Arrête de toujours vouloir intellectualiser la situation. Les choses sont simples. Tu as besoin de moi. J’ai besoin de toi. Alors arrête de me rejeter et laisse-moi t’aider. Laisse-moi être ton amie.

Son amie... Si seulement il ne s’agissait que de ça. Une telle dépendance ne pouvait être due qu’à une simple amitié. Il y avait bien plus que ça entre eux, mais c’était justement ce qu’il y avait qu’il n’arrivait pas à accepter. Finalement, toujours sans répondre, Gabriel vint la prendre dans ses bras. Oui, les gestes étaient bien plus représentatifs que les mots, et de toute façon, Gabriel ne savait toujours pas quoi lui répondre. Mais le magicien regretta vite leur étreinte lorsqu’il s’aperçut que Béatrix avait remarqué sa blessure à l’épaule, et la connaissant bien, il savait que celle-ci voudrait à tout prix le soigner. Mais il ne le désirait pas, il ne voulait pas qu’elle l’aide, il ne voulait pas être soigné. Alors il préféra lui dire tout de suite qu’il préférait qu’elle parte, qu’il ne lui en voudrait pas, mais apparemment celle-ci voyait les choses d’une autre façon. Après s’être éloigné d’elle, Béatrix se rapprocha de plus belle et lui attrapa le menton, le forçant à regarder les yeux qu’il fuyait.

- C’est toi qui me puni en me rejetant comme tu le fais. Je te l’ai dit, je me sens bien avec toi. Alors laisse-moi être heureuse. Je ne vais pas partir, Gabriel. Et n’essaie pas de m’y forcer. C’est à moi de prendre cette décision, pas à toi.

- J’aurais au moins essayé... de te protéger de moi.


Il ignorait si Béatrix avait entendu les mots qu’il venait de prononcer, car il se les était dit pour lui-même, pour se convaincre. Finalement il avait abandonné, et Béatrix avait gagné. De toute façon ça ne changé pas de d’habitude, face à ses propos, Gabriel perdait toujours, il était désarmé. Finalement il la laissa faire selon ses volontés, et Béatrix vint le tirer vers son lit pour le faire s’asseoir afin de le soigner. Gabriel ne grimaça pas une seule fois lorsqu’elle lui retira les morceaux de verres, il l’observait faire et se taisait. Mais Béatrix fut sans doute la première à ne pas supporter ce silence qui pesait entre eux, car elle reprit la parole pour détendre l’atmosphère, lui affirmant que sans elle, il ne faisait que des bêtises et qu’elle se sentirait responsable de tous les meurtres qu’il causerait. Lorsqu’elle lui parlait ainsi, il se sentait comme un enfant en train de se faire soigner et réprimander de manière détournée par sa mère, et cette vision des choses le déplaisait assez. Gabriel n’avait pas besoin de quelqu’un pour se surveiller, il assumait parfaitement ses actes, il ne regrettait aucun mort qu’il avait bien pu laisser derrière lui... Il tuait, il aimait ça et son mode de vie ne changerait sans doute jamais. Pourtant Béatrix refusait de voir les choses de cette façon, elle refusait d’admettre qu’il était cruel, qu’il tuait pour son plaisir. Comment réagirait-elle lorsque cette vérité lui sauterait finalement aux yeux ? Elle en serait surement terrifiée, détruite, et c’était de ça que Gabriel avait voulu la protéger. Béatrix croyait en l’espoir, elle voulait le changer et pensait en être capable. Peut-être avait-elle raison d’y croire au fond, car Gabriel l’avait bien remarqué, à ses côtés il n’était pas le même, à ses côtés il ressentait des… sentiments ? Oui, ce devait sans doute être ça… Gabriel ne quittait pas des yeux le visage de Béatrix, mais celle-ci le tira de ses pensées lorsqu’elle reprit la parole.

- Alors dis-moi, que s’est-il passé exactement ? Combien de pintes de bières ? Combien de victimes ? Et surtout pourquoi ?

- Je ne m’en rappelle plus...


