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 D'un camp à l'autre [Pv Béatrix]

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Gabriel Turner
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MessageSujet: D'un camp à l'autre [Pv Béatrix]   Jeu 14 Avr - 20:00

A l’aube
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La veille, Gabriel avait fait parvenir une lettre à Geoffroy, lui annonçant qu’il avait une mission importante et personnelle à accomplir et qu’il devait lui en parler le plus rapidement possible afin de ne pas retarder son départ. Sa destination ? Le château d’Arthur. C’est pourquoi Geoffroy l’avait convoqué à la salle du trône le lendemain dès le lever du jour et Gabriel s’y rendit donc à l’heure indiquée. A cette heure-ci, l’endroit était encore calme, la plupart des gens n’étaient pas réveillés, et il se trouvait donc seul face au roi, excepté ce petit groupe de gardes qui l’entouraient en permanence, par mesure de précaution. Après tout un homme tel que lui pouvait avoir beaucoup d’ennemis, il valait mieux se méfier. Cet homme… Gabriel ne le considérait guère comme son roi, d’ailleurs il ne l’appréciait même pas. Le magicien ne trouvait même pas qu’il était digne de régner, mais ayant été chassé par les hommes d’Arthur, ce n’était pas vraiment comme s’il avait le choix. Mais tôt ou tard les choses changeraient, Gabriel s’allierait avec sa sœur et les quelques rares personnes à qui il pouvait accorder sa confiance, et à eux tous ils renverseraient la situation. Tuer Arthur et s’emparer du pouvoir, voilà quel était son but. Certes, n’étant pas le descendant du roi il n’avait pas sa place au trône, ni lui ni aucun de ceux qui l’accompagneraient d’ailleurs. Mais ils pouvaient tout aussi bien se l’approprier par la force. De la tyrannie ? Peut être bien, et alors ? C’était tout ce que méritait de voir s’accomplir la famille Pendragon. Oui, la vengeance qu’il leur réservait été terrible, car Gabriel comptait les faire souffrir de bien des manières avant de leur arracher la vie. N’appréciant pas non plus Geoffroy, il aurait tout aussi bien pu tenter de le renverser, mais ce n’était pas son but, car malgré tout, il n’avait rien contre ce roi et puis Gabriel aimait viser le plus haut possible. Bref, cessons de trop nous écarter du sujet, car pour l’heure, le magicien se trouvait face à Geoffroy et devait lui expliquer le contenu de la lettre qu’il lui avait envoyée.

- Comme je l’ai cité dans ma lettre, ce que je compte accomplir est personnel et doit rester secret. Mais si je vous dis que le roi, Arthur Pendragon, en sera très affecté, me permettrez-vous d’effectuer ma tâche sans en connaitre la cause ?

- Mh... Arthur en sera très affecté vous dites ?

- Bien plus que vous ne pouvez le penser...


En effet, Gabriel s’en allait tout droit vers le château d’Arthur afin de ramener sa sœur avec lui, et étant la pupille du roi, qu’il s’agisse d’une disparition ou d’une trahison, Arthur en serait de toute façon affligé. Geoffroy paraissait assez hésitant car il n’aimait pas envoyer un homme dans le camp ennemi sans en connaître la raison, mais rien ne dépassait son envie de déstabiliser Arthur et ça Gabriel le savait mieux que quiconque. C’est pourquoi il ne fallut pas bien longtemps à Geoffroy avant qu’il ne se décide et qu’il accepte sa proposition. Et comme toujours, le magicien agissait comme il le désirait. Pourquoi ne lui avait-il pas tout simplement dit que la pupille du roi était sa sœur ? Car il ne lui faisait pas confiance mais aussi, parce qu’il savait qu’un homme comme lui voudrait se servir de sa sœur et ça, il n’en était pas question. Le jeune homme tourna le dos au roi et s’en alla tout à fait satisfait de son entretien avec celui-ci. Gabriel retourna chez lui préparer quelques affaires. Il ne lui restait plus qu’à régler deux ou trois détails et il serait prêt à partir pour la nuit.

A la tombée de la nuit
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Vêtu d’une longue cape noire dont il venait de relever la capuche, Gabriel quitta sa demeure ainsi que les terres de Geoffroy de Meryl. Se rendre au château d’Arthur par la forêt de Brocéliande était le moyen le plus rapide, et par ce chemin la, les chances de rencontrer quelqu’un étaient minimes. L’endroit devenait sombre et le temps se faisait de plus en plus froid, mais cela ne semblait pas déranger le magicien. Il continuait d’avancer entre les arbres sans s’arrêter ni même se retourner, et quelqu’un qui le verrait se demanderait sûrement comment est-ce qu’il pouvait être aussi sûr de lui dans de telles conditions mais surtout, comment faisait-il pour ne pas se perdre. Et bien que voulez vous, disons simplement qu’il s’agissait d’un truc de magicien et le tour était joué. Mais Gabriel dut faire une pause, il venait d’entendre du bruit et savait qu’un groupe de personnes rôdait non loin de lui, il avait ressenti leur présence. S’ils étaient des ennemis, ils seraient fichus. Il s’approcha doucement de l’endroit où il avait entendu le bruit et aperçut un groupe de cinq hommes autour d’un feu. D’après leur armurerie, Gabriel en conclut qu’ils étaient du camp d’Arthur.

- Je sens que je vais m’amuser Twisted Evil

Celui-ci arbora un sourire qui en disait long sur ses actions, ce soir, du sang allait couler. Gabriel s’éloigna des hommes et commença à mettre en place les préparatifs. Poser des pièges, utiliser des armes, il possédait toute l’artillerie qu’il lui fallait, après tout pourquoi ne pas s’amuser un peu avant de s’occuper des affaires sérieuses ? Une fois tout ce qu’il fallait en position, Gabriel se craqua ses mains l’une après l’autre avant de se diriger vers les hommes. Ils ne semblaient pas endormis, quelle chance, il allait pouvoir affronter des hommes avec encore toute leur énergie. Il se posta devant eux, croisant à chacun leur regard, et attendit, les bras le long corps qu’ils comprennent qu’ils avaient face à eux un ennemi redoutable.

- Bonsoir messieurs, j’espère que vous avez bien profité de cette nuit, car il s’agit de la dernière que vous passerez. Twisted Evil

Gabriel ne laissa même pas le temps aux deux premiers hommes qui s’étaient relevés de sortir leurs épées qu’il lança tout droit vers leur cœur une dague empoisonnée. Il avait visé avec la force et la précision qu’il fallait pour que ses dagues atteignent leur objectif. Déjà deux hommes à terre, plus que trois. Le suivant s’avança à peine de quelques pas avant de ne déclencher le piège qu’il avait mis en place à l’aide de la magie. Une corde le souleva par les pieds et il tomba tête la première contre le sol, sa nuque se fracturant et sa vie le quittant immédiatement. Gabriel s’était gardé les deux hommes qui lui semblaient les plus forts pour la fin. Chacun une épée à la main, le bruit des lames s’entrechoquant ne cessait guère et faisait fuir les quelques animaux qui se trouvaient tout prêt. Et oui son point fort était certes la magie, mais qui avait dit que le jeune homme ne savait pas utiliser les armes ? Détrompez-vous si vous le pensiez car il adorait ça. Le combat dura plus de temps qu’il ne l’avait pensé, et il devait se débarrasser de ses adversaires rapidement s’il ne voulait pas perdre l’avantage, après tout il était quand même seul face à deux chevaliers. Gabriel profita d’un moment d’inattention de l’homme qu’il combattait à sa gauche pour lui planter son épée dans le cœur, mais l’autre combattant en profita pour le blesser à l’épaule. Cet homme avait osé faire couler son sang… Et il allait le regretter. Le regard de Gabriel devint plus sombre, ses yeux représentaient la mort. Dès l’instant où il retira son épée du corps de son autre adversaire, il trancha la tête de ce dernier qui avait pensé durant quelques secondes avoir prit l’avantage. Quelques gouttes de sang giclèrent droit sur son visage. Gabriel observa alors avec satisfaction le nouveau massacre qu’il venait de commettre. Une véritable œuvre d’art Twisted Evil Celui-ci déchira une partie du tissu des vêtements de l’un des morts et se fit un bandage à l’épaule afin d’arrêter le sang de couler. Celui-ci décida alors de reprendre sa route lorsqu’il entendit l’un des hommes qui gisait sur le sol tousser. Il s’agissait du deuxième qu’il avait blessé avec la dague, apparemment il n’était pas encore mort. Gabriel se rapprocha de celui-ci et s’accroupit près du corps agonisant.

- Mh quel dommage à cause d’une petite erreur de calculs tu vas mourir dans d’atroces souffrances qui te seront provoquées par le poison. Je récupères ceci et vais te regarder mourir, après tout pourquoi se passer d’un tel spectacle Twisted Evil

Il retira la dague, essuya le sang qui était dessus ainsi que celui qu’il avait sur le visage puis la rangea dans ses affaires. Gabriel partit s’asseoir contre un arbre tout près du feu encore allumé et comme il l’avait dit, il observa l’homme se tortiller de douleurs, et quitter lentement la vie. Il aurait très bien pu se délecter de ce spectacle jusqu’au lendemain matin si un autre inconnu n’était pas venu gâcher son plaisir. Un craquement de branche se fit entendre juste à côté de lui. Il ne savait ni si c’était une femme ou homme et encore moins dans quel camp cette personne était. Ce qu’il savait en revanche, c’est qu’il engagerait une traque si cet inconnu ne se montrait pas dans les secondes qui allaient suivre. Gabriel resta cependant toujours assis contre l’arbre, l’air totalement impassible et décontracté, ça faisait partie de sa nature de ne rien craindre.

- Qui que vous soyez, vous feriez mieux de vous montrer si vous ne voulez pas subir le même sort que ces hommes...
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Béatrix Ys
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MessageSujet: Re: D'un camp à l'autre [Pv Béatrix]   Dim 17 Avr - 15:38

[] Kingdom Of Heaven - Epica

Ce matin-là, il règne au château d’Arthur une agitation inhabituelle, sans pour autant que j’en connaisse la cause. Ce qui, bien entendu, m’exaspère au plus haut point. Je suis ici depuis un certain temps à présent et je ne peux supporter l’idée qu’une information d’importance ait pu m’échapper. Il est grand temps de remédier à cela.

Depuis la fenêtre de ma chambre, je peux apercevoir le parc ; sans doute le lieu du château que j’apprécie le plus, du fait de son calme. Sauf qu’aujourd’hui, l’endroit est tout sauf paisible. Des soldats, plus que je n’en ai vu depuis mon arrivée, circulent en tous sens. Le cliquetis des armes et armures, les cris des écuyers qui se hèlent d’un bout à l’autre de la cour, emplissent tout le château d’une joyeuse cacophonie. C’est cela qui m’a tiré du lit de si bon matin et cela explique en partie ma mauvaise humeur. Enfin, maintenant que je suis réveillée autant me mettre au travail tout de suite. Je m’habille donc, avant de descendre dans le parc et de m’installer sur mon banc habituel. Bien, il me faut maintenant trouver quelqu’un pour m’expliquer la cause de toute cette agitation. Je repère un chevalier, non loin de là, avec qui j’ai déjà ‘sympathisé’. Traduction : Ce crétin prétentieux ne cesse de me harceler à chaque fois que je le croise, en me faisant comprendre par des sous-entendus tout à fait appuyés qu’il aimerait bien que nous devenions un peu plus’ intime’ tous les deux… Il peut toujours espérer, mais je suis censée être une gentille fille calme et sans histoire ici, alors je supporte ses babillages sans protester. Et je fais bien, à ce qu’il semble car je compte bien en tirer avantage aujourd’hui. Le chevalier palabre avec animation avec deux de ses compagnons. Il est sans doute en train de déballer je ne sais quelle platitude à grand renfort de gestes, qui lui donne l’air d’un acteur de théâtre. Exactement le genre de personne que je déteste, imbu de lui-même, il parle fort et ne supporte pas de ne pas être le centre de l’attention générale. Mais il va bien falloir que je me force un peu aujourd’hui. Ah, tiens, on dirait qu’il m’a vue lui aussi. Je lui adresse mon sourire le plus aguicheur, accompagné d’un petit signe de main. Il délaisse ses deux compagnons, qui doivent être intérieurement très soulagés, et s’avance vers moi. Parfait, le poisson mord à l’hameçon, on dirait.


- Bien le bonjour, madame, commence-t-il d’un ton très théâtral qui me donne envie d’éclater de rire. Je me demandais justement quand est-ce que j’aurais enfin le plaisir de vous revoir !

Aujourd’hui sera sans doute la dernière fois, mon gars… Mais je lui réponds toute autre chose, sans oublier de ponctuer ma phrase d’un gloussement qui me donne l’air particulièrement stupide, à mon sens.

- Vous pensiez à moi ? Vraiment ?... Vous m’en voyez ravie. Pourquoi ne pas vous asseoir avec moi un moment ? A moins que vous ne soyez trop occupé. Vous devez être très demandé, j’imagine.

Occupé à quoi exactement ? Voilà ce que j’aimerais savoir…

- Très demandé, en effet. Mais rien ne pourrait m’empêcher de passer un peu de temps avec une aussi jolie femme que vous.

Mon dieu mais quel imbécile… Il s’assoit à côté de moi, beaucoup trop près à mon goût et étend négligemment le bras le long du dossier du banc, si bien que sa main se trouve à présent dans mon dos. Je n’ai qu’une envie : me soustraire à ce contact désagréable, mais au lieu de ça je continue à sourire comme une idiote.

- Et à quoi êtes-vous occupé exactement ?

Oui, oui, je sais. Aucune subtilité. Mais mon interlocuteur en est totalement dépourvu alors cela ne fait pas de grande différence. Loin de trouver la question suspecte, il saute sur l’occasion pour me raconter ses récents exploits, dont la moitié relève de la pure et simple invention, j’en suis certaine. Il monopolise tellement la parole qu’il plus d’un monologue que d’une conversation, je me contente juste de hocher la tête et d’approuver avec vigueur tout ce qu’il me dit. Et il parle, encore et encore… Incapable de supporter plus longtemps son babillage, je finis par l’interrompre.

- Et aujourd’hui ? Que se passe-t-il donc ?

Il ouvre de grands yeux étonnés.

- Vous n’êtes pas au courant ?

Si je te pose la question, idiot…

- Si, si, vous avez forcément entendu parler de ces attaques de loups…

Ah. Ça. Oui, évidemment j’en ai entendu parler, mais je n’y ai pas vraiment prêté attention. J’ai passé l’âge d’avoir peur du loup et celui qui pourra me manger n’est pas encore né, j’en suis certaine…

- Oui. Des attaques isolées dans les fermes proches de la forêt, si je me souviens bien.

- Mais ses attaques se sont multipliées récemment, c’est pourquoi le roi a décidé d’envoyer des patrouilles dans la forêt afin de débusquer cet animal. Patrouilles dont je vais faire partie… Nous passerons toute la nuit là-bas, s’il le faut.

La dernière phrase a été prononcée sur un ton faussement indifférent. Alors ? On a peur d’aller dans la forêt, mon petit ? Mais je n’ai plus rien à faire ici. Je me lève brusquement, le prenant au dépourvu.

- Vraiment ? Dans ce cas je vous souhaite bonne chance. On fait parfois de mauvaises rencontres dans cette forêt, à ce qu’on dit.