Faux. Gabriel ne se rappelait peut-être plus le nombre de bières qu’il avait bien pu boire, mais il se rappelait pourquoi il était entré dans cette taverne, il se souvenait également avoir tué une femme et un homme, et peut-être même un deuxième. Mais il se rappelait surtout pourquoi il s’était battu. Pour la défendre, elle, cette femme dont il ne supportait pas que d’autres personnes disent du mal à son propos. Malgré tout, il n’était pas fier de ce qu’il avait fait, et il ne voulait pas la décevoir en lui disant la vérité, alors il préférait la taire en inventant un mensonge tout aussi plausible que cette vérité. Il doutait qu’elle le croit, mais au moins il aurait essayé... Finalement un nouveau silence s’installa, et ils repartirent tout deux dans leurs pensées. Il aurait bien aimé lire dans l’esprit de Béatrix à cet instant, car le regard qu’elle posait sur lui… Il ne le connaissait pas. Regrettait-elle le fait d’être venue dans sa chambre pour se "réconcilier" avec lui ? La décevait-il encore en ne lui racontant pas ce qu’il s’était passé à la taverne ? Il n’arrivait pas à savoir sur quoi elle méditait, en revanche il arrivait à percevoir du doute à travers son regard. Mais la réponse à ses questions vint vite à lui lorsque celle-ci rapprocha de lui et qu’elle attrapa son visage entre ses mains pour y déposer un baiser...

Douceur, voilà à quoi ressemblait un baiser. Toutes ces émotions nouvelles, elles lui procuraient un bien être atroce, une sensation qu’il s’était refusé de ressentir pendant de longues années. Pourquoi ne pas avoir accepté autant de tendresse lorsque celle-ci lui procurait un si grand bien ? Peut-être parce que justement, s’était lui qu’il voulait punir. Un être comme lui n’avait pas le droit au bonheur. Pourtant ce baiser, il l’appréciait et en désirait même d’autres de sa part. Mais s’accorder ce plaisir, ce serait trahir ce qu’il était, trahir ce qu’il avait voulu devenir. Un être cruel et sans cœur. Pourquoi avait-il voulu se créer ce personnage ? Pour ne pas avoir à souffrir, car la douleur, il l’avait trop enduré dans sa jeunesse, et souffrir à nouveau le détruirait surement pour toujours. Mais la carapace qu’il avait voulu se forger se fissurait chaque fois qu’il croisait Béatrix, et à présent qu’elle lui avait prouvé son amour à travers ce baiser, elle venait de se briser. Lui aussi avait droit au bonheur après tout, et cette souffrance, il ne voulait pas la ressentir à nouveau en repoussant Béatrix.


- Je suppose que tu as la réponse à ta question...


Gabriel détourna le regard du sien quelques secondes. Essayait-il encore de résister ? Oui, bien qu’au fond il savait que cela n’allait pas fonctionner... Gabriel succombait peu à peu à la tentation. Finalement, lorsqu’il tourna à nouveau son regard vers Béatrix et que son regard fut plongé dans le sien, il sut ce qu’il devait faire.

- Décidément... Te résister est bien plus difficile que je l’aurais pensé.

Le magicien se rapprocha alors à nouveau d’elle, partageant un second baiser, bien plus long. Cette fois, ce fut Gabriel qui lui fit ressentir tout l’amour qu’il éprouvait envers elle à travers ce baiser. Oui, pour une fois depuis de longues années, Gabriel était heureux. Mais ce sentiment, combien de temps allait-il durer ? Car Gabriel savait très bien que malgré tout le bien être que Béatrix lui procurait, tôt ou tard il replongerait dans ses plans de vengeance. Mais pour l’instant, à quoi bon penser à tous cela. Autant profiter de l’instant présent tant qu’ils le pouvaient. Leur baiser se rompit finalement, mais Gabriel ne la quittait toujours pas du regard. Il caressa délicatement du bout de son doigt, la joue de Béatrix. A cet instant, il ressentait un terrible besoin d’être près d’elle pour toujours.

- Félicitation Béa, tu as réussi à faire succomber l’effroyable Gabriel Turner.

Gabriel lui adressa un sourire taquin. Mais au fond, ce n’était pas ces mots la qu’il avait vraiment voulu prononcer, il aurait plutôt aimé lui dire "je t’aime", mais pourtant quelque chose le bloquait, il ne savait pas quoi, mais ces mots n’étaient en tous cas pas parvenus à sortir de sa bouche, et il se doutait bien que Béatrix voudrait surement que ce soit lui qui les prononce en premier. Peut-être qu’avec le temps, il parviendrait à les dire, à prononcer ces trois mots interdits, car s’il y avait bien une chose dont il était sûr à présent, c’est qu’il aimait Béatrix Ys.

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MessageSujet: Re: Pourquoi m'as-tu abandonné ? [Pv Gabichou =D]   Ven 22 Juil - 23:09

Gabriel évite mon regard. Il est apparemment en proie à un rude combat intérieur… Va-t-il se laisser tenter ? Je commence à en douter. Et pourtant il en a envie, cela se voit. Je sais qu’il a apprécié ce baiser que je lui ai donné, je l’ai senti. Mais il semble avoir le don de rejeter tout ce qui pourrait le rendre heureux. Pourquoi ? Pourquoi se refuse-t-il ainsi d’accéder au bonheur ? Peut-être qu’il a tous simplement… peur. A priori, associer Gabriel et peur me parait juste risible. Mais en ce qui concerne les sentiments… Gabriel a traversé de terribles épreuves dans sa jeunesse, peut-être pense-t-il qu’en rejetant toute forme de sentiment, il n’aura plus jamais à souffrir. Mais pourquoi continuer si cela doit le rendre malheureux ? Mon « ami » en est visiblement arrivé au même constat. Quand nos regards se croisent à nouveaux le doute semble avoir disparu de ses prunelles vertes, aussitôt remplacé par un désir brûlant.

- Décidément... Te résister est bien plus difficile que je l’aurais pensé.

Je sens mes lèvres s’étirer en un sourire amusé.

- Toute résistance est inutile…

Et ce que je désirais plus que tout fini enfin par se produire. Gabriel s’approche de moi et m’embrasse. Ce baiser-là est beaucoup plus long que le précédent, mais aussi beaucoup moins innocent. Nos lèvres, collées l’une à l’autre, semblent ne jamais devoir se séparer. Je voudrais tant qu’il en soit ainsi… Que nous puissions rester là, tous les deux pour l’éternité, sans plus avoir à nous soucier de rien, ni personne d’autre. Que Gabriel oublie sa vengeance… Oui, j’aimerais tellement croire qu’une telle chose soit possible, mais à quoi bon se leurrer ? Je sais très bien que cela n’arrivera pas. La vie nous rattrape toujours, quoi qu’on fasse… Gabriel finit par s’écarter de moi et me caresse délicatement la joue. Il y a dans ce simple geste une tendresse que jamais je n’aurais cru pouvoir trouver chez lui.

- Félicitation Béa, tu as réussi à faire succomber l’effroyable Gabriel Turner.

Pendant un cours instant, j’ai l’impression que ces mots ne sont vraiment ceux qu’il a voulu prononcer, comme si quelque chose l’avait empêché de dire ce qu’il pensait réellement. Mais le petit sourire taquin qu’il m’adresse me fait oublier tout le reste, y compris mes vagues soupçons. Ce sourire-là me laisse penser que Gabriel et moi n’allons pas nous limiter aux longs baisers romantiques. Ce qui me convient parfaitement.

- Déjà ? Pourtant l’effroyable Gabriel Turner n’a encore rien vu…

Cette phrase, je la lui ai murmuré au creux de l’oreille, à voix très basse. Tout en lui rendant son sourire, je commence à délacer lentement sa chemise tachée de sang, avant de la lui retirer. Ma main se pose sur son ventre, remonte le long de son torse nu et je sens sous ma paume les marques de ses muscles parfaitement dessinés. A cet instant plus encore que d’habitude je suis frappée par sa beauté. Il est si… parfait. Et moi… Je me demande ce qu’il peut bien me trouver. Je n’ai pourtant rien de particulier, ni d’intéressant. Pourquoi me choisir moi alors qu’il pourrait avoir n’importe qui d’autre ? Enfin, je ferais peut-être mieux de profiter de ma chance au lieu de me poser des questions… Après tout, le pourquoi n’a pas tellement d’importance.