Et je m’en vais.

***

La nuit est tombée et le calme est revenu sur le château, après le départ des patrouilles. Mais cette histoire de loup n’a cessé de me trotter dans la tête toute la journée. Il y a quelque chose d’étrange là-dedans, mais je n’arrive à mettre le doigt dessus. Agacée, je fais les cent pas dans ma chambre. Puis je m’arrête brusquement. Ma décision est prise. Je vais aller faire un petit tour dans la forêt. Oui, je sais bien que cela n’est pas très prudent mais c’est plus fort que moi. Ma curiosité naturelle, sans doute. Et puis j’ai déjà fait de nombreuses promenades nocturnes dans ces bois, étant petite et il ne m’ait jamais rien arrivé. Sauf que cette fois il y aura les patrouilles… Oui cette ballade aurait du mal à se justifier si je me faisais prendre. Mais cela n’arrivera pas.

J’enfile une robe noire, afin de me fondre plus facilement dans l’obscurité. Le château est désert à cette heure-là, je sors dehors, évite les sentinelles et moins de dix minutes plus tard, je suis à la lisière de la forêt. Je m’enfonce à travers les arbres sans me retourner. Tout me parait silencieux, comme si la forêt elle-même dormait. Peut-être un peu trop silencieux même. Je marche au hasard pendant plusieurs minutes, quelqu’un d’autre aurait sans doute craint de se perdre, mais moi je parcours cette forêt depuis mon enfance, je sais que je retrouverai mon chemin. Brusquement, je m’arrête, tous les sens en éveil. Il me semble entendre des voix. Ou plutôt des cris. Des cris et le fracas des armes qui s’entrechoquent. On se bat non loin d’ici, c’est une certitude. Je me dirige dans cette direction, lentement de peur de faire trop de bruit, je ne tiens pas à me faire repérer. Au fur et à mesure de ma progression, les sons me parviennent de plus en plus distinctement.


- …mourir dans d’atroces souffrances qui te seront provoquées par le poison. Je récupères ceci et vais te regarder mourir, après tout pourquoi se passer d’un tel spectacle Twisted Evil

Gabriel ? Oui, il me semble reconnaître sa voix. Mais que vient-il donc faire ici ? Avant que je ne parte chez Arthur, il m’avait demandé un petit service… Il souhaitait que je garde un œil sur sa sœur, Morgane le Fay, pupille du roi Arthur. Mission dont je me suis acquittée avec succès. Je suis en effet parvenue à approcher la jeune fille qui me fait à présent plus ou moins confiance. En revanche, elle ignore tout de son frère et je ne lui ai bien évidemment pas parlé de lui. J’imagine que Gabriel vient pour prendre le relais. En temps normal, la forêt est déserte, c’est donc le meilleur moyen de passer d’un camp à l’autre sans se faire repérer. Evidemment cela risque d’être un peu plus compliqué aujourd’hui… J’imagine que Gabriel a dû tomber sur une des patrouilles d’Arthur. Ce n’est vraiment pas de chance. Quoi que le connaissant, je suis sûre qu’il a adoré ça…

J’aperçois un feu de camp et Gabriel assit près d’un arbre, juste à côté. Et des formes sombres sur le sol. Des cadavres ? Oui voilà qui ressemblerait bien à mon ami. Je constate alors que l’un des cadavres n’en est pas un. Je crois bien qu’il bouge encore. Et je le reconnais, lui-aussi. C’est l’autre idiot de ce matin. Le Vantard. Il est blessé et il n’arrête pas de gémir et de se tortiller. Gabriel l’observe impassible. Oui, regarder ses victimes agoniser pendant des heures, ça aussi, c’est tout à fait son style. Je souris. Sortir ce soir était une excellente idée finalement, je n’avais pas revu Gabriel depuis mon départ et mon seul et unique ami commençait à me manquer.

Alors que je m’approche du feu, je marche sur une petite branche qui se brise avec un petit bruit sec. Pas très fort, mais cela n’a évidemment pas échappé à mon ami.


- Qui que vous soyez, vous feriez mieux de vous montrer si vous ne voulez pas subir le même sort que ces hommes...

Abandonnant toute discrétion, je m’avance tranquillement vers lui.

- Eh bien, me voilà repérée, on dirait. Je me demandais qui pouvait bien les faire crier comme ça, dis-je en désignant les cadavres. Mais j’aurais dû me douter que c’était toi. Qui d’autre ?... En tout cas, je suis contente de te voir, tu commençais à me manquer.

Je m’approche alors du chevalier survivant et je m’accroupis à côté de lui. Il me reconnait, je vois ses pupilles s‘élargir imperceptiblement et il tend la main dans ma direction. Je me recule un peu.

- Salut mon gars. Tu te souviens de moi ?... ça n’a pas l’air d’aller, hein. Je t’avais prévenu, pourtant, que tu risquais de faire de mauvaises rencontres.

Je laisse échapper un petit ricanement désagréable et sa main retombe mollement par terre. Je crois qu’il n’a plus la force de bouger maintenant… D’habitude, je ne suis pas tellement du genre à me réjouir de la souffrance des autres, mais ce type-là m’insupporte vraiment.

- Tu fais moins le malin maintenant, n’est-ce pas ?... Et entre nous, tu n’es pas du tout mon genre, je pense que je peux te le dire maintenant.

Je me tourne à nouveau vers mon ami.

- Ça fait combien de temps qu’il est comme ça ?... Tu devrais peut-être le finir, non ? Je sais que tu préférerais profiter du spectacle, mais on risque d’en croiser d’autres bien vivants donc tu auras sans doute encore pleins d’autres occasions de te divertir.

Je me relève et vient m’asseoir à côté de Gabriel.

- Arthur a envoyé plusieurs patrouilles dans la forêt aujourd’hui. Une histoire de loup qui attaqueraient des fermes ou je ne sais quoi… Je vois que t’es déjà chargé de l’une d’entre elle, mais il en reste. Il en reste même beaucoup… Qu’est-ce que tu as l’intention de faire ?



_________________

Merci Auty pour ce kit magnifique *.*



Béatrix & Gabriel
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Gabriel Turner
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MessageSujet: Re: D'un camp à l'autre [Pv Béatrix]   Lun 18 Avr - 14:42

Gabriel n’aimait pas la journée, ni le soleil et encore moins la chaleur et la lumière qu’il procurait. Il préférait la nuit, son obscurité ainsi que le temps qui s’en suivait. Oui, la nuit, tout était plus calme, et tout près de ces gens endormis, il pouvait se passer bien des choses horribles. Beaucoup de gens craignent la mort, et pourtant, chaque soir, ils s’endorment, incertains de connaître un nouveau lendemain. Gabriel détestait l’être humain, il croyait en tout, se méfiait de tout et pourtant, malgré les risques que chaque journée pouvait lui apporter, il vivait dans l’insouciance, pensant que les chevaliers le protégeraient de tout danger. Cette nuit, c’était un loup semant la terreur dans la forêt qui allait tenir éveillés les hommes d’Arthur. Comment Gabriel était-il au courant de tout ceci ? Et bien, il avait tout simplement écouté la conversation de la troupe qu’il venait d’assassiner alors qu’il posait ses pièges. S’agissant d’une belle nuit de pleine lune, Gabriel se doutait que ce n’était qu’une simple rumeur qui leur inspirait tant d’effroi. Mais après tout, pourquoi ne pas en profiter et se faire passer lui-même pour le loup ? Décapitant chacune des troupes d’Arthur, et masquant leur mort pour faire croire que c’était cet animal sauvage qui leur avait prit la vie. Oui, cette idée lui semblait bien et lui donnait le sourire aux lèvres rien qu’en y pensant. Dommage que son coéquipier ne l’accompagnait pas cette nuit, il aurait sans doute apprécié l’accompagner dans cette tuerie...

Il restait donc là, toujours assis contre un arbre, possédant encore cet air sombre de meurtrier. Il continuait d’observer ce dernier homme souffrir. Sa respiration était saccadée, son sang coulait encore, ses muscles ainsi que tous ses organes devaient le faire souffrir. S’éteindre lentement et douloureusement, ce devait être vraiment pénible à supporter. Gabriel ne le lâchait pas des yeux, d’ailleurs il pouvait ressentir à travers l’expression de son visage qu’il le suppliait d’en finir tout de suite avec lui. Mais pourquoi ferait-il une telle chose après tout ? Il n’avait peut être pas payé pour voir un tel spectacle, mais lorsqu’on joue le rôle de l’acteur agonisant, il faut savoir le faire jusqu’au bout Twisted Evil Le bruit du craquement de branche n’avait même pas fait détourner le regard de Gabriel, il savait que la personne prendrait en compte ses menaces et se montrerait. Et cette personne, le magicien ne s’était pas vraiment attendu à la trouver en un tel lieu. C’était Béatrix, qui avait décidé de le joindre le temps de cette soirée. Cette femme, Gabriel l’appréciait énormément, toujours présente pour le soutenir, toujours là pour lui donner de bons conseils. Il ne regrettait jamais de l’avoir dans son camp et appréciait chaque fois un peu plus sa présence. Lorsque celle-ci se montra et lui adressa quelques mots, Gabriel décida finalement de détourner son regard de l’homme afin de le poser sur son amie.


- Eh bien, me voilà repérée, on dirait. Je me demandais qui pouvait bien les faire crier comme ça. Mais j’aurais dû me douter que c’était toi. Qui d’autre ?... En tout cas, je suis contente de te voir, tu commençais à me manquer.

- Ta présence me ravit également, Béatrix. Je pensais pouvoir te voir dans la journée, une fois que j’aurais passé les portes du château d’Arthur, mais te retrouver maintenant me fait d’autant plus plaisir.


Gabriel lui adressa un sourire puis observa Béatrix, qui se rapprochait peu à peu du chevalier mourant. Vu les yeux de l’homme ainsi que la réaction de son amie, Gabriel en conclut qu’ils se connaissaient déjà, sûrement une rencontre qu’elle avait fait dans le château de leur ennemi. Étant donné ses propos, celle-ci n’avait pas l’air de bien l’apprécier, tant mieux, comme ça elle ne regretterait pas sa mort, mais surtout, elle ne lui en voudrait pas de l’avoir tué. Ce qui surprit néanmoins le magicien fut sans doute le fait que Béatrix riait. Elle se moquait du chevalier et ne cachait pas sa joie de le voir mourir. Pourquoi est-ce que ceci le surprit-il ? Tout simplement parce qu’il n’avait pas l’habitude de la voir rire lorsqu’un homme perdait la vie. Béatrix devait vraiment détester cet homme.

- Tu fais moins le malin maintenant, n’est-ce pas ?... Et entre nous, tu n’es pas du tout mon genre, je pense que je peux te le dire maintenant.

Alors c’était donc ça... Le chevalier avait dû lui faire des avances, et sans doute bien plus encore. Lorsque Béatrix n’aimait pas un homme, plus celui-ci insistait, et plus sa haine envers lui augmentait. Il avait vraiment dû la harceler pour qu’elle se comporte ainsi aujourd’hui, mais à vrai dire, cela ne déplaisait pas à Gabriel. Celui-ci appréciait la jeune femme, mais aimait d’autant plus la voir sous toutes ses différentes humeurs. Toujours en train d’analyser, voulant connaître chacune des réactions en fonction des conséquences qu’il s’agisse d’un ami ou d’un ennemi. Ceci n’avait peut être pas échappé à la jeune femme, car tout comme lui, elle savait aussi très bien observer. Finalement, elle se retourna vers lui et reprit à nouveau la parole.

- Ça fait combien de temps qu’il est comme ça ?... Tu devrais peut-être le finir, non ? Je sais que tu préférerais profiter du spectacle, mais on risque d’en croiser d’autres bien vivants donc tu auras sans doute encore pleins d’autres occasions de te divertir.

- Mh, tu as sans doute raison... Mais vu que tu as l’air de ne pas trop l’apprécier, alors je veux bien te laisser l’honneur d’en finir avec lui.


Cela lui coutait de dire de tels mots, il aurait bien aimé le voir se tortiller ainsi jusqu’à son dernier souffle. Mais son amie avait raison, comme toujours. Il valait mieux en finir maintenant avant que les cris de l’homme ne les fasse repérer, et étant donné que Béatrix semblait le détester, elle méritait bien de lui porter le coup fatal. Mais à présent, ce n’était pas l’homme qui occupait les pensées de Gabriel, car celui-ci était encore resté sur les derniers propos de son amie. Arthur avait donc envoyé beaucoup de troupes juste pour un loup qui n’existait peut être même pas ? C’était certes pitoyable, mais malgré tout, cela le réjouissait, car ça signifiait que le magicien pourrait profiter de la mort de beaucoup d’autres ennemis Twisted Evil Se perdant presque dans ses songes, Gabriel revint à lui lorsqu’il aperçut le chevalier sortir une arme d’on ne sait où et se la planter dans son propre cœur. Ainsi, il avait préféré abréger ses souffrances lui-même.

- A croire que ma proposition l’a effrayé. C’est bien dommage, si quelqu’un l’avait retrouvé il aurait peut être pu survivre après tout, je profitais seulement de sa douleur pour lui faire croire à une mort certaine. M'enfin de toute façon, si ce n’était pas lui, ça aurait été l’un de nous deux qui en aurait finis avec sa misérable vie.

Gabriel se demanda quelques instants si prendre la décision de se tuer sois même avait été difficile pour le chevalier, mais en fin de compte, il s’en fichait pas mal. Béatrix vint finalement le rejoindre, s’asseyant à ses côtés, elle admirait sans doute tout comme lui son œuvre de cadavres. Belle vue, mais pour l’odeur, ça restait encore à voir. Béatrix reprit à nouveau la parole, et comme toujours, il l’écoutait attentivement car ses informations avaient toujours été précieuses. C’était en elle, la magicienne avait toujours eu le don pour ça, tout le monde lui confiait des choses mais personne ne savait qu’elle les manipulait simplement pour se tenir informée, et aujourd’hui encore elle lui prouvait que ça n’avait pas changé.

- Arthur a envoyé plusieurs patrouilles dans la forêt aujourd’hui. Une histoire de loup qui attaqueraient des fermes ou je ne sais quoi... Je vois que t’es déjà chargé de l’une d’entre elle, mais il en reste. Il en reste même beaucoup... Qu’est-ce que tu as l’intention de faire ?

- C’est aussi ce que j’ai entendu avant que je ne les tue. Dis moi Béatrix, tu crois vraiment à cette histoire de loup ? J’ai quelques doutes à ce sujet... Je pense plutôt à deux options. Soit c’est une rumeur censée semer le trouble au sein du peuple d’Arthur, soit c’est un homme, ou un magicien, qui couvre ses actes criminels en faisant croire au massacre d’un loup. Je pencherais plutôt pour la seconde option.


Gabriel fit une courte pause, réfléchissant à certaines choses. Etait-ce un homme du camp de Geoffroy qui s’amusait à ça ? Ce devait sans doute être le cas, mais alors pourquoi ne l’avait-il pas mis au courant alors que Gabriel l’avait informé ce matin même qu’il serait en route vers le château d’Arthur ? Quoi qu’il en soit, Geoffroy regretterait amèrement s’il voulait se servir de lui. Le magicien posa ses yeux vert dans ceux de la jeune femme et se releva, prêt pour une soirée pleine d’action et de meurtres.