Je glisse mes mains sur ses épaules et y exerce une légère pression pour l’inciter à se coucher sur le lit. Il parait assez surpris par cette façon de faire, mais un doux baiser sur ses lèvres suffit à le convaincre d’obtempérer. Alors je m’assois sur son bassin pour l’immobiliser et cette fois, c’est à mon tour de lui adresser un petit sourire taquin. Puis je me penche, lui embrasse le bas ventre, remonte lentement le long de son torse avant de venir nicher mon visage au creux de son cou. Je respire lentement, m’imprègne de son odeur si agréable. Je veux pouvoir me souvenir même du plus petit détail, pour pouvoir revivre encore et encore cet instant. Je reste un moment ainsi, collée à lui, quasiment immobile hormis un léger mouvement du bassin. Enfin, je me redresse, le contemple un instant et entreprend de dénouer les lacets qui retiennent ma robe, tout en continuant à le regarder dans les yeux. Ma tâche achevée, je me débarrasse de la robe et la jette par terre. Evidemment, n’étant pas le genre de petites filles prudes qui mettent une chemise sous leurs vêtements, je me retrouve à présent totalement nue. Les mains de Gabriel glissent le long de mes cuisses, agrippent fermement mes hanches et me font basculer sur le côté. Avant même que j’aie pu réaliser ce qu’il m’arrivait, nos positions se retrouvent inversées. Je reste un instant stupéfaite de la façon dont ses bras ont su me réduire à l’impuissance, m’emprisonner dans leur étreinte. Une prison des plus agréables et dont je n’ai pas la moindre envie de me libérer. Je préférerai plutôt y rester à jamais.

Je voudrais dire à Gabriel que je l’aime, que la seule chose que je souhaite est de rester avec lui pour l’éternité, que le temps se fige pour que cet instant n’ait pas de fin. Mais je m’abstiens. C’est exactement le genre de déclaration qui peuvent faire fuir un homme et c’est bien la dernière chose que je désire. Alors je lui déclare tout autre chose, bien que cela soit tout aussi vrai.


- Gabriel… Je te veux.

Ma respiration se fait de plus en plus rapide. Nos regards s’accrochent et je crains de me noyer dans ses prunelles vertes.

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Gabriel Turner
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MessageSujet: Re: Pourquoi m'as-tu abandonné ? [Pv Gabichou =D]   Sam 3 Sep - 3:51

- Déjà ? Pourtant l’effroyable Gabriel Turner n’a encore rien vu...

Ce son qu’elle me murmure à l’oreille je ne l’entends presque pas, je suis trop perturbé par son corps si proche du mien pour faire attention au reste. Cette fois nos contacts n’ont plus rien d’amical, je la veux toute entière et je l’aurais. Sentir son odeur, toucher sa peau, contempler son corps et son visage, ce soir plus que jamais je ne veux plus la quitter. J’ai pourtant tenté de lui résister, mais à quoi bon, je suis sous son charme, cette ravissante et dangereuse créature a déjà capturé mon cœur, il est trop tard à présent. Béatrix décide de prendre les choses en main et me retire ma chemise, c’est alors que je sens ses petits doigts parcourir lentement mon torse. Oui c’est bel et bien trop tard, je suis sous son emprise et me laisse totalement guider par cette femme. En moins de quelques secondes je me retrouve allongé sur le lit avec Béa par-dessus moi qui entreprend une série de doux baisers.

[Paragraphe spécial en mémoire de tes magnifiques cheveux]
En même temps qu’elle m’embrasse, je sens ses fins et doux cheveux glisser de haut en bas sur mon torse nu. Les cheveux de Béatrix, c’est fou ce que je peux les aimer, ils sont soyeux, longs, d’une couleur éclatante, et possèdent même une bonne odeur. Des cheveux noirs comme je les aime, et oui, Gabriel Turner préfère les brune. J’aime le mouvement rebelle de ses cheveux lorsqu’elle secoue la tête. J’aime jouer avec ses cheveux lorsque je la tiens dans mes bras. Je les aime lorsqu’ils sont lâchés ou attachés, raides ou bouclés, coiffés ou en pagailles… Je crois même que je préfère ses cheveux à elle *soooort* xD.
[Paragraphe sur les cheveux terminé, je crois que c’est mieux de m’arrêter la ^^]

Cette femme m’a décidemment envouté, je suis hypnotisé par elle, par ce qu’elle fait ou ne fait pas, par ce qu’elle dit ou ne dit pas, je suis prisonnier de ses filets et je ne veux pas m’en défaire. Et arriva le moment qui devait arriver... Béatrix, retirant sa robe et se retrouvant nue face à moi. Je savais qu’elle était belle, mais pour moi sa beauté touche la perfection. Une fine taille, de belles formes là où il faut, un corps souple et fragile. Je décide finalement de réagir et la fait basculer sur le côté afin de me retrouver au-dessus d’elle, cette fois j’ai la confirmation que cette femme est à moi, et rien ni personne ne me l’enlèvera.


- Gabriel... Je te veux.

Elle me veut, je la veux. Cette fois je suis sûr de moi, je ne doute plus de mes sentiments, je ne doute plus de rien. Et dire que pendant tout ce temps, je lui ai résisté, même moi j’ai du mal à m’en rendre compte. Finalement être à ses côtés ne semble pas faire que mon bonheur car Béatrix prend également beaucoup de plaisir à être ainsi, nue et collée contre son corps. Après plusieurs baisers sur son corps et sur ses lèvres, après s’être échangés quelques caresses, nous nous retrouvons rapidement tous les deux avec seulement une couette pour couvrir nos corps. Les minutes défilent, la température augmente, et les sentiments également. Cette soirée aura été longue mais me parait pourtant tellement courte... Le temps passe vite quand on s’amuse, je ne me doutais pas à quel point cette phrase pouvait être vraie jusqu’à aujourd’hui. Oui j’ai aimé cette soirée à ses côtés, et bien sûr je veux en partager encore beaucoup d’autres avec elle, Béatrix est la femme qu’il me faut.

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Le jour est déjà levé, et très vite, je sens la chaleur du soleil sur ma peau et sa lumière m’aveugler. Après avoir passé une bonne nuit, une journée pleine d’éclat s’annonçait, voilà qui allait surement enchanter Béatrix. J’émerge petit à petit, à mon rythme (donc lentement *sort*), puis tourne ma tête pour contempler ma belle, allongée dans mon lit et encore endormie. Je l’observe quelques secondes ainsi, pour rien au monde je ne voudrais la réveiller. Mais moi j’ai malheureusement des choses à faire, des obligations, et aujourd’hui je suis sensé voir Geoffroy, il aurait soit disant quelque chose d’important à me dire. Je ne voulais pas quitter ma Béa, encore moins pour voir cet homme, hélas cet homme en question est le roi, et je me dois de me présenter à lui lorsqu’il me le demande, en parlant de ça je suis déjà en retard... Oui je suis en retard mais je m’en fou, et même si Geoffroy m’envoyait au cahot pour l’avoir fait attendre –ce qu’il ne fera pas-, je m’en fouterais aussi, car ce n’est certainement pas lui qui gâchera mon plaisir d’aujourd’hui. Je dépose un doux baiser sur les lèvres de Béa et sors du lit direction la douche. Une fois propre et frais, j’enfile un caleçon et un pantalon lorsque je remarque que Béa se réveille à son tour.


- Bien dormi ?

Je lui adresse un sourire en même temps que je cherche une chemise encore potable à mettre pour me présenter à Geoffroy. Mais je ne lui résiste pas bien longtemps et laisse de côté mes chemises pour venir l’embrasser et la prendre dans mes bras. Non... Résiste Gabriel, elle ne doit pas te déconcentrer, tu la reverras très bientôt de toute façon. Je m’arrache d’elle à contrecœur, repartant à la recherche d’une bonne chemise en même temps que je lui adresse quelques mots.