- Ce que j’ai l’intention de faire ? Reprendre le flambeau. Ce soir, ce sera moi le loup, et crois moi, celui là fera bien plus de victimes que le précédent je peux te l’assurer Twisted Evil

Après tout, cela arrangeait bien le magicien, non seulement il tuerait des ennemis, mais en plus, dès le lever du soleil, il pourrait profiter des quelques instants de détresse dans le camp d’Arthur pour s’introduire chez eux, et peut être même pourrait il apercevoir sa sœur plus facilement. En parlant de Morgane, son amie avait su bien s’y prendre pour se faire accepter par celle-ci et monter ainsi dans son estime jusqu’à pouvoir lui faire confiance. Comme toujours, elle ne l’avait pas déçu. Les dernières flammes provoquées par le feu de camp s’estompèrent peu à peu avant de les plonger tous deux dans une totale obscurité, ou seule la lune leur permettait encore d’apercevoir quelque chose. Gabriel se tourna vers Béatrix et lui tendit une main tout en lui prononçant ces derniers mots.

- Veux-tu m’accompagner dans ce nouveau massacre, Béatrix ? Twisted Evil
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Béatrix Ys
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MessageSujet: Re: D'un camp à l'autre [Pv Béatrix]   Ven 22 Avr - 12:45

[] High Hopes - Nightwish


- C’est aussi ce que j’ai entendu avant que je ne les tue. Dis moi Béatrix, tu crois vraiment à cette histoire de loup ? J’ai quelques doutes à ce sujet...

Non, je n’y crois pas. Quelque chose cloche dans cette histoire, c’est certain ! Les animaux, contrairement aux hommes, ne tuent pas sans raison. Le seul motif qui puisse pousser un loup à s’approcher des habitations, c’est la faim. Oui, des loups qui s’introduisent dans le fermes et s’attaquent au bétail pour se nourrir, ça s’est déjà vu. Mais un prédateur qui n’hésite pas à s’en prendre aux hommes eux-même, c’est inhabituel. Et ça ne me paraît même pas naturel. Le loup craint l’homme autant que ce dernier redoute le prédateur…

- Je pense plutôt à deux options. Soit c’est une rumeur censée semer le trouble au sein du peuple d’Arthur, soit c’est un homme, ou un magicien, qui couvre ses actes criminels en faisant croire au massacre d’un loup. Je pencherais plutôt pour la seconde option.

Je hoche la tête en signe d’approbation.

- Oui, la deuxième option me paraît tout à fait plausible, à moi aussi. Surtout que certains magiciens, comme moi par exemple, sont capables de communiquer avec les animaux et pourraient tout à fait réussir à convaincre un véritable loup de commettre ces meurtres… En réalité je n’ai jamais rencontré personne d’autre qui possède ce don jusqu'à maintenant. Mais j’imagine qu’il doit y en avoir…

Mes lèvres s’étirent en un petit sourire amusé.

- En fait, je crois que je ferais une coupable idéale. Mais je te promets que je n’y suis pour rien.

Gabriel paraît pensif.

- J’avoue que j’ai par contre un peu de mal à cerner les motivations qui pourraient pousser quelqu’un à commettre de tels actes. Et puis, ce meurtrier pourrait très bien être dans notre camp… Enfin, nous verrons bien. L’important pour le moment c’est plutôt ce que nous allons faire pour régler ce problème de patrouilles…

Je croise le regard de mon ami. Ses yeux verts brillent d’une détermination que je lui connais bien. Une détermination qui précède le meurtre. Il se relève et vient se planter devant moi.

- Ce que j’ai l’intention de faire ? Reprendre le flambeau. Ce soir, ce sera moi le loup, et crois moi, celui là fera bien plus de victimes que le précédent je peux te l’assurer Twisted Evil

Le ton de sa voix est inflexible et je le crois sans l’ombre d’un doute. Il est tellement… impressionnant, parfois. Presque effrayant. Je suis bien contente que nous soyons du même côté. Et je ne voudrais pas l’avoir pour ennemi, ça non.

Je me rappelle la première fois que je l’ai rencontré, il venait d’arriver au château et ses pouvoirs étaient alors quelques peu incontrôlables. Il venait justement de mettre le feu à une tenture quand j’étais passée par là. Je l’avais aidé à réparer les dégâts et nous avions sympathisé. Avant qu’il n’arrive, j’étais la seule magicienne à résider au château, la plupart des gens se méfiaient de moi et refusaient de m’adresser la parole, j’avais donc accueilli cette nouvelle compagnie avec beaucoup de joie. Gabriel et moi nous étions vite aperçus que nos passés étaient très semblables et cela avait encore renforcé notre complicité. Avec le temps, nous étions devenus très proches et je crois qu’on peut dire que nous n’avons à présent plus aucun secret l’un pour l’autre.

Je lui ai toujours trouvé beaucoup de charme, de charisme et aujourd’hui, il m’arrive encore de me demander ce que lui peut bien me trouver, à moi. Je ne crois pourtant pas avoir tant d’intérêt que ça… Mais ce qui est sûr, c’est que je ne pourrais pas supporter de perdre son amitié. Quand je suis avec lui, je me sens… rassurée. C’est assez étrange quand on sait qu’il est en réalité un impitoyable assassin.

Il ne reste plus du feu de camp que des braises rougeoyante et nous sommes à présent plongés dans une obscurité presque totale, je distingue à peine les contours de la silhouette de Gabriel, qui me tend la main.


- Veux-tu m’accompagner dans ce nouveau massacre, Béatrix ? Twisted Evil

J’attrape aussitôt sa main.

- Bien sûr que je t’accompagne. Tu ne te débarrasseras pas de moi si facilement, maintenant que je suis là.

Le ton enjoué de ma voix sonne un peu faux à mes oreilles. Je ne peux m’empêcher d’être un peu inquiète. Pas pour moi, avec Gabriel à mes côtés je ne risque pas grand-chose, mais pour ceux qui auront le malheur de croiser notre chemin ce soir. Bien sûr, ce sont tous des ennemis, je le sais. Mais des ennemis que je fréquente depuis plusieurs semaines, maintenant. Et certains d’entre eux sont ma foi assez sympathiques. Je n’ai pas vraiment envie d’être celle qui les tuera…

- Mais j’aimerais vérifier quelque chose avant…

Je ne sais pas vraiment pourquoi je fais cela, je sais bien que c’est une mauvaise idée, mais je ne peux pas m’en empêcher. Ma main toujours serrée dans celle de Gabriel, je contourne les restes du feu de camp et m’approche d’un des cadavres. J’ai juste envie de savoir qui est mort ce soir, peut être que je connais aussi les autres… Le premier cadavre que j’inspecte a une petite cicatrice, très fine, juste au milieu du cou. Il a sans doute été atteint par une dague. Mais je ne le connais pas… Pas plus que le second dont la tête forme avec le corps, un angle assez étrange. Nuque brisée. Le troisième a un plaie béante et sanglante au thorax, je me rappelle l’avoir déjà aperçu au château mais rien de plus. Quant au dernier… Sa tête a roulé un peu plus loin. Je donne un petit coup dedans, du bout de ma botte, afin de voir son visage. Visage que je reconnais cette fois et qui semble me fixer avec de grands yeux accusateurs. Je sens ma main se crisper dans celle de Gabriel et je la serre encore un peu plus fort comme si j’avais besoin d’un support auquel me raccrocher. Oui, cet homme là je le connais –ou plutôt connaissait – assez bien, c’était un ami de l’autre vantard. Mais il n’avait rien à voir avec cet idiot, je dirais même qu’il était son opposé : agréable, galant et serviable… Je secoue un peu la tête pour chasser toutes ses mauvaises pensées. Je ne dois pas m’impliquer émotionnellement comme cela. Ce sont tous des ennemis, des ennemis qu’il nous faut éliminer. Ce soir n’est pas vraiment le meilleur moment pour faire dans les bons sentiments. Des ennemis et rien de plus. Je crois que je parviens à m’en convaincre.

C’est alors que je les entends. Des voix, qui se rapprochent. Beaucoup de voix. Un autre groupe de chevalier, a priori bien plus nombreux que le précédent, avait dû partir explorer les alentours pendant que les autres restaient au camp. Et maintenant ils viennent les rejoindre. Mais il ne reste que des cadavres. Et nous.



_________________

Merci Auty pour ce kit magnifique *.*



Béatrix & Gabriel
Sel, ceylameilleure !
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Gabriel Turner
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MessageSujet: Re: D'un camp à l'autre [Pv Béatrix]   Ven 22 Avr - 21:26

Béatrix approuva son raisonnement, tout comme lui, elle pensait qu’il s’agissait de quelqu’un voulant couvrir ses traces en utilisant un loup. Ce qui était sur, c’est que cela ne pouvait pas être quelqu’un du camp d’Arthur, aucun magicien ne prendrait autant de risques. Ce qui laissait encore deux options. Il s’agissait soit d’un homme du camp de Geoffroy, soit d’un déserteur, qui n’appartenait donc à aucun camp, mais il y en avait très peu dans le coin. Pendant un court instant, Gabriel crut presque que c’était la jeune femme qui s’était amusée à faire ça pour semer la panique auprès des hommes d’Arthur. Celle-ci lui adressa d’ailleurs un sourire amusé qui approuvait presque ses pensées, mais une fois qu’elle prit la parole, elle lui certifia qu’elle n’y était pour rien dans cette histoire.

- En fait, je crois que je ferais une coupable idéale. Mais je te promets que je n’y suis pour rien.

Lorsque Béatrix faisait une promesse, il ne fallait jamais remettre sa parole en cause, et ça, Gabriel était sans doute le premier à le savoir. Celle-ci lui demanda alors ce qu’il comptait faire concernant les patrouilles qu’il restait, et lorsque Gabriel lui annonça qu’il comptait prendre la place du loup, elle sembla approuver son idée, après tout, ce n’était pas tous les jours qu’ils pourraient s’amuser autant, et le magicien ne laissait jamais lui passer sous le nez de telles occasions. Lorsque celui-ci lui tendit la main tout en lui demandant si elle désirait le rejoindre dans ce massacre, Béatrix la lui attrapa et lui répondit d’un ton enthousiaste.

- Bien sûr que je t’accompagne. Tu ne te débarrasseras pas de moi si facilement, maintenant que je suis là.

- J’espère bien, car je m’ennuierais sans ma petite Béa pour m’accompagner Wink


Gabriel lui adressa un sourire. Cette femme, elle faisait partie de cette catégorie des rares personnes que le magicien ne souhaitait pas perdre et avec qui il pouvait être lui-même. C’était peut être un homme sombre, mais certains savaient s’y prendre pour faire ressortir en lui une petite once de bonté, bien sur, n’allez jamais lui dire une telle chose car il le nierait et vous prouverez le contraire d’une manière on ne peut plus sadique. Bien qu’il n’y voyait pas grand-chose, Gabriel sentit que quelque chose tracassait Béatrix, et alors qu’il s’apprêta à lui demander ce qui n’allait pas, ce fut elle qui prit la parole en premier.

- Mais j’aimerais vérifier quelque chose avant...

Sans lui lâcher la main, la voilà qu’elle s’avance lentement vers les cadavres et qu’elle observe un à un leur visage. Même si Béatrix fait partit du côté des « mauvais criminels sadiques », Gabriel savait très bien que la mort ne la rendait pas insensible comme c’était le cas pour lui. Alors qu’elle regardait le visage du dernier mort, sa main se serra de plus en plus dans la sienne, comment ne pas le sentir. Béatrix avait surement dû apprécier cet homme. Elle faillit le faire culpabiliser de son acte, mais finalement, ce chevalier restait un ennemi, et s’il lui avait épargné la vie, Gabriel ne se tiendrait surement pas là, aux côtés de son amie à cet instant. Celui-ci attrapa la main de la jeune femme de ses deux mains et soupira légèrement. Ce soupire n’était pas un reproche, mais il fallait qu’elle comprenne que dans ce monde, il n’y avait pas de place pour éprouver des bons sentiments envers ses adversaires.

- Il devait mourir Béatrix. Ils doivent tous mourir... Il te semblait peut être agréable, mais s’il savait que tu étais une magicienne ou que tu étais de l’autre camp, lui t’aurait dénoncé et tué de ses propres mains sans le moindre remord. C’est malheureusement dans ce monde que nous vivons aujourd’hui. Mais écoute moi, je te fais la promesse qu’un jour nous n’aurons plus à fuir devant quiconque. Les magiciens seront tous acceptés et il n’y aura plus aucun camp. Ce sera soit la paix soit la mort, et crois moi, les humains craignent bien trop la mort pour vouloir se révolter.

Gabriel aurait continué à la réconforter s’il le fallait, mais des voix se faisaient entendre. Le bruit qu’ils faisaient démontrait qu’ils étaient nombreux, et ils se rapprochaient de plus en plus. Celui-ci lâcha lentement la main de son amie, afin de sortir une épée. Ils étaient là, à quelques pas, et personne ne les avaient encore repéré. Huit chevaliers avançaient regroupés tandis que deux autres se cachaient un peu plus loin, ce devaient être des archers étant donné l’espace qu’il y avait avec les autres. Ils devaient surement être là pour protéger et attaquer à distance. Le magicien fit signe à Béatrix d’attaquer les hommes devant en premier, et qu’il la rejoindrait juste après. Alors que son amie s’élançait déjà dans la bataille, Gabriel n’était pas encore découvert aux yeux de ses ennemis. Les secondes s’écoulaient et toujours aucun tir des archers, bon sang mais qu’attendaient-ils enfin ?! Il jeta un coup d’œil auprès de Béatrix pour voir comment elle s’en sortait, pour l’instant sa situation n’était pas désastreuse, mais à une contre huit, elle n’allait surement pas tenir très longtemps. Gabriel s’apprêtait finalement à aller aider sa camarade lorsque les archers décidèrent enfin d’agir. Chacun tira une flèche droit vers Béatrix, exactement comme il le voulait. Le magicien murmura quelques mots et les flèches censées atteindre son amie changèrent de direction. L’une se planta dans le cœur d’un des combattants de son amie et l’autre se dirigea tout droit vers l’un des archers, s’arrêtant une fois qu’elle avait traversée le front de celui-ci. Gabriel, qui s’était avancé discrètement vers le second archer, lui attrapa la tête, la lui tordant vers le côté gauche, et le craquement qui s’en suivit prouvait bien qu’il était mort. Il en avait tué trois et Béatrix en avait tué un et blessé un autre qui ne semblait pas prêt de se relever, ce qui signifiait qu’il ne leur restait plus que cinq adversaires.

- Et ben, tu t’en sors plutôt pas mal pour quelqu’un qui ne sait pas manier une arme.

Gabriel se trouvait à présent dos à dos avec Béatrix, de cette manière, ils n’auraient pas besoin d’assurer leurs arrières. Mais ces chevaliers semblaient bien plus forts que ceux qu’il avait tué précédemment, et ils restaient toujours plus nombreux. Le bruit de sa lame percutant celle de ses adversaires se fit à nouveau entendre, et Béatrix, de son côté utilisait sans doute la magie pour essayer de les tirer de cette situation. Quelques minutes s’écoulèrent et rien ne semblait avoir évolué. Gabriel essayait d’évaluer la situation dans laquelle ils se trouvaient, mais une fois constatant qu’ils étaient encerclés, il fit quelque chose qui allait surprendre à coup sûr Béatrix. Un long soupir s’échappa de sa bouche et il jeta son arme au sol, comme ci qu’il déclarait forfait.