- Désolé de te quitter si rapidement, mais lorsque les rois ont des caprices mieux vaut ne pas trop les faire attendre... Mais cette situation ne durera pas éternellement, les rois ça ne dure qu’un temps. Si Geoffroy décide de me retenir trop longtemps, je l’enverrais balader pour te rejoindre donc reste dans les parages Wink

Je me décide finalement à prendre une chemise et à l’enfiler avant de l’embrasser à nouveau et de quitter la chambre. Elle m’en voudra peut-être de partir si vite, mais je sais qu’elle s’en remettra vite, il suffit d’une bonne douche et d’une belle surprise pour atténuer mon absence. Et oui, j’ai bien dit une surprise, je n’allais tout de même pas la laisse comme ça. J’ai demandé à ce qu’on monte dans la chambre de Béa le meilleur petit-déjeuner accompagné qu’une rose rouge. Espérons que ça lui plaise en attendant mon retour.

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MessageSujet: Re: Pourquoi m'as-tu abandonné ? [Pv Gabichou =D]   Mer 7 Sep - 13:53

Âme sœur. C’est un concept que je n’avais jamais vraiment assimilé jusqu’à maintenant. Pour être honnête, j’avais même plutôt tendance à me moquer de ceux qui croyaient l’avoir trouvé. Mais maintenant je comprends. Je comprends qu’il est parfois possible de se sentir tellement en accord avec une personne qu’on a presque l’impression de ne faire qu’un avec elle. Et c’est cette sensation que j’ai quand je suis avec Gabriel. Une parfaite communion des esprits et des pensées. Comme si… Nous nous connaissions par cœur. Et je crois même que c’est le cas après toutes ces années passées ensemble. A tel point que j’ai fini par envisager notre relation sous un jour autre qu’amical… A vrai dire j’y ai déjà longuement songé et aujourd’hui, alors qu’il me retient « prisonnière » de son étreinte, je sais que je suis prête. Prête à ne faire qu’un avec lui au sens propre du terme.

Alors que nous nous embrassons encore et encore, je sens ses mains douces courir sur mon corps nu, le caresser, l’explorer ; me procurant de délicieux frissons qui me feraient presque trembler toute entière. Je crois que jamais encore aucun autre contact ne m’avait procuré de telles sensations, sans doute parce que je n’ai jamais été aussi amoureuse que je le suis aujourd’hui. Quoi de plus agréable que de sentir le corps de celui qu’on aime contre le sien ? Rien. Mais cela, je le découvre à l’instant. Ma vie sentimentale n’a jamais été une très grande réussite jusqu’à maintenant et je pense même qu’aujourd’hui sera la première fois où je ferai l’amour… par amour. Sincèrement et sans arrière-pensée. Après tout ce temps… J’ai enfin trouvé la bonne personne, celle avec qui j’aimerais passer le reste ma vie. Et même le reste de l’éternité si j’étais croyante. J’ai presque du mal à croire à mon bonheur.

Enfin, Gabriel et moi finissons par nous glisser sous les couvertures, pour nous abandonner à une étreinte qui durera jusqu’aux premières lueurs de l’aube. Et alors que je plonge mon regard dans le sien, les dernières barrières qui nous séparent semblent tomber. C’est comme si la fusion de nos corps avait provoqué celle de nos esprit. Comme si nous ne formions plus qu’une seule et même entité parfaitement accordée. Avant il y avait Gabriel et Béatrix qui s’aimaient, maintenant il y a… autre chose. Un seul et même esprit pour deux corps, mais deux corps si proches qu’ils semblent ne former plus qu’un. Ce lien qui nous unis à cet instant s’impose à moi si puissant qu’il évince tout le reste. Je ne sais plus où s’arrête mon corps, où commence le sien. Je ne sais même plus qui je suis. Je ne sais plus rien…. Seule une chose demeure pour moi certaine, une émotion : le bonheur. Je suis heureuse comme je ne l’ai jamais été auparavant. Pour la première fois de ma vie, je me sens enfin… complète. Comme si quelque chose m’avait toujours manqué, et que ce quelque chose, je venais de le trouver.

Mais malheureusement, les bonnes choses ont toujours une fin et même si ces quelques heures passées en compagnie de Gabriel ont tout du rêve, il survient toujours le moment où il nous faut nous réveiller. Ou plutôt nous endormir, épuisés. Trop d’émotions, trop de sensations pour une seule soirée. Forcément, ça fatigue. Et alors que je sombre lentement dans le sommeil, blottie dans les bras de Gabriel, la seule chose que je désire est de ne plus jamais avoir à le quitter.


************

Quand j’émerge enfin, les rayons aveuglants du soleil m’indiquent à eux seuls qu’il est déjà tard. Mais peu importe. Je n’ai rien de prévu aujourd’hui. Gabriel, en revanche, est déjà levé. Et à voir l’empressement avec lequel il recherche des vêtements encore portables, il est sans doute déjà très en retard. En retard pour quoi, je ne sais pas. Et honnêtement, je m’en moque. Je n’ai pas envie qu’il parte, et c’est tout.

- Bien dormi ? Me lance mon ami sur un ton des plus jovial.

Je lui adresse un petit sourire mutin.

- Très bien. Mais pas très longtemps.

Oui, le moins qu’on puisse dire c’est que la nuit a été courte. Pour mon plus grand plaisir.

Comme prévu, Gabriel ne tarde pas à abandonner ses investigations vestimentaires pour venir me rejoindre sur le lit. Nous échangeons quelques baisers avant qu’il ne reparte en quête d’une chemise. Sans doute son occupation du jour est-elle très importante. Mais Gabriel ne tarde pas à m’éclairer sur ce point.


- Désolé de te quitter si rapidement, mais lorsque les rois ont des caprices mieux vaut ne pas les faire attendre… Mais cette situation ne durera pas éternellement, les Rois ça ne dure qu’un temps. Si Geoffroy décide de me retenir trop longtemps, je l’enverrais balader pour te rejoindre donc reste dans les parages Wink

C’est donc ça… Gabriel a été convoqué par Geoffroy. L’évocation de notre Roi me ramène brutalement à la réalité, que j’avais quitté le temps d’une nuit. En fait, c’est surtout le fait que ce soit Gabriel qui me parle de Geoffroy qui me perturbe, étant donné que le roi m’a demandé d’espionner mon ami. Ce que je ne ferai pas bien entendu. Néanmoins, je devrai bien lui faire mon rapport à un moment à un autre et je n’ai pas la moindre idée des mensonges que je vais bien pouvoir lui servir… Mais je ne veux pas penser à cela maintenant. Rien ne doit venir gâcher mon bonheur de retrouver Gabriel. Ce dernier s’approche de moi pour déposer un dernier baiser sur mes lèvres, j’en profite pour le retenir un instant avant qu’il ne me quitte pour une durée encore indéterminée.

- Reviens-moi vite.

Ces trois mots, je les lui ai murmuré au creux de l’oreille et le sourire de Gabriel me laisse penser que je serai exaucée.

Une fois mon ami parti, je m’habille rapidement avant de regagner ma propre chambre, à l’autre bout du couloir. Les quelques personnes que je croise semblent bien étonnées de me voir en ces lieux. Il faut dire qu’après avoir passées de longues semaines enfermée dans ma chambre, je ne serais pas étonnée qu’ils m’aient cru morte. Et, à vrai dire, je l’étais presque. Mais c’est terminé maintenant. Je revis.

Et ma bonne humeur déjà à son comble est encore accentuée par la petite surprise que je découvre, une fois rentrée chez moi. Un solide petit déjeuner m’attend, accompagnée d’une rose qui me renseigne sur le commanditaire de cette charmante attention. Et la rose rouge, symbole de la passion est, je trouve, tout à fait adaptée après la nuit que nous venons de passer. Prise d’une soudaine inspiration, je ferme les yeux et murmure une incantation. Quand je les rouvre, ce n’est plus une simple fleur que j’ai devant moi, mais tout un rosier florissant de roses rouges aussi vivaces et éclatantes que l’amour que j’éprouve pour Gabriel. Leur parfum délicat vient embaumer la pièce et l’ombre d’un sourire flotte sur mes lèvres.

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