- C’est bon, je le reconnais, vous nous avez eu, vous êtes bien trop nombreux... Mais je parie qu’avec un affrontement à un contre un, je vous aurais tous battu.

Tous les visages semblaient surpris, non seulement celui de son amie qui ne l’avait encore jamais vu renoncer à un combat, mais aussi celui de ses adversaires qui le prenaient maintenant pour un simple fou suicidaire. Pourquoi avoir fait ça ? Parce qu’ils étaient en mauvaise position et qu’il ne voulait pas qu’il arrive quelque chose à Béatrix. Celui-ci se retourna alors vers elle, lorsque des flammes jaillirent de nul part, faisant reculer leurs adversaires et les protégeant par la même façon.

- Cours, je ne sais pas combien de temps je pourrais les retenir. Ne t’en fais pas, je n’en laisserais aucun revenir au château vivant pour te dénoncer. Pars, maintenant ! Et ne te retournes pas !

Son ton autoritaire qu’il employait ne laissait pas le choix à Béatrix. Les flammes devinrent encore plus grandes, et Gabriel ne savait pas vraiment comment est-ce qu’il allait pouvoir se tirer de là, mais au moins, il n’aurait plus à se soucier de la sécurité de Béatrix. Finalement, le feu se dissipa, dévoilant le combattant Gabriel, une épée à la main, et un visage démoniaque. Ses coups d’épées semblaient plus forts et plus précis que tout à l’heure, et il blessa un chevalier à l’épaule. Celui-ci perdait bien trop de sang pour pouvoir continuer le combat, mais il n’était pas encore mort, Gabriel s’en occuperait plus tard. N’importe qui observant sa situation aurait tout de suite vu qu’il n’aurait aucune chance face à ces adversaires, mais pas lui, il n’accepterait pas une défaite, il se battrait et les tuerait tous. Un autre homme fut blessé à la côte, et son sang coulait rapidement... Cet homme, c’était Gabriel.

Son arme glissa de ses mains, son sang recouvrait une bonne partie de son torse, et il tomba alors par terre. Non il n’allait pas mourir, pas ce soir, pas face à cet homme. Il n’aurait le droit de perdre la vie qu’une fois Arthur mort. Gabriel observa le visage de celui qui venait de le blesser... Il le reconnaissait, le magicien l’avait déjà vu, mais lorsqu’il n’était encore qu’un enfant et qu’il vivait dans le camp de la famille Pendragon. Cet homme, comment oublier son visage, c’était l’un de ceux qui l’avaient pourchassé une fois que ses dons de magicien avaient été découverts. C’était lui qui était censé abattre son père. Gabriel tenta de se redresser, mais sa blessure ne le lui permettant pas, il retomba rapidement un sol. Cet homme était plutôt âgé mais pas assez pour ne plus pouvoir être chevalier. Gabriel ne lâchait son visage des yeux, il n’’avait qu’une seule envie, le venger lui et son père en le tuant.


- Alors tu as décidé... de tuer toute ma famille c’est ça ? Après le père, tuons le fils. Et bien mon vieux, saches que... je me ferais un plaisir de te tuer, toi ainsi que toute ta petite famille, commençant par tes adorables enfants et finissant par ta femme Twisted Evil

Oui, il n’y avait que lui pour prononcer de tels propos alors qu’il se retrouvait dans un sale état. N’importe quel chevalier à la place de ce type aurait voulu lui planter dans la seconde une épée dans le cœur, mais pas lui… Tout comme Gabriel, il avait décidé de jouer sur la provocation, malheureusement, mieux valait éviter ce genre de choses avec le magicien car il pouvait s’emporter très vite.

- Ça y est, je me souviens de toi, je savais que ton visage me disait quelque chose. Vois-tu mon garçon, je ne m’excuserais pas pour avoir été désigné comme étant l’homme devant tuer ton père. Non je ne dirais pas que je suis désolé car ton père n’était qu’un magicien de malheur qui ne méritait rien à part une mort longue. Vois-tu, mon seul regret dans cette histoire, est de ne pas avoir pu le torturer jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus.

Non, la chose à ne surtout pas faire avec Gabriel, c’était bien de parler en mal de sa famille et de ses proches. Un hurlement grave se fit entendre, il venait de crier sa haine, mais avait également projeté tous les chevaliers encore debout loin de lui et cet homme qui venait de le provoquer. Malgré la douleur, celui-ci se releva et ramassa son épée, ainsi qu’une autre qu’il lança à son adversaire. Il voulait un combat à mort avec cet homme, et celui-ci ne semblait pas vouloir refuser. Gabriel frappait, encore et encore, de toutes ses forces, il ne voyait que cette cible à abattre car à part lui, tous ce qu’il voyait autour, c’était le néant. Le magicien esquivait et frappait à nouveau, et le combat aurait sans doute duré toute la nuit, si son adversaire n’avait pas trébuché contre la racine d’un arbre en reculant, et Gabriel comptait bien lui faire regretter cette erreur. Il n’hésita pas un seul instant avant de planter son épée dans le corps de cet homme, puis de la retirer pour la replanter à nouveau, encore et encore, jusqu’à ce que le sang recouvre entièrement son cadavre. Finalement il n’y avait peut être rien de bon en lui, car la haine de Gabriel semblait avoir reprit le dessus, et il paraissait vraiment effrayant lorsqu’on croisait son regard. Le magicien aurait sans doute continué de planter son épée dans le corps de cet homme si l’un des chevaliers projetés ne s’était pas relevé pour lui transpercer l’épaule avec son arme. C’est qu’il les avait oublié ceux la... Il n’en restait plus que trois, mais Gabriel avait perdu bien trop de sang pour pouvoir continuer. Il s’appuya contre un arbre afin de ne pas s’écrouler sur le sol, mais en fin compte, cela ne servit pas à grand-chose, car à peine l’épée retirée de son épaule, celui-ci tomba par terre. Malgré ça, Gabriel restait toujours conscient et tenait encore son arme à la main. Décidément il n’abandonnait jamais… Mais tout le monde savait bien qu’à présent, il n’aurait pas la moindre chance de l’emporter.

- Qui aurait cru... que le loup tomberait...

Les chevaliers s’échangèrent un regard, oui c’était un regard qui signifiait bien des choses. Ils ne voulaient pas prendre le moindre risque en lui épargnant la vie afin de l’emmener directement voir Arthur, alors ils avaient décidé de le tuer maintenant. Un sourire se dessina sur les lèvres de Gabriel. Pourquoi donc ? Parce qu’au moins, il aurait sauvé la vie de Béatrix. En parlant d’elle, le magicien crut apercevoir son visage un peu plus loin, alors elle n’était pas partie ? Il aurait pourtant cru avoir été assez autoritaire pour ne pas qu’elle décide de revenir... Décidément cette Béatrix, elle était aussi têtue que lui. Mais Gabriel se posait des questions. Depuis combien de temps était-elle là ? Béatrix avait peut être tout vu, même ce moment où il combattait celui qui devait être l’assassin de son père, elle n’avait surement pas du le reconnaître lorsqu’il avait planté à plusieurs reprises son épée dans le corps. Peut-être était-elle déçue de lui ? Peut-être même qu’il l’effrayait à présent ? Gabriel n’avait jamais caché son côté cruel auprès de la jeune femme, mais elle ne l’avait sans doute jamais vu dans cet état, aussi sombre et sans cœur… La voix grave de l’un des chevaliers le sortit de toutes ses interrogations. Il disait que Gabriel avait tué bien trop de chevaliers et qu’ils ne pouvaient le laisser en vie. Celui-ci se rapprocha alors de lui, l’épée encore pleine de son sang à la main, s’apprêtant à lui porter le coup final.
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Béatrix Ys
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MessageSujet: Re: D'un camp à l'autre [Pv Béatrix]   Dim 24 Avr - 2:41

[] Blind - Korn

Gabriel a bien évidemment perçu mon trouble, il prend ma main entre les siennes.

- Il devait mourir Béatrix. Ils doivent tous mourir... Il te semblait peut être agréable, mais s’il savait que tu étais une magicienne ou que tu étais de l’autre camp, lui t’aurait dénoncé et tué de ses propres mains sans le moindre remord.

Je sais qu’il a raison. Mes propres parents n’auraient pas hésité à me tuer quand ils ont découvert mon ‘don’, alors cet homme que je connais à peine… Même cette pensée ne parvient pas à apaiser ma culpabilité. Pourtant ce n’est même pas moi qui lui ai pris la vie, mais c’est tout comme… Je n’en veux pas à Gabriel pour autant, il a fait ce qu’il pensait être le plus juste, quoique je n’approuve pas nécessairement son raisonnement. Le fait que cet homme n’est lui-même pas hésité à nous tuer nous donne-t-il nécessairement le droit d’en faire autant ? Je ne le crois pas. Enfin, je sais bien que nos avis ont toujours divergé sur ce point, lui arrive à rester indifférent devant la mort et le meurtre, moi, je n’y parviendrai jamais. Tout serait tellement plus simple si je le pouvais, pourtant. Mais ce soir il faut que ce soit aussi simple. Je n’ai pas le choix.

- C’est malheureusement dans ce monde que nous vivons aujourd’hui. Mais écoute moi, je te fais la promesse qu’un jour nous n’aurons plus à fuir devant quiconque. Les magiciens seront tous acceptés et il n’y aura plus aucun camp. Ce sera soit la paix soit la mort, et crois moi, les humains craignent bien trop la mort pour vouloir se révolter.

J’aimerais vraiment croire qu’un monde tel qu’il le décrit puisse réellement exister, mais je ne vois pas comment nous pourrions le concrétiser… Hormis par la force. Les gens craignent beaucoup trop les magiciens pour accepter de leurs pleins gré de vivre en bonne intelligence avec eux. Ils seraient sans doute possible de les forcer à nous accepter, mais un monde nouveau conquis par la tyrannie pourrait-il vraiment être meilleur que le précédent ?

Mais je suis tirée de mes réflexions par des voix qui se rapprochent. Des voix graves, caractéristique des hommes dans la force de l’âge, et d’autres beaucoup plus aigues, sans doute des écuyers qui les accompagnent. Des écuyers qui sont jeunes. On les recrute de plus en plus tôt, maintenant, à peine 13 ou 14 ans. Bref, des enfants, selon mes critères et, si je suis capable de tuer un adulte, dans le cas d’un enfant… Je secoue un peu la tête comme si cela allait m’aider à remettre de l’ordre dans mes pensées. Ce soir, je n’ai aucune question à me poser, il n’y a pas d’homme, ni d’enfant, il n’y a que des ennemis qu’il nous faut éliminer. Des ennemis…

Gabriel me lâche la main pour tirer son épée et je me sens soudain très seule. Le son de la lame qui glisse en dehors de son fourreau me glace le sang. Un son annonciateur du massacre qui va suivre…

Gabriel me fait signe d’attaquer la première pendant que lui reste un moment dissimulé aux yeux de l’ennemi. Il se cache derrière un arbre et je reste seule au milieu du campement. Les chevaliers ennemis stoppent net leur progression en apercevant le premier cadavre, ou plutôt sa tête. Pendant un instant, je vois une sorte d’incompréhension grotesque sur leurs visages, comme s’ils ne parvenaient pas à saisir la réalité. Puis ils comprennent, ou plutôt ils croient comprendre, en me voyant debout au milieu du carnage, que j’en suis responsable. J’ai déjà croisé plusieurs d’entre eux au château et je vois qu’eux aussi me reconnaissent. On pourrait presque entendre les rouages cliqueter dans leurs esprits : Mais oui c’est cette fille qui est toujours gentille avec tout le monde… à qui j’ai parlé hier… ou qui m’a souhaité bonne chance ce matin… Evidemment s’ils avaient pris le temps de réfléchir, ils se seraient aperçus que je ne portais même pas d’arme et que j’avais donc nécessairement un complice. Mais la vue des corps mutilés de leurs camarades semble leur avoir ôté tout sens commun. Ceux qui ne l’avaient pas déjà fait tirent leurs épées et tout mes scrupules s’évaporent au son sinistre de la lame qu’on sort du fourreau. Maintenant il me faut tuer ou être tué.

Celui qui marchait devant et qui semble être leur chef, un grand gaillard d’une quarantaine d’années, se rue sur moi, devançant tous les autres. Il me paraît être le plus dangereux de la troupe et donc celui qu’il me faut éliminer le premier. J’attends qu’il soit suffisamment proche de moi, avant de m’accroupir et de frapper le sol d’un petit coup sec du plat de la main. Ce simple geste entraine une véritable onde de choc, qui déséquilibre mon attaquant. Il tombe sur le dos et je lui saute dessus avant qu’il ait eu le temps de se relever. Je m’efforce de le plaquer au sol et mes genoux s’enfoncent dans son ventre, ce qui doit être assez douloureux vu son expression. Il se débat et m’agrippe par les cheveux, mais je tiens bon. Ma main s’illumine d’une lueur rougeâtre, lugubre et je la plaque sur son visage. Pendant un instant, il ne passe rien puis une odeur atroce de viande brulée se répand dans l’atmosphère. Son visage est en train de fondre littéralement sous ma main. Des morceaux de chaire se détachent et tombent par terre. Puis j’enfonce deux de me doigts aussi profond que je peux dans ses orbites, je ne rencontre aucune résistance, ses yeux se sont quasiment liquéfiés au contact de mes doigts brulants. Je retire ma main et un liquide épais et bouillonnant, mélange de sang et d’une sorte de gelée blanchâtre dégouline le long de ses joues avant de couler sur les brins d’herbe verte de la clairière, les carbonisant au passage. Il se met à hurler, à hurler si fort que je crois que mes tympans vont éclater, je n’avais jamais entendu personne crier comme ça jusqu'à maintenant… Pour le faire taire, je glisse mes deux mains dans sa bouche et j’écarte sa mâchoire, les muscles des joues se décomposent à mon contact. Je tire alors de toutes mes forces sur sa mâchoire inférieure et du sang gicle un peu partout lorsque je parviens enfin à la déboiter. Eh ben mon gars, on peut dire que tu as la mâchoire pendante maintenant… Etrangement, j’ai envie de rire. Le visage de mon adversaire, autrefois plutôt avenant, n’est plus qu’une sorte de masque grotesque qui n’a plus rien d’humain. La peau a tellement fondu qu’on peut apercevoir le crane blanc par endroit et ses yeux ne sont plus que deux trous noirs et béants. Je crois que ce sont les yeux qui donnent leurs humanité au visage. On dit bien qu’ils sont les fenêtres de l’âme, alors sans eux le visage apparaît juste… inexpressif comme si l’âme avait effectivement quitté le corps, qui n’est plus alors qu’un pantin articulé dépourvu de vie. Et il est beaucoup plus facile de tuer si l’on parvient à se convaincre qu’un homme n’est rien d’autre qu’un tas de viande et de muscle. En tout cas, le compte de celui-ci est bon. Je ne suis pas certaine qu’il soit encore tout à fait mort, il me semble voir ses doigts se contracter un peu, mais ce n’est peut- être qu’un simple réflexe que le corps a conservé. Quoi qu’il en soit, il est hors d’état de nuire et il me faut maintenant m’occuper des autres.

Ce combat n’a en réalité duré que quelques dizaines de secondes et mes autres adversaires sont restés planté là sans bouger, visiblement stupéfait de la façon dont moi, la gentille fille sans histoire, ai massacré leur chef. L’un d’eux semble se reprendre plus vite que les autres et s’avance vers moi, l’épée à la main. J’essaie désespérément de dégager l’arme de mon ancien adversaire, une sorte de hache, qui est en partie coincée sous son corps. Je finis par y arriver juste au moment où le second chevalier me rejoint, mais je n’ai pas le temps de me relever. Il me décoche un violent coup de pied qui m’atteint en plein dans le ventre ; je tombe en arrière, le souffle coupé, mais je suis parvenue à conserver la hache. Le chevalier pose son pied sur ma poitrine pour m’empêcher de me relever. Mauvaise idée. J’en profite pour lui balancer un grand coup de hache, juste derrière le genou, à l’intersection des deux plaques métalliques qui lui protègent la jambe. Le tranchant de l’arme s’enfonce dans la chair jusqu'à toucher l’os, sectionnant les tendons au passage. Il tombe en avant, sur moi, son visage a quelques centimètres du mien. Je dégage la hache de sa jambe. Alors que je resserre ma prise sur le manche, je réalise que je n’ai jamais tué personne autrement que grâce à la magie. Mais ce ne doit pas être si compliqué, il suffit de viser juste et de frapper fort. Et c’est ce que je fais. De toutes mes forces, dans l’arrière de la tête de mon adversaire. Le sang coule, mais je ne suis pas parvenu à perforer le crane. Je choisis donc un autre angle d’attaque et la lame s’enfonce cette fois dans la gorge du chevalier. Profondément. Il ouvre la bouche pour crier, mais ses cordes vocales sont déjà tranchées. La seule chose qui parvient à franchir ses lèvres c’est un jet de liquide visqueux, mélange de salive et de sang, qui ruisselle sur mon visage. Ecœurée, je repousse le cadavre sur le côté et me relève aussitôt. Entre temps, mes autres adversaires semblent enfin être sorti de leur torpeur et avoir compris que m’attaquer tous en même temps produirait un meilleur résultat. Je me retrouve alors seule face à six hommes armés. Mais que fait donc Gabriel ?! Je ne peux m’empêcher de me retourner pour tenter de l’apercevoir et l’un des combattants en profite pour me porter un coup d’épée à l’épaule. Alors que je recule d’un pas vacillant, les deux archers restés en retrait me décoche chacun une flèche qui aurait sans doute atteint leur objectif si Gabriel ne les avait pas détourné. L’une d’elle vient se planter dans la tempe de l’un des chevalier qui s’écroule aussitôt. La deuxième, en revanche, revient frapper directement dans le front de l’expéditeur, transperçant le crane de part en part. Il ne reste plus qu’un seul archer maintenant… Un craquement sinistre sur ma gauche m’indique que Gabriel vient de l’envoyer rejoindre son camarade dans la mort. Plus que cinq… Mais c’est trop. Beaucoup trop.


- Et ben, tu t’en sors plutôt pas mal pour quelqu’un qui ne sait pas manier une arme.

Toujours en train d’ironiser même dans les pires situations. Je lui réponds sur le même ton, le manche de la hache toujours serré dans ma main.

- Oui, j’ai dû apprendre sur le tas.

Lui et moi sommes maintenant dos à dos, encerclés par nos adversaires. Epuisée, je tiens à peine debout. N’ayant plus vraiment la force d’attaquer, je m’efforce de maintenir les chevaliers à distance. J’y parviens pendant quelques minutes puis l’un deux finit par percer mes défenses et une longue estafilade sanglante sur le bras vient s’ajouter à la liste de mes blessures. La situation n’est guère meilleure du côté de Gabriel. Stupéfaite, je le vois soupirer et jeter son arme au sol. Abandonner ? Voilà qui ne lui ressemble pas…

- C’est bon, je le reconnais, vous nous avez eu, vous êtes bien trop nombreux... Mais je parie qu’avec un affrontement à un contre un, je vous aurais tous battu.

Je n’arrive pas à croire que Gabriel puisse abandonner maintenant. Qu’espère-t-il exactement en faisant cela ? Soudain, il se tourne vers moi. Nous échangeons un regard et je comprends. Je comprends qu’il le fait pour moi. Pour me protéger.

Une muraille de feu rugissante et crépitante de magie jaillit littéralement du sol, nous isolant ainsi de nos adversaires.


- Cours, je ne sais pas combien de temps je pourrais les retenir. Ne t’en fais pas, je n’en laisserais aucun revenir au château vivant pour te dénoncer.

Les mots ont du mal à atteindre mon esprit et il me faut quelques instants pour saisir le sens de ses paroles. Je secoue alors la tête en signe de dénégation. Comment pourrai-je l’abandonner à une mort certaine ? S’il doit mourir alors je reste avec lui. De toute façon, ma vie perdrai une partie de son sens sans lui… Mais Gabriel ne l’entend pas de cette oreille. Il s’avance vers moi et me repousse brutalement loin de lui.

- Pars, maintenant ! Et ne te retournes pas !

Jamais auparavant il ne m’a parlé sur ce ton, autoritaire et inflexible. Alors j’obéis. Je recule encore un peu et les flammes magiques s’efface sur mon passage. Mes adversaires sont bien trop occupés à observer cet étrange tour de magie pour me remarquer, je parviens à me glisser jusqu'à un arbre proche derrière lequel je me dissimule. Incapable de me résoudre à partir, j’observe la scène qui se joue sous mes yeux depuis ma cachette. Les flammes se sont dissipées et Gabriel reprend le combat avec une ardeur redoublée. Peut être a-t-il encore une chance maintenant qu’il n’est plus préoccupé par ma sécurité… Mais l’un des chevaliers parvient à le blesser au niveau des cotes. Je le vois s’effondrer par terre, un flot de sang ruisselant de sa plaie béante et je ne peux m’empêcher de laisser échapper un petit gémissement, comme si c’était moi qui souffrait. Mais voir souffrir ceux qu’on aime est la pire torture qui soit… Ma main se crispe sur le tronc de l’arbre, si fort, que je m’écorche les doigts.

- Alors tu as décidé... de tuer toute ma famille c’est ça ? Après le père, tuons le fils. Et bien mon vieux, saches que... je me ferais un plaisir de te tuer, toi ainsi que toute ta petite famille, commençant par tes adorables enfants et finissant par ta femme Twisted Evil

La voix de Gabriel me parvient, lointaine et je suppose que l’homme qui l’a blessé est sans doute celui qui a tué son père, un homme que je connaissais assez bien. Je comprends la haine de mon ami, mais je suis tout de même un peu effrayée par ses dernières paroles. L’assassin de son père mérite la mort, mais de là à massacrer toute sa famille…

- Ça y est, je me souviens de toi, je savais que ton visage me disait quelque chose. Vois-tu mon garçon, je ne m’excuserais pas pour avoir été désigné comme étant l’homme devant tuer ton père. Non je ne dirais pas que je suis désolé car ton père n’était qu’un magicien de malheur qui ne méritait rien à part une mort longue. Vois-tu, mon seul regret dans cette histoire, est de ne pas avoir pu le torturer jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus.

Provoquer Gabriel de cette façon est bien la dernière des choses à faire même s’il semble à l’article de la mort. Je le vois se redresser tant bien que mal et se ruer sur son adversaire. S’engage alors un duel à mort entre les deux hommes et je crois que mon ami, malgré tout son talent, n’aurait pu l’emporter, blessé comme il l’est, si son adversaire n’avait pas trébuché sur une racine. Sans lui laisser le temps de se redresser, Gabriel lui transperce le cœur de son épée. Il a eu le dessus finalement. Mais il ne se contente pas de cette simple victoire, je le vois arracher l’arme du corps de son ennemi, avant de la replanter, encore et encore. D’où je suis, je peux voir assez distinctement le cadavre, un filet de sang s’échappe de ses lèvres, formant une large flaque rouge, dans laquelle baigne une partie du visage. Il est mort et bien mort. Nul besoins de s’acharner sur lui comme cela… Mais Gabriel semble avoir perdu tout sens commun. Ses yeux brillent d’une haine intense que je ne lui connais pas. Je sais bien qu’il n’a jamais vraiment été un enfant de cœur, il se montre souvent cruel et sans pitié envers ses ennemis, mais je m’efforce toujours d’exercer un certain contrôle sur cet aspect de sa personnalité lorsqu’il se trouve en ma compagnie. Or en cet instant il me paraît justement hors de tout contrôle. Je ne l’ai jamais vu dans un tel état auparavant… J’en suis même à me demander s’il me reconnaitrait encore, mais pour cela il faudrait déjà que j’ose m’approcher… Si Gabriel avait été un peu moins absorbé par sa sinistre tâche il se serait alors aperçu que l’un des trois chevaliers survivants s’apprêtait à l’attaquer, mais je crois qu’il ne voit plus rien d’autre que le cadavre sanglant qui git à ses pieds. Je voudrais l’avertir, mais je me ferais alors immanquablement repérer. Il s’effondre par terre, l’épaule transpercée.

- Qui aurait cru... que le loup tomberait...

Le loup ? Le loup ! Mais pourquoi n’y ai-je donc pas pensé avant ! Quelle idiote, je fais…

Je m’efforce de me concentrer, d’évacuer toute autre pensée de mon esprit et je lance mon appel silencieux. Silencieux et désespéré. Il ne reste plus qu’à espérer que cela fonctionne, maintenant, qu’ils m’entendent. Une minute s’écoule avant qu’enfin un froissement de feuille se fasse entendre. Avant même que j’aie eu le temps de me retourner, le loup est déjà à mes côtés. Un grand loup gris aux yeux d’acier. L’un d’eux a donc choisi de répondre à mon appel. Il approche son museau de mon visage et me lèche affectueusement les joues, comme s’il voulait laver le sang qui les maculent. Je me penche alors pour lui murmurer quelques mots au creux de l’oreille. Il comprend immédiatement ce que j’attends de lui. D’un bond, il franchit les buissons et se rue sur le chevalier qui s’apprête à tuer Gabriel. Je vois ses puissantes mâchoires se refermer sur le bras de l’homme qui lâche aussitôt son épée. Après tout il était venu chasser le loup, non ? Autant lui donner ce qu’il cherche. Ses deux compagnons se précipitent pour lui porter secours et j’ai maintenant le champ libre. Je sors de ma cachette et cours vers mon ami. Je l’adosse à un arbre et m’agenouille à côté de lui. Il me paraît encore plus mal en point vu de près et je sais qu’il ne pourra pas s’enfuir avec moi dans cet état. Il a deux plaies très profonde au niveau des cotes et de l’épaule. J’essaie de lui retirer sa chemise pour pouvoir les examiner de plus près, mais elle est collée à ses blessures, si bien que je dois la découper en partie à l’aide d’un dague que j’ai trouvé accroché à sa ceinture. Je ressoude ensuite les chairs à l’aide de la magie. Cependant, je ne suis pas particulièrement douée pour cela et je ne peux que soigner les blessures en surface, peut-être y t-a-il des dégâts internes plus importants… Pendant tout le temps qu’a duré cette opération, je n’ai pas parlé, ni même croisé le regard de Gabriel. La vérité c’est que j’ai peur. Peur de voir à nouveau dans ses yeux toute la haine et la folie dont j’ai été le témoin alors qu’il mutilait le cadavre de l’assassin de son père. Il était si effrayant… j’en frémis encore. Je me retourne nerveusement pour vérifier que la voie est libre, les trois survivants sont toujours aux prises avec mon loup mais ce dernier paraît bien mal en point. Je me tourne à nouveau vers Gabriel et cette fois, mes yeux rencontrent les siens mais je n’y vois ni haine, ni folie. Il semble être redevenu celui que je connais, mon ami le plus précieux. Je sens des larmes ruisseler sur mon visage. Toute à ma joie de l’avoir retrouvé, j’en oublie presque l’endroit où nous nous trouvons et je ne peux m’empêcher de le serrer dans mes bras, non s’en avoir auparavant déposé un baiser sur sa joue. Si j’avais été un peu plus attentive et un peu moins imprudente, je me serais sans doute aperçue que les jappements de douleurs de mon loup, que j’entendais sur ma droite, s’étaient tu depuis plusieurs secondes déjà. Ou je les aurais entendu s’approcher dans mon dos. Mais je ne vois rien, je n’entends rien. Ce n’est que lorsque je sens la lame d’une épée se poser sur ma gorge que je prends conscience de la situation. Des mains m’agrippent par les cheveux et je suis arrachée à l’étreinte de mon ami. Deux des trois survivants me traînent de force à l’écart tandis que le troisième reste auprès de Gabriel. Sans doute pense-t-il qu’il ne représente plus la plus grande menace à présent… Je me retrouve à genoux par terre, devant deux hommes qui dardent sur moi un regard venimeux. L’un des deux ne doit pas avoir plus de 15ans ce qui ne l’empêche pas de m’asséner un coup d’une rare violence. Je bascule sur le côté, à moitié assommée.

- Gabriel…

Ma voix est si faible que je ne suis même pas sûre qu’il parvienne à m’entendre. S’il est encore en vie.



_________________

Merci Auty pour ce kit magnifique *.*



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Gabriel Turner
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MessageSujet: Re: D'un camp à l'autre [Pv Béatrix]   Dim 24 Avr - 19:10

Alors finalement elle l’avait fait, Béatrix avait appelé un loup afin de le sauver et pour pouvoir lui venir directement en aide. Il l’avait vu s’approcher en courant dans sa direction, tandis que les trois chevaliers se battaient avec l’animal sauvage. Elle n’osait pas le regarder dans les yeux. Pourquoi ne voulait-elle plus le regarder ? Alors en fin de compte elle avait tout vu, ce qui expliquait cette peur qu’elle éprouvait lorsqu’elle vint à ses côtés. Pourquoi vouloir l’aider s’il t’effraie ? Tu sais pourtant bien qu’il recommencera à tuer une fois debout. Le sang ça n’avait jamais était son truc, et pourtant Gabriel l’avait vu tuer cet homme de ses propres mains, rendant presque en bouilli le visage de ce chevalier, alors pourquoi ne pas lui adresser un mot ou un regard ? Malgré sa crainte elle ne l’avait cependant pas abandonné, elle tentait tant bien que mal de guérir ses blessures à l’aide de la magie. Il aurait aimé la repousser, lui dire de s’enfuir, faire en sorte qu’elle le déteste pour qu’elle ne culpabilise pas en l’abandonnant à son sort, mais il était là, incapable de bouger ou de prononcer un mot, le regard complètement vide. Il ne restait que l’enveloppe corporelle de Gabriel, son esprit, lui était perdu dans un souvenir qui le hantait...


Quatorze ans auparavant
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Je me tenais debout dans ma chambre, comme un fantôme qui observait la scène se déroulant sous ses yeux. Je me voyais moi, lorsque j’étais un enfant, et mon père me souriant et me disant que tout allait bien se passer. Je me souviens parfaitement de cette journée, c’était cet après-midi la que mon père devait aller voir Uther Pendragon, qui était encore le roi, afin de lui avouer son secret. Je lui disais de rien n’en faire, de ne pas révéler ses dons de magiciens, qu’Uther le ferait tuer, mais il me rassurait en me disant que c’était un vieil ami et qu’il avait bien trop de dettes envers lui pour pouvoir faire une telle chose. Mais en fin de compte j’avais raison, je savais que je devais le retenir, l’empêcher de faire ça, ou bien le supplier s’il le fallait. Chaque fois je m’en voulais de ne pas avoir réussi à l’en dissuader. Alors que le petit Gabriel de dix ans lui rendit son sourire et accepta finalement la décision de son père, mon fantôme essayait tant bien que mal de le retenir, mais chaque fois que je posais une main sur lui, elle passait à travers. Encore une fois je ne pourrais rien faire pour lui venir en aide… Je le suivais donc, ne pouvant rien faire d’autre. Il se rendait à la tour, dans la suite royale, c’était là-bas qu’il allait dire la vérité à son roi. Je me tenais face à eux, écoutant chaque mot de leur conversation. J’aurais aimé qu’Uther puisse voir le regard que je lui adressais en ce moment. J’aurais aimé pouvoir sortir mon épée de son fourreau et lui arracher le cœur avec ma lame. Mais j’aurais surtout aimé pouvoir changer l’histoire et sauver le destin de ma famille qui dans quelques heures ne seraient plus du tout unie. Et voilà, à présent Uther avait ce regard, le même regard apeuré que celui que Béatrix possédait lorsqu’elle était venue le secourir. Cette peur, le roi la ressentait, mais c’était sa haine envers les magiciens qui lui avait donné la force d’ordonner aux gardes d’arrêter son père pour le faire exécuter.

Me revoilà donc à cette scène, lorsque mon père était emmené à la Cour du château et qu’une grande foule observait la scène. Et voici Uther qui donnait le signal de mise à mort. Encore une fois je n’étais que spectateur, je ne pouvais rien faire pour lui sauver la vie. Je voyais le petit Gabriel faire une promesse à son père et tenter tant bien que mal de le secourir, si seulement ses pouvoirs avaient été plus puissants à cette époque, il n’en serait surement pas là aujourd’hui. Alors que je me voyais m’enfuir pour survivre après m’être fait repérer, mon regard se porta alors sur quelqu’un d’autre. Je regardais cette petite fille en train de pleurer, c’était Morgane. Elle était peut être très jeune à cette période, mais elle avait quand même comprit qu’elle ne reverrait plus jamais son père, et sans doute en était-il de même concernant son frère. Je ne me rappelais pas de ce moment, j’avais oublié à quel point Uther avait blessé le petit cœur de cette enfant. Et dire qu’aujourd’hui, ce traitre osait faire croire qu’il la considérait comme sa propre fille. Gabriel n’avait pas le droit d’abandonner Morgane aux bras d’une telle famille, elle devait prendre conscience de qui elle était, mais aussi savoir qui était sa vraie famille. Voilà pourquoi Gabriel ne pouvait pas mourir, car son but était encore loin d’être accompli.

Retour à la réalité
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Gabriel retrouva ses esprits lorsqu’il sentit des larmes couler le long de son torse. C’était Béatrix, elle pleurait mais surtout, elle avait croisé son regard et avait été soulagé de ne plus voir cette fureur qui l’animait précédemment. Elle lui avait alors déposé un baiser sur la joue avant de ne le serrer dans ses bras. Voilà pourquoi il l’appréciait, elle savait être mauvaise et redoutable mais elle avait également en elle ce côté sensible et attachant. Il aurait bien renforcé leur étreinte, mais il avait fallu que ces chevaliers viennent tout gâcher. Alors que Gabriel tournait son regard vers le loup pour constater qu’il était mort, il sentit quelqu’un arracher Béatrix de ses bras. Qui était donc l’idiot qui avait osé pointer une arme vers la gorge de son amie ? Qui était cet imbécile de chevalier qui avait osé la tirer en arrière par les cheveux et la trainer loin de lui. Quel était donc le nom de ce suicidaire qui avait presque assommé son amie de coups ? Bon sang et pourquoi est-ce que Gabriel ne réagissait-il pas ?! Deux des survivants s’occupaient de Béatrix tandis que le troisième s’avançait vers lui, voulant accomplir la tâche que son camarade n’avait pas eu le temps d’achever quelques minutes avant, qui était donc de le tuer. Le chevalier s’avançait vers lui, l’épée pointant son cœur, prêt à en finir une bonne fois pour toute. C’est alors que Gabriel entendit cette petite voix, qui résonna dans sa tête. C’était celle de son amie qui prononçait désespérément son nom.


- Gabriel...

C’est à ce moment la que Gabriel sentit sa vie ainsi que sa force revenir en lui. Cette fois-ci il ne serait pas spectateur de sa mort ainsi que de celle de Béatrix, cette fois ce serait lui l’assassin. Alors que le chevalier allait enfoncer son épée dans son corps, Gabriel stoppa la lame avec ses deux mains et profita de la surprise du chevalier pour l’assommer avec le manche de son épée, il serait à terre suffisamment longtemps pour que le magicien puisse venir en aide à Béatrix. Gabriel porta tout de suite son regard vers elle et s’aperçut que l’un des deux hommes s’apprêtait à prendre son amie en otage pour lui permettre de lui faire un petit chantage afin de garder sa vie sauve. Il ne laissa même pas le temps cet homme de lui effleurer la peau. A l’aide de la magie, il l’avait fait éjecter tout droit vers une épée qu’il venait de faire planer et dont la lame qui pointait vers celui-ci attendait seulement qu’il vienne à elle comme un aimant afin de pouvoir lui embrocher le cœur. Gabriel se releva et se rapprocha de Béatrix non sans grimacer, car la douleur dut à ses précédentes blessures était toujours présente. Mais le deuxième homme aux côtés de celle-ci avait réagit bien plus vite qu’il ne l’aurait pensé, et le voilà déposant une dague sous la gorge de celle-ci et menaçant de la tuer s’il faisait encore un pas.

- A ta place je ne ferais pas ça.

Gabriel s’arrêta, faisant semblant de respecter ce que son ennemi lui avait demandé alors qu’en réalité, il était en train d’observer la dague que celui-ci tenait dans sa main. Ça pour le coup c’était une surprise, cet idiot lui avait dérobé sa dague et s’en servait contre eux. Mais pour tout vous dire, le secret pour savoir bien utiliser une arme, c’est avant tout de bien la connaître avant de ne l’utiliser, c'est-à-dire être au courant de ses qualités et ses défauts. Gabriel se rappelait encore ce jour où il devait faire le choix entre une dague à double tranchant ou bien une empoisonnée. Finalement il avait choisi la deuxième, voilà pourquoi il n’y avait qu’un seul côté qui pouvait trancher une gorge ou blesser quelqu’un, mais visiblement ce double crétin ne l’avait pas remarqué étant donné qu’il n’avait pas positionné la dague du bon côté.

- Et ça se prétend chevalier...

Gabriel roula des yeux et se rapprocha de celui-ci, ignorant complètement ses menaces, mais provoquant surement une sacrée peur à Béatrix, après tout c’était sa vie qui était censée être en danger. Le chevalier voulu mettre à exécution ses menaces, et lui ainsi que son amie eurent une sacrée surprise lorsqu’ils remarquèrent que la dague n’avait fait qu’une petite entaille dans le cou de celle-ci et qu’il n’y avait qu’un mince filet de sang qui s’en échappait.

- Je crois... Que ces quelques gouttes de sang que tu viens de faire couler sont de trop.

Le chevalier relâcha Béatrix, apeuré et cherchant une autre arme avec laquelle il pourrait se protéger car visiblement il n’avait plus son épée. Gabriel esquissa un sourire et le plaqua violemment contre un arbre, une main serrant de toutes ses forces sa gorge, tandis que l’autre attrapait la dague qui avait été mal utilisée par le chevalier. C’est ainsi qu’il la lui planta sans hésiter au niveau de l’estomac et qu’il le relâcha par la suite, le laissant glisser lentement le long de l’arbre jusqu’au sol.

- C’est de cette manière qu’on utilise cette dague.

Gabriel retira l’arme de son corps et celui-ci cracha par terre du sang, mh dommage il ne supporterait pas bien longtemps les effets du poison. Il essuya ensuite sa dague sur les vêtements du futur mort, après tout, une arme comme celle la ne devait pas être salie par le sang d’un homme tel que lui. Et oui, comme vous avez pu le constater cette dague était l’une de ses armes favorites. Une fois après l’avoir rangé, le magicien se retourna alors vers Béatrix qui se tenait encore par terre. Elle semblait assez mal en point et troublée. Sans hésiter il s’approcha de son amie et cette fois, ce fut lui qui la serra dans ses bras, la remerciant par la même occasion de lui être venu en aide.

- C’est fini Béatrix, plus personne ne te fera du mal. Pardonne moi de t’avoir emmené ici, je n’aurais jamais du te demander de m’accompagner dans cet affrontement, c’est une erreur que je ne commettrais plus...

Il ne relâchait pas son étreinte, il savait qu’elle avait besoin d’être rassurée et Gabriel devait être présent dans ces moments la. Il passa une main dans ses cheveux, l’apaisant comme il le pouvait car pour l’instant, il n’y avait qu’elle qui comptait. Béatrix devait surement le savoir, les calins et les gestes d’affections ce n’étaient pas vraiment son truc, mais pour elle, il ferait un petit effort, après tout c’était de sa faute si elle avait été blessée, il lui devait bien ça. Quant à son propre état, Gabriel essayait simplement d’ignorer la douleur que ses blessures lui faisaient subir, la surface avait peut être était guérie, mais il y avait surement quelque chose à l’intérieur qui avait été touché pour qu’il ressente un tel pincement au niveau de sa cote. En parlant de détails qu’il négligeait, Gabriel avait oublié de faire quelque chose d’important, il n’avait pas encore tué l’homme qu’il avait assommé juste avant de venir en aide à Béatrix...
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Béatrix Ys
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MessageSujet: Re: D'un camp à l'autre [Pv Béatrix]   Dim 1 Mai - 1:38

Je sens plus que je ne vois les brins d'herbe fraîche me caresser la joue. Ma vision est tout floue, ma tête me fait souffrir et j'ai du mal à aligner deux pensées cohérentes. J'entrevois à peine l'un des deux chevaliers, le plus âgé, qui se penche sur moi. Il tient quelque chose dans sa main. Une dague, je crois.

- Je vais te saigner, sorcière. Et lentement. Tu vas payer très cher chacune des morts que tu as causé aujourd'hui, crois moi.

Les mots ont du mal à se frayer un passage dans mon esprit confus et avant même que j'aie pu saisir le sens de ce qu'il me dit je ressens une douleur terrible à l'abdomen. Pendant un instant, je pense qu'il m'a planté la dague dans le ventre, puis je comprends qu'il m'a simplement donné un coup de pied. Et d'après le craquement sinistre que je viens d'entendre, au moins une de mes côtes est brisée. Recroquevillée sur le sol, je ne peux m'empêcher de laisser échapper un petit gémissement de douleur et je crois que cela les amuse beaucoup... Oui, j'entends des rires. Des rires gras et désagréables, mais qui me paraissent étrangement très lointains. Ainsi je vais donc mourir de la main de sombres imbéciles... J'essaie de tourner un peu la tête pour tenter d'apercevoir Gabriel, mais mon champ de vision et très limité et je n'y parviens pas. Si moi je dois mourir ici alors j'espère que lui parviendra à s'en sortir. Sinon je me serai sacrifiée pour rien...

Les rires cessent d'un seul coup et je vois l'un des chevaliers, le plus jeune cette fois, être brutalement projeté en avant et s'empaler sur une épée. Le pauvre n'a pas eu les temps de comprendre ce qu'il lui arrivait. Je le vois qui regarde avec stupéfaction la lame enfoncée jusqu'au pommeau dans sa poitrine, comme s'il se demandait ce qu'elle pouvait bien faire là. Un petit rire désagréable s'échappe de mes lèvres, la scène est tellement ridicule... Je vois le jeune garçon ouvrir la bouche de stupeur avant de basculer sur le sol, face contre terre.

Gabriel, qui est bien entendu l'auteur de ce charmant tour de magie, se précipite aussitôt dans ma direction, mais le deuxième chevalier le prend de vitesse. Il m'attrape par les cheveux, me forçant à me redresser sur les genoux, et pose la lame d'une dague sur ma gorge.


- Arrête-toi. Tout de suite ! Ou je te jure que ta copine la sorcière y passe.

Je vois Gabriel s'immobiliser, obéissant au chevalier, mais je remarque également cette petite lueur dans son regard. Un regard calculateur.

- A ta place je ne ferais pas ça.

Pendant un instant nous restons tous silencieux. Moi, je n'ose même pas bouger de peur que le chevalier ne mette ses menaces à exécution. Mais s'il le faisait, Gabriel aurait alors le champ libre pour le tuer. Nous sommes donc dans une impasse et je n'entrevois pas la moindre solution au problème. Oh bien sûr, il y en a, mais aucune où je reste en vie... Gabriel rompt brutalement le silence oppressant qui s'est installé.

- Et ça se prétend chevalier...

Son ton n'est que moquerie et indifférence. Et il s'avance tranquillement vers nous, comme si de rien n'était. Stupéfaite, je pense un instant que Gabriel a choisi de me sacrifier pour sauver sa propre vie. Mais non, c'est impossible ! Jamais il ne ferait une chose pareille, j'en suis certaine. Mon agresseur est visiblement tout aussi étonné que moi, mais il se reprend très vite et je sens la lame de la dague s'enfoncer dans ma chair. Mais il n'en résulte qu'une petite entaille, fine et peu profonde.

- Je crois... Que ces quelques gouttes de sang que tu viens de faire couler sont de trop.

Je suis complètement perdue. La lame qui aurait dû me trancher la gorge, ne m'a causé qu'une petite blessure superficielle. Comment Gabriel a-t-il pu le prévoir ? Puis je comprends. Cette dague que le chevalier tient dans sa main, je l'ai déjà vu avant, dans celle de mon ami...

Comprenant qu'il vient de perdre sa dernière protection le chevalier me lâche et recule précipitamment. Mais à peine a-t-il pu faire quelques pas que Gabriel l'attrape et le plaque contre un arbre. Moi, je suis restée assise par terre, tremblante. Je vois mon ami arracher la dague des mains de l'homme et la lui planter dans l'abdomen. Puis, après avoir retirée et nettoyée la dague, il s'approche de moi, m'aide à me relever et me prend doucement dans ses bras. Je me crispe un peu tant le geste me surprend. Mon ami n'est pourtant pas enclin aux câlineries et autres démonstrations d'affection, d'habitude. Ce n'est vraiment pas son genre, plutôt le miens... Sans doute a-t-il perçu ma détresse et mon besoin d'être rassuré et décidé de faire un effort. Je me demande parfois comment quelqu'un qui peut-être aussi mauvais et inflexible peut également se montrer aussi compréhensif avec moi et supporter mes stupides états d'âmes.


- C’est fini Béatrix, plus personne ne te fera du mal. Pardonne moi de t’avoir emmené ici, je n’aurais jamais du te demander de m’accompagner dans cet affrontement, c’est une erreur que je ne commettrais plus...

Il passe sa main dans mes cheveux, pourtant poisseux de sang et de crasse.

- Je te pardonne.

J'essaie de lui sourire mais c'est peine perdue, le résultat ressemble plus à une grimace qu'autre chose. Je répète à voix très basse, cette fois :

- Je te pardonne...

Une fois de plus il n'y a plus que nous au milieu des cadavres. J'ai presque l'impression d'être revenu plusieurs minutes en arrière, juste après ma rencontre avec Gabriel. Sauf que tout est différent. Mes yeux me piquent et je m'efforce de ravaler le petit sanglot que j'ai dans la gorge. Cette fois encore le résultat n'est guère brillant et je ne peux pas empêcher une larme de rouler sur ma joue. Alors je pose ma tête sur l'épaule de mon ami et je pleure véritablement cette fois. Je vois mes larmes couler le long de son torse nu (//PAN//) et suivre par endroit la courbe des cicatrices blanchâtres, seules séquelles encore visibles des blessures que j'ai soigné.

- Quand tu t'es approché... J'ai cru que...

Que tu allais me laisser mourir. Mais je ne termine pas ma phrase.

- Promets moi... Que tu ne m'abandonneras pas. Jamais.

Les mots m'ont échappés avant que je parvienne à me retenir et le ton de ma voix est presque suppliant. Je suis vraiment pathétique, c'est comme si je ne pouvais pas vivre sans lui. Mais c'est peut-être le cas. J'avoue avoir un peu honte de moi. Je ne crois pas que Gabriel mais déjà vu dans un tel état... de confusion. Oui, c'est le mot juste. Et j'aurais voulu qu'il ne m'y voit jamais. Lui qui me parait toujours si fort, que va t-il penser de moi qui suis là à pleurnicher sur son épaule ? Je m'écarte un peu de lui mais je ne le regarde pas dans les yeux, de peur d'y lire de la déception, ou pire encore, du mépris.

- Je... Excuse-moi, je ne devrais pas... Tu dois vraiment me prendre pour une idiote...

Mais je suis interrompue par un bruit répugnant, sur ma droite. Je tourne la tête et vois le chevalier qui m'a prise en otage. Tient, il est toujours vivant celui-là ? Ce devait être un poison lent. Mais il n'en a plus pour longtemps. Il est à quatre pattes par terre et vomit du sang. Alors que je l'observe, je me souviens de la haine qu'il y avait dans ses yeux alors que j'étais à sa merci. Je me souviens de son rire alors qu'il me regardait souffrir. Je me souviens de la froideur de la dague sur ma gorge. Inconsciemment je porte la main à mon cou, palpant la fine cicatrice qui l'orne à présent. Cicatrice que je dois à cet homme en train d'agoniser. Oui, je crois que je le hais autant que lui me hait. Alors j'attrape la dague que Gabriel a rangé à sa ceinture et la sort de son fourreau. Je le regarde dans les yeux, cette fois.

- J'espère que tu me pardonneras si je la salis à nouveau...

Je ne sais pas pourquoi je fais cela. Me venger ne changera rien et je le sais, mais je crois que je cherche surtout à prouver quelque chose... A prouver à Gabriel que je ne suis pas aussi faible que j'en ai l'air. Que je ne suis pas seulement une pleurnicharde qui vient quémander sa protection et que je peux me débrouiller seule. Je m'avance vers le chevalier et lui assène un violent coup de pied dans le ventre, comme lui-même l'a fait avec moi quelques minutes plus tôt. Il bascule sur le côté, au milieu d'une flaque de son propre vomit, mêlée de sang. Je m'agenouille à ses côtés et pose délicatement une main sur sa poitrine, là où la dague de Gabriel a laissé une fine cicatrice.

- C'est peut-être la sorcière qui va te saigner, finalement.

J'avance l'arme près de son visage et il tente désespérément de me repousser mais il est déjà beaucoup trop faible pour y parvenir. J'écarte sa main d'une pichenette et pose le tranchant de la lame sur sa gorge. De cette dernière s'échappe un souffle rauque et douloureux. Je crois qu'il essaie de parler.

- Pitié...

Mais oui, c'est ça, supplie...

- Ne t'en fait donc pas. Ce sera rapide. Je tiens la lame du bon côté, moi... Peut-être même que tu ne sentiras rien, si je m'y prends bien.

Mais je n'ai pas tellement envie de bien m'y prendre. J'appuie sur le manche de la dague et la lame s'enfonce profondément dans la gorge du chevalier, mais pas suffisamment pour trancher les cordes vocales. Des bulles de sang se forment à la commissure de ses lèvres, l'une d'elle éclate, aspergeant mon visage de fine gouttelettes rouges.

- Mmmmh... Raté. Je vais devoir m'y reprendre à deux fois, on dirait.


J'attends encore quelques secondes, qui doivent paraitre une éternité à ma victime, avant de me décider à en finir. J'appuie de toute mes forces sur la dague, cette fois, et pendant plusieurs minutes. Lorsque je me recule enfin, mon adversaire est quasiment décapité. Je reste un instant immobile, la respiration saccadée, à observer sa tête qui pend lamentablement sur le côté. Puis je me tourne vers Gabriel qui vient d'être le témoin en direct de cette charmante scène. Je ne suis pas sûre d'être parvenue à lui prouver quoi que ce soit, peut-être qu'il me prend juste pour une cinglée maintenant... Mais une chose est sûre, lui-même était encore dans un état bien pire alors qu'il s'acharnait sur le cadavre de l'assassin de son père. Il m'avait fait peur... Finalement il semblerait que je ne vaille pas mieux que lui.

Mais le vrai problème, c'est que Gabriel n'a pas été l'unique témoins du meurtre. Par-dessus son épaule, j'aperçois le troisième chevalier. Bien vivant. Sans doute Gabriel n'a-t-il pas eu les temps de l'achever. Mais il n'est visiblement plus réellement en état de se battre, il parait plutôt... égaré, et je ne vois plus en lui nulle trace d'agressivité. Il se contente de me regarder, l'air terrifié. Mais il nous a vu. Et moi, il m'a reconnu. Si nous le laissions rentrer au château sain et sauf alors rien ne l'empêcherait de me dénoncer et ma couverture volerait en éclat... Ce que je ne peux permettre en aucun cas. Il doit mourrir, il le faut. J'essaie de me relever, mais je suis prise de vertige et je retombe par terre.

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MessageSujet: Re: D'un camp à l'autre [Pv Béatrix]   Jeu 5 Mai - 19:43

Gabriel la tenait dans ses bras, voulant la rassurer, tel un grand frère protecteur. Ce geste lui rappelait la fois où il avait serré Morgane contre lui alors qu’elle pleurait, c’était lorsque leur père avait été capturé afin d’être exécuté. Gabriel était là, à tenter de la rassurer et à lui faire une promesse idiote, il lui disait que leur père n’allait pas tarder à revenir et que tout redeviendrait comme avant. C’était la dernière fois qu’il avait tenu quelqu’un ainsi dans ses bras jusqu’à aujourd’hui, et c’était aussi la dernière promesse qu’il n’avait pas su tenir. Aujourd’hui c’était Béatrix, la personne qu’il fallait rassurer, et bien que Gabriel avait décidé de supprimer tout côté affectif de sa part, cette fois, il ferait une exception pour elle, parce que cette femme qui se serrait contre lui, il ne souhaitait pas la perdre. Alors qu’ils restaient là, assis au beau milieu d’une scène de crime, Gabriel entendit quelques mots quitter la bouche de Béatrix.

- Je te pardonne. Je te pardonne...

Alors elle avait décidé de lui pardonner ? Pourtant il ne le méritait pas, mais au fond il l’en remerciait car il ne souhaitait pas qu’elle lui tourne le dos. Gabriel sentit la tête de Béatrix se poser sur son épaule et il resta quelques secondes sans bouger, tout de même un peu surpris de se retrouver dans une telle situation, lui qui avait tant voulu fuir ce genre de chose... Mais ce fut lorsqu’il sentit ses larmes couler le long de son torse qu’il se reprit et décida de passer outre ses habitudes.

- Quand tu t'es approché... J'ai cru que... Promets moi... Que tu ne m'abandonneras pas. Jamais.

Ces mots prononçaient par Béatrix lui procurèrent un léger pincement, cela le décevait qu’elle puisse penser un seul instant qu’il l’abandonnerait. Mais finalement, pour qu’elle lui demande une telle chose, ce devait probablement être lui qui l’avait déçu. Gabriel laissa peser un long silence. Elle ne devait pas s’accrocher tant à lui, comme lui ne devait pas le faire avec elle. Lorsqu’il était à ses côtés, il avait l’impression d’être quelqu’un d’autre, quelqu’un de plus affectif et possédant des sentiments, et Gabriel détestait cette facette qui refaisait surface, il l’avait mise de côté pour toujours et ce n’était pas maintenant que cela changerait, mais en même temps, il ne pouvait pas non plus se séparer d’elle...

- Tu as ma promesse Béatrix, et crois moi, je la respecterais.

Une nouvelle promesse. Allait-il vraiment la tenir ou la décevoir ? Pour honnête, même Gabriel l’ignorait, mais il ferait tout pour respecter ses dires. Une chose était sure, si Béatrix devait se retrouver en une position de faiblesse face à un ennemi, Gabriel serait toujours présent pour la soutenir. Mais qu’en serait-il en dehors d’un affrontement ? Aujourd’hui il doutait trop pour connaître réellement la réponse. Il ne désirait pas détruire leur amitié mais il ne voulait pas non plus devenir quelqu’un d’autre, et Gabriel l’avait bien vu tout à l’heure, celui qu’il était réellement effrayait Béatrix. C’est alors que celle-ci se redressa, n’osant pas croiser son regard, de peur qu’il puisse lui porter un mauvais jugement.

- Je... Excuse-moi, je ne devrais pas... Tu dois vraiment me prendre pour une idiote...

- Tu n’as pas à t’excuser... Tu sais Béatrix, c’est en passant par des moments comme celui là qu’on devient plus fort.


Un bruit non loin de lui attira alors son attention ainsi que celle de son amie. L’homme qu’il avait planté de sa dague était toujours en vie, mais cela se voyait clairement, il était au seuil de la mort. Il se tortillait de douleur, pataugeant dans son propre sang, ne pouvant faire qu’une seule chose, attendre que la mort vienne le chercher. C’est alors que Béatrix attrapa la dague précédemment plantée dans le corps de ce chevalier agonisant, et ce n’est qu’après l’avoir sortie de son fourreau qu’elle osa enfin le regarder dans les yeux.

- J'espère que tu me pardonneras si je la salis à nouveau...

- Surement, mais tu n’es pas obligée de faire ça...


Mais elle avait l’air bien trop entêtée pour renoncer à tuer d’elle-même cet homme. Finalement elle était comme lui, Béatrix voulait lui prouver qu’elle aussi avait une part de sadisme en elle, celle-ci voulait lui montrer une image qu’il lui plairait d’observer, mais en réalité ce n’était pas ce qu’elle souhaitait faire car au fond elle savait tout comme Gabriel qu’elle n’agissait ainsi que pour lui. Pourquoi cela devait-il se passer ainsi ? Finalement ils étaient peut être trop différent l’un de l’autre, et ils n’avaient fait que suivre ce proverbe qui disait que les opposés s’attirent. Mais au final, Gabriel ne voulait pas devenir quelqu’un de meilleur et il se détesterait si c’était Béatrix qui changeait à cause de lui. Gabriel observait la scène en silence, son amie disait qu’elle allait « saigner » ce chevalier et celui-ci lui implorait sa pitié, mais elle le tua quand même, en deux coups, de manière à bien laisser sa victime souffrir avant de la voir mourir. En tant normal il aurait aimé voir cette scène, mais pas lorsque c’était Béatrix qui prenait le rôle du bourreau, car il savait que d’habitude, elle ne tuait que si sa vie était en danger. Ce qu’il aimait chez elle, c’était sa joie, sa positivité et sa fragilité, et en quelques secondes tous ça venaient de disparaître pour laisser place à un Gabriel version féminin. Au fond de lui, il adorait ça, mais il ne pouvait laisser les choses se passer ainsi, Béatrix ne devait pas devenir comme lui car elle en souffrirait. Sa vie n’était mêlée qu’au combat, la mort et surtout la vengeance. Béatrix méritait bien mieux que ça.

Une fois son petit massacre terminé, Béatrix se retourna vers lui, et il put apercevoir quelques gouttes de sang sur le visage de celle-ci. Sans doute ce sang avait-il giclé lorsqu’elle avait planté ce chevalier la première fois dans la gorge. Mais il n’eut pas le temps de s’attarder sur ce détail, car à travers le regard de Béatrix, il put lire une certaine crainte. Gabriel suivit le regard de celle-ci, et lorsqu’il se retourna, il aperçut ce chevalier... Aujourd’hui il avait commis bien trop d’erreurs. Sa première était d’avoir emmené Béatrix avec lui. Sa deuxième était de ne pas s’être bien préparé pour éviter les blessures inutiles qu’il avait eu. Et sa dernière était de ne pas avoir vérifié que chaque chevalier était bien mort. Oui, Gabriel avait été bien trop étourdi cette fois, c’était sans doute l’effet que procurait Béatrix chez lui, après tout, il combattait rarement à ses côtés mais chaque fois, il se produisait la même chose. Alors qu’il réfléchissait à tous ça, il vit Béatrix tomber à terre, elle était trop mal en point pour pouvoir bouger ou commettre un autre crime. Gabriel se redressa alors et s’avança vers le chevalier bien trop paniqué pour pouvoir se défendre ou même s’enfuir, ses membres ne réagissaient plus.


- Tu aurais mieux fait de rester à terre...

La vie de ce chevalier était de toute façon terminée depuis l’instant où il avait croisé son chemin. Gabriel se posta derrière lui et murmura à son oreille qu’il ferait preuve de générosité et qu’il ne souffrirait donc pas avant de mourir. Chose dite, chose faite, il lui tordit simplement la nuque et après le craquement, le laissa retomber lourdement au sol. Le magicien se rapprocha ensuite de Béatrix, elle semblait à moitié consciente, mais en tous cas, elle le voyait et l’entendait toujours. De sa main droite, Gabriel écarta quelques mèches de cheveux qui restaient colées au visage de Béatrix à cause du sang. Puis son regard ainsi que son expression changea alors complètement. Il était redevenu ce Gabriel fermé à tous mais qui respectait néanmoins ses engagements.

- Je vais t’emmener en un lieu sur, une fois là-bas je ne serais pas à tes côtés mais on prendra soin de toi.

Mais avant de ne l’emmener quelque part, Gabriel devait terminer une dernière chose. Il rassembla tous les corps des chevaliers en un même endroit et les brûla à l’aide la magie. Le magicien se retourna ensuite vers Béatrix et passa un bras derrière sa nuque et un autre à l’arrière de ses genoux puis la souleva, faisant attention de ne pas la toucher là où elle avait mal. Puis il marcha entre les arbres, se dirigeant dans un endroit dont très peu de personnes connaissaient l'existence. Dans cette forêt se trouvait cachée une petite maison dans laquelle vivait un très bon médecin, c’était donc là-bas que Gabriel se dirigeait. Auparavant, ce médecin l’avait déjà soigné d’une blessure grave et depuis, il lui arrivait de temps en temps de lui rendre visite ou de lui ramener des choses dont il avait besoin, après tout il avait une dette envers cet homme. Une fois arrivé devant cette maison, le médecin qui était assez âgé ne lui laissa pas le temps de parler qu’il lui indiqua un lit où déposer Béatrix afin qu’il puisse l’examiner. Une fois fait, il s’écarta d’elle et tendit au vieil homme un sachet.

- Voici l’herbe que tu m’as demandé. Je ne reste pas, j’ai suffisamment confiance en toi pour savoir que tu prendras soin d’elle. Merci ce que tu fais, je te le redevrais.

L’homme voulut également l’examiner en voyant l’état dans lequel il était, mais Gabriel refusa et celui-ci n’insista pas. Il aurait très bien pu se faire soigner lui aussi, mais à vrai dire, il supportait la douleur et elle lui rappelait également le chemin dont il ne devait pas s’écarter. Oui Gabriel était redevenu celui qu’il avait toujours était, c'est-à-dire un homme froid, cruel et sans la moindre émotion. Béatrix serait peut être déçue la prochaine fois qu’elle le reverrait et c’est pour ça qu’il avait préféré de ne pas rester à ses côtés. Il n’était pas fait pour être quelqu’un de bon, et avoir tenté de l’être tout à l’heure avait faillit lui coûter sa vie ainsi que celle de son amie. Finalement, il est inutile d’essayer de changer un homme qui a réprimé ses sentiments, une chose que Béatrix devrait admettre tôt ou tard. Gabriel profita d’être dans cette maison pour prendre une douche, après tout il ne pouvait pas se rendre au château d’Arthur dans un tel état. Une fois terminée, il reprit ses affaires, remercia l’homme et quitta la demeure sans même jeter un dernier regard vers Béatrix car il savait qu’elle se porterait mieux sans lui. Celui-ci reprit donc sa route, tout droit vers sa vengeance.
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Béatrix Ys
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MessageSujet: Re: D'un camp à l'autre [Pv Béatrix]   Dim 8 Mai - 19:40

Une fois de plus, je me retrouve à terre. Un rayon de lune éclaire mon visage et je ferme les yeux. Etrangement, je me sens parfaitement calme. Il ne reste plus qu’un seul chevalier et je sais que Gabriel saura s’occuper de lui. Oui, un petit craquement sec sur ma droite m’indique que je ne me suis pas trompée. Nuque brisée, sans doute…
J’entends des bruits de pas qui se rapprochent et Gabriel entre soudainement dans mon champ de vision. Il se penche sur moi et son visage n’est plus qu’à quelques centimètres du mien. Alors qu’il écarte une mèche de mes cheveux engluée de sang, je plonge mon regard dans ses yeux verts et, pendant un instant, il me semble y voir autre chose que sa froideur habituelle. Presque de l’affection, comme si ses sentiments, qu’il s’efforce pourtant de refouler, avait soudain refait surface. Je ne vois plus en lui l’assassin cruel et sadique qui m’effraie parfois. Mais cela ne dure qu’un court instant, puis cette chaleur que j’avais cru percevoir dans son regard, s’évapore aussi soudainement qu’elle était apparue.


- Je vais t’emmener en un lieu sur, une fois là-bas je ne serais pas à tes côtés mais on prendra soin de toi.

Ses paroles me parviennent comme assourdie et j’ai du mal à en comprendre le sens, mais le ton employé est sans équivoque, dénué de la moindre émotion. C’est celui de l’homme qui respecte sa promesse. Mais rien de plus. Comme si me voir dans cet état ne lui faisait rien. Rien du tout.

Je voudrais l’interroger, lui demander où est-ce qu’il compte m’emmener et pourquoi il ne sera pas à mes côtés, mais il disparaît à nouveau avant que je sois parvenue à rassembler la force nécessaire pour prononcer ces paroles. Une odeur atroce de chair brulée m’emplit les narines et je comprends que Gabriel est en train de faire « disparaître » les corps de nos ennemis. Il revient vers moi et je me sens soulevée du sol avant d’avoir pu prononcer le moindre mot. Mes blessures me font souffrir, mais je vois bien que mon ami fait de son mieux pour minimiser mes douleurs, ce dont je lui suis très reconnaissante. Nous nous enfonçons à travers les arbres et Gabriel marche d’un pas assuré. Il sait où il va, apparemment. Moi aussi, j’aimerais connaître notre destination mais je suis épuisée et je ne me sens pas la force de parler, ni de faire quoi que ce soit d’autre. Alors je me fie à Gabriel. Il s’écoule encore plusieurs minutes au cours desquelles je sombre dans un état de demi-sommeil, les yeux fermés, puis je sens que Gabriel s’arrête et me dépose sur un lit. Je n’ai pas la moindre idée de l’endroit où nous nous trouvons, dans une maison sans doute. Je ne pensais pas qu’il y en est au cœur même de la forêt, mais peu importe… Des voix me parviennent, lointaines.


- Voici l’herbe que tu m’as demandé. Je ne reste pas, j’ai suffisamment confiance en toi pour savoir que tu prendras soin d’elle. Merci ce que tu fais, je te le redevrais.

Gabriel… Mais à qui parle-t-il ? Je me force à ouvrir les yeux et je ne vois mon ami nulle part. Pendant un instant, je pense avec inquiétude qu’il est effectivement parti, mais j’aperçois son sac posé contre le mur. Je pousse un petit soupir de soulagement et reporte mon attention sur l’homme qui me fait face. Il a l’air assez âgé, plutôt mince et le crâne dégarni. Il se penche sur moi et examine mes blessures. Ses mains me paraissent sèches et désagréables comparées à celles de Gabriel, mais je me laisse faire sans protester. Le vieil homme « travaille » en silence, je remarque que pas une seule fois ses yeux ne croisent les miens. Pourquoi ? Est-ce que je lui fais peur ? Peut-être qu’il se doute de ce qui s’est passé ce soir… Ou peut-être que je suis dans un état tellement lamentable qu’il préfère ne pas regarder mon visage. Cette dernière solution m’inquiète quelque peu.

J’entends du bruit dans la pièce d’a côté, j’imagine que Gabriel s’y trouve. Mon regard ne quitte pas la porte jusqu'à ce que mon ami finisse enfin par la franchir, mais lui ne m’en accorde même pas un. Il attrape son sac, remercie le vieil homme et se dirige vers la porte.


- Gabriel…

La porte claque d’un coup sec et je me retrouve seule avec le maître des lieux. Pourquoi Gabriel m’abandonne-t-il ainsi ? A-t-il déjà oublié sa promesse ? Mais je ne compte pas le laisser partir. Je m’efforce de me lever mais le médecin m’en empêche. Il me repousse sur l’oreiller et me murmure des paroles apaisantes. Mais je ne l’entends pas, je ne le vois pas. La seule chose que je vois, c’est cette porte derrière laquelle mon ami vient de disparaître. Je sens une onde de magie me parcourir le corps tout entier et le vieille homme retire précipitamment ses mains, comme s’il venait de se bruler. Ce qui est sans doute le cas.

Je me lève aussitôt et me précipite vers la porte que j’entrouvre. Depuis le perron de la maisonnette, je peux encore apercevoir la silhouette de mon ami qui s’éloigne dans l’obscurité.


- GABRIEL !

Mais il ne se retourne pas. J’ai beau crier, le supplier de revenir, il continue à s’éloigner, indifférent à mes appels. Alors je sors de la maisonnette et cours vers mon ami, déterminée à le rattraper. Quand enfin j’y parviens, je l’agrippe par l’épaule. Il me tourne toujours le dos.

- Je t’en prie, ne me laisse pas ici toute seule…

Pas de réponse. Je voudrais dire autre chose mais je n’y parviens pas. Le rattraper m’a demandé un effort énorme compte tenu de mes blessures, ma respiration est saccadée et ma tête me paraît sur le point d’exploser. Gabriel pivote lentement vers moi et m’observe. Puis il me repousse sèchement. Déséquilibrée, je tombe en arrière sur le dos et mon ami me toise de toute sa hauteur, une colère froide dans le regard. A cet instant, je ne vois plus en lui que l’assassin, l’homme sans scrupules ni sentiments et cet homme-là me terrifie. Est-ce donc ce que Gabriel est réellement ? Un assassin et rien de plus ? Non, je refuse de l’admettre. Je me rappelle avoir vu autre chose dans son regard. Autre chose que cette froideur glacée qui brille à présent dans ses prunelles vertes. Je serais bien en peine de déceler la moindre chaleur dans son regard à cet instant. Pourtant je décide d’essayer à nouveau.

- Tu… Tu m’as promis, Gabriel. Promis que tu ne m’abandonnerais pas. Alors tu n’as pas le droit de partir. Pas maintenant.

La peur que m’inspire un Gabriel que je ne reconnais pas a fait trembler ma voix. Je scrute son visage avec inquiétude, essayant de deviner ses émotions. Sauf qu’il n’a pas l’air d’en ressentir. Jamais auparavant je n’avais vu un homme qui paraisse aussi vide de tout sentiments. S’en est juste terrifiant. Desepérée, je lui tends la main, espérant qu’il la prenne dans la sienne.


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MessageSujet: Re: D'un camp à l'autre [Pv Béatrix]   Lun 9 Mai - 22:06

- Gabriel... GABRIEL !

Il l’entendait, elle criait son nom de toute ses forces, mais il ne se retournait pas, il ne pouvait pas, il n’en avait pas le droit. Cette femme, il l’appréciait tellement que ça l’en faisait souffrir, mais Gabriel s’interdisait de ressentir ce genre de sentiments, car sinon, tous ce qu’il aurait combattu jusqu’à aujourd’hui n’aurait était d’aucune utilité. Les émotions ne servaient à rien à part faire mal, et Gabriel avait connu beaucoup trop de douleurs lorsqu’il était plus jeune pour recommencer aujourd’hui. A présent, il voulait seulement faire souffrir, faire regretter au monde entier toutes les épreuves par lesquelles il avait été obligé de passer, la vengeance était devenue sa seule raison de vivre, et il ne pouvait pas en être autrement. Mais Béatrix ne voyait apparemment pas les choses de cette façon, elle ne voulait pas qu’il le quitte, elle ne voulait pas l’abandonner dans un destin guidé par le meurtre. Parviendrait-elle à le changer ? Après tout, rien n’est impossible, mais Gabriel en doutait vraiment. Le magicien avait espéré que le vieil homme la retienne, elle devait se reposer et non pas s’épuiser, mais à l’entente de l’ouverture de la porte, Gabriel en conclut qu’il ne l’avait finalement pas retenu. Peut être lui aussi espérait-il que Béatrix parvienne à le changer… Soudain, il entendit des pas se rapprocher vers lui, c’était encore elle, Béatrix lui avait courut après et maintenant, elle lui agrippait l’épaule.

- Je t’en prie, ne me laisse pas ici toute seule...

Gabriel arrêta sa marche, mais ne s’était pas pour autant retourné face à elle. Il entendait sa respiration qui se faisait de plus en plus rapide, elle souffrait encore, il le savait. Alors pourquoi faisait-elle tant d’efforts pour lui ? Gabriel décida finalement de se retourner vers celle-ci, l’observant de longues secondes. Puis il la repoussa, bien que ce fut à contre cœur, et il la regarda tomber en arrière sur le dos, sans bouger le moindre de ses membres pour la retenir ou lui venir en aide. Il voulait qu’elle le déteste, ne souhaitant pas qu’elle souffre par la suite par sa faute. Elle serait peut être triste, voir déprimée durant un certain temps, mais elle s’en remettrait surement, car la vie continuait et promettait de lui offrir de belles choses. On ne pouvait discerner aucune compassion sur son visage, aucun signe de regret. Le regard de Gabriel était vide d’émotion, excepté la haine. Pourquoi jetait-il un regard emplit de haine à Béatrix ? En vérité, il ne lui était pas destiné, car ce n’était pas elle qu’il haïssait mais lui. Il détestait devoir lui faire subir ça, mais au fond, il voyait bien qu’elle le craignait, et c’était tous ce qui importait car de cette façon, elle n’oserait plus s’approcher de lui. Du moins c’était ce qu’il espérait, mais Béatrix essayait encore.

- Tu... Tu m’as promis, Gabriel. Promis que tu ne m’abandonnerais pas. Alors tu n’as pas le droit de partir. Pas maintenant.

Pourquoi tenait-elle autant à lui avec ce qu’il lui faisait endurer ? Il n’arrivait pas à la comprendre. Elle devrait lui hurler dessus, le baffer tellement fort qu’il en aurait une marque, l’insulter, se débattre sur lui jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus, déferler toute sa haine et sa tristesse contre lui, le frapper jusqu’à ce que son sang coule... Tous ça il l’aurait compris, mais qu’elle s’accroche à lui, ça il ne le comprenait pas. Son poing se serra alors, et n’importe qui assistant à cette scène aurait pensé qu’il l’aurait frappé, mais non, il ne pourrait jamais faire une telle chose, pas à elle. Béatrix paraissait désespérée et tendait sa main vers lui. Sans doute espérait-elle qu’il la prenne. Mais il ne lui avait pas fait subir tous ça, pour laisser tomber maintenant. Gabriel gardait toujours son air impassible et ne bougea pas d’un sil.

- Je t’aurais abandonné si je t’avais laissé agoniser là-bas. Je t’offre un toit dans lequel te reposer et des soins, libre à toi de choisir si tu veux les accepter ou non. J’ai respecté ma promesse, cela ne signifie pas pour autant que je doive endurer ta présence à mes côtés tout le temps. Regarde toi, au lieu d’aller de l’avant, tu t’accroches, tu te rends malade... C’est pitoyable.

Ces mots avaient vraiment eus du mal à sortir. Qu’était-il en train de faire bon sang ? C’était Béatrix, il n’avait pas le droit de la traiter ainsi ! Pendant un instant, il faillit presque s’avancer vers elle pour l’aider à se relever avant de s’excuser, mais il se résigna au dernier moment. Maintenant que le mal était fait, il ne servait à rien de vouloir revenir en arrière. Mais Gabriel ne supportait plus de la voir ainsi, il devait partir, mais il ne fallait pas qu’elle le suive. En quelques secondes, le magicien se retrouva derrière Béatrix, ses mains posées sur ses épaules, son visage tout près du sien, puis il prononça trois derniers mots.

- Pardonne-moi Béatrix.

Ces mots, il les avait dit d’une voix tellement basse qu’il ignorait si la jeune femme les avait réellement entendu, et pour être honnête il espérait que non, afin qu’elle ne garde de lui que la mauvaise image. Il ne laissa pas à Béatrix le temps de réagir ni même de se retourner. Il l’avait assommé pour ne pas subir le désespoir de son regard encore une fois, il ne pouvait la voir ainsi plus longtemps. Gabriel retint son corps, afin qu’elle ne se fasse pas plus mal en tombant au sol, puis il l’allongea délicatement sur l’herbe. Il lui tenait à présent fermement la main qu’elle lui avait tendu juste avant, et il resta un moment ainsi, à la regarder, se demandant ce qu’aurait été la vie de la jeune femme si elle ne
l’avait pas connu, sans doute aurait-elle été plus heureuse sans lui...


- Pardonne-moi d’avoir gâché tes rêves...

Il savait qu’à présent, elle ne l’entendrait plus, elle était plongée dans un profond sommeil. Gabriel regarda devant lui et aperçut le vieil homme qui l’observait de l’entrée de sa maison. Il était temps pour lui de partir, et de la laisser entre ses bonnes mains. Le magicien se releva, et la main de Béatrix glissa lentement de la sienne. Celui-ci se retourna alors pour reprendre sa route, et cette fois personne ne le retiendrait car il avait pris le choix d’être à nouveau seul, confronté à son destin.
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D'un camp à l'autre [Pv Béatrix]

